Mémoires de Marc-Antoine Muret de Gérard Oberlé Chronique N°1

Mémoires de Marc-Antoine Muret de Gérard Oberlé, Grasset

Cette balade dans la vie de Marc Antoine Muret est belle et réussie. L’histoire de cet érudit, de cet esprit, enfant de la  Province qui arrive à Paris,  puis banni, qui se réfugie en Italie a une force simple et réelle. Avec une trame toujours d’actualités sur les libertés :  pensée, sexuelle… ( il y a dans chaque chapitre des thèmes qu’ils ne seraient pas déplacés de mettre à la une aujourd’hui – un exemple ) et même si la description des soirées arrosées est parfois répétitive, Gérard Oberlé par légères touches nous fait redécouvrir une époque passionnante au travers de son personnage attachant & cultivé. De légères touches qui rappellent le poids de l’église, la naissance d’une nouvelle pensée, les mœurs et habitudes des rois de France, les enseignements de Rome. Il y a d’ailleurs l’envie à la fin de la lecture de ce livre de poursuivre le voyage dans le temps avec, par exemple, un des ouvrages de référence cité par l’auteur. Mais pour les livres cités qui datent du début du 19ième siècle, une question se pose : où les trouver, où les consulter ? une question qui me permet de remercier Gérard Oberlé de la disponibilité de son livre aujourd’hui !

En résumé, la promenade est fort agréable, la lecteur douce comme du miel, distrayante et instructive. Le plaisir de lire Gérard Oberlé est toujours aussi grand !

Chronique de la rentrée littéraire Septembre 2009 rédigée par Danièle Anclin

DG IE-Club

Présidente Réseau ESSEC au féminin

Quatrieme de couverture :

Gérard Oberlé est l’auteur chez Grasset de Retour à Zornhof (Prix Découvertes Le Figaro Magazine, Prix des Deux magots, 2004), Itinéraire spiritueux (Prix Mac Orlan, Prix Edmond de Rotschild, Prix Rabelais, 2006) et d’un recueil de chroniques musicales (La vie est ainsi fête, 2007). Expert en livres anciens, il est aussi chroniqueur à Lire.

«Les esprits sérieux penseront que pareilles fantaisies ne méritent pas d’être rapportées par écrit. Je leur répondrai que mon récit n’est rien d’autre que bavarderie et digressions, autrement dit vagabondages de geai ou de pie sur les sentiers d’à côté. Quand mon héritier flânera dans vingt ou trente ans dans ces cahiers, il feuillettera ses souvenirs d’enfant et se souviendra de moi en souriant».
Marc-Antoine Muret a vécu «deux vies de même durée, mais fort dissemblables, car la seconde fut comme l’antithèse de la première». Humaniste, professeur, maître de Montaigne et orateur des Papes, il fut aussi hédoniste, poète, grand amateur des plaisirs charnels – ripaille et lupanar. Muret raconte son amour pour toutes les nourritures terrestres, évoque l’esprit de la Renaissance, ses amis de la Pléiade, les réjouissances inspirées de l’Antiquité. Il rencontre, au gré de son errance, une foule bigarrée de personnages hauts en couleurs, gentilshommes et canailles, femmes savantes et courtisans. Dans ce siècle baroque (XVIème siècle), l’Europe renaît! Mais l’Europe vit aussi avec ses vieux démons, la morale exigeante et les guerres de religion. Marc-Antoine Muret traverse le meilleur comme le pire, mais reste toujours fidèle à ses principes: «Le plaisir était mon idéal, jouir était ma loi».
Entre élégance du style et jargon coquillard, bacchanales et rites phalliques, la liberté grivoise et l’érudition vive, jamais pédante, de ces mémoires sont contagieuses. Un roman admirable, plus moderne qu’il n’y paraît: la passion amoureuse d’un homme pour un autre, chassé de Toulouse, condamné au bûcher, forcé de fuir Paris pour Rome.



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