Les Identités Remarquables de Sébastien Lapaque

Les Identites remarquables lepaque

Les Identités Remarquables de Sébastien Lapaque – Actes Sud

En mathématiques, les identités remarquables sont des égalités ou encore des expressions qui s’appliquent à des nombres et qui permettent d’en accélérer le calcul en en simplifiant l’écriture. Elles sont en général utilisées pour aider à la résolution d’équations du second degré.
En français, est remarquable la personne, la chose ou l’action qui possède une caractéristique particulière qui la fait attirer l’attention et donc, être remarqué.
Un titre excessivement bien choisi par Sébastien Lapaque mais que l’on ne peut commencer à analyser qu’en fermant le livre.

En commençant son roman par cette phrase “Tu vas mourir, aujourd’hui, et tu ne le sais pas encore.”, Sébastien Lapaque pose le cadre de l’histoire: sentencieux plus que menaçant, le livre lui-même apostrophe le héros et ouvre une journée qui doit s’avérer être la dernière de sa vie.
Le déroulé de cette journée, dont on ne sait pas, avant la fin, qui l’a réellement écrit, volette tout du long sur la vie insouciante du héros (qui devient donc dès le départ la victime), sur les relations qu’il a tissé avec des personnages plus ou moins hauts en couleur et puise sa matière dans une tragédie familiale qui semble cadrer le tout.

Ce qui est assez étrange dans les Identités Remarquables c’est que justement, les personnages n’en sont pas, au sens littéral du terme: certes ils ont tous leurs qualités, leurs talents même, mais ils ne sont pas remarquables, rien dans leurs êtres, leurs vies ou leurs façon de réagir ne l’est.

Le héros est même falot, il semble être en filigrane et la description de sa vie inscouciante et quelque peu blasée n’aide pas à lui trouver quelque profondeur que cela soit, impression renforcée par le fait qu’il faut attendre les dernières pages pour connaître son nom.
Les autres, Laroque, Caroline, Mlle Mystère et même Olivier, ont même tous plus de profondeur que le héros, d’une façon différente et pour des raisons diverses, mais ils établissent autour de lui un cadre qui le fait être encore plus transparent.

Car finalement, ce qui ressort de ce livre, c’est que le nœud de l’histoire et le message qu’il traduit n’est pas celui qu’on croit.
Certes, une tragédie se joue et est sur le point de se dénouer, mais tout ceci est moins important que la mise en avant du temps qui passe, que la prise de conscience nécessaire des gens qui nous entourent et de la nécessité de vivre sans survoler les choses, les sentiments et les individus. On se retrouve d’ailleurs très vite à ne plus attendre le dénouement de ladite tragédie mais plutôt d’essayer comprendre où l’auteur veut en venir.

“Les identités remarquables” resserre l’action à une tranche de vie commune à tous ces personnages et en simplifie la compréhension en faisant ressortir ce qui devrait être l’évidence et l’indispensable.
De là à dire que l’équation de la vie a été résolue, il y a un pas que je ne franchirai pas mais je dois avouer qu’il est plutôt frais de lire un tel livre tant on se retrouve parfois à survoler nos vies plutôt qu’à les vivre, même si le sujet a été souvent abordé. Et le style plutôt fluide (quoiqu’un peu lourd dans les descriptions à mon sens) ainsi que la particularité du “livre en tant que voix” y aide assez.

Un joli livre de la rentrée 2009.

Chronique de la rentrée littéraire Septembre 2009 réalisée par Audrey

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Quatrième de couverture :

« Tu vas mourir, aujourd’hui, et tu ne le sais pas encore. » Dès la première phrase de cette chronique d’une mort annoncée – dès la première minute de cette journée particulière où se reflète la brièveté de toute existence-, un homme fait à la fois figure de héros et de victime. Et c’est lui, inconscient, égotiste et jouisseur, que le roman interpelle et tutoie comme s’il tendait à notre insouciante finitude un miroir. Plaisir de se croire si beau, privilège d’aimer, hélas fort mal, une exquise petite marchande de jouets, délice de convoiter une banquière aux yeux de biche, de se couler dans l’hedonisme d’une vie simplifiée. Mais en secret, une vierge froide et un tueur prédestiné trament le scénario de la vengeance familiale.



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