L'été chagrin d'Henri HUSETOWSKI

l'été chagrinL’été chagrin d’Henri HUSETOWSKI chez Buchet Chastel

Dévoré en deux jours ! Plus précisément, en une soirée et un Tarbes – Toulouse. Un vrai coup de cœur, dû à deux facteurs.

Je commence par les personnages. Plus que David, le personnage principal au caractère tourmenté, ce sont les personnages qui gravitent autour de lui qui m’ont conquise.
En premier lieu, sa mère : c’est l’archétype de la mère juive ! Celle qui trouve que son fils est le plus beau du monde, le plus intelligent aussi, d’ailleurs s’il ne devient pas ingénieur comme elle l’a décidé, le monde sera privé d’un cerveau comme on n’en a jamais vu ! Elle n’hésite pas non plus à jouer du chantage affectif : au moindre pas de travers, une mystérieuse maladie aussi soudaine que mortelle se déclenche !
Ensuite, Yacov, le copain juif, couvé par sa mère, allergique au bain, pleurnichard, et d’une crédulité sans bornes face aux affabulations de David. Cette naïveté finira d’ailleurs par le mettre en danger, quand il se précipitera dehors en pleine descente allemande pour confesser à ses parents l’ingestion du jambon interdit, convaincu qu’il est que les malheurs s’abattant sur sa famille en sont la conséquence directe !
Et d’autres personnages encore : Fêtnat, le généreux voisin Sénégalais ; Mme Lafayette, la voisine peu farouche ; le Père Noisiel, le courageux résistant… Un voisinage hétéroclite et haut en couleur !

Ensuite, le regard du narrateur. Toute l’histoire nous est racontée par David, avec son vocabulaire et sa syntaxe d’enfant. Le même récit, narré par un adulte, aurait-il le même impact ? Sûrement pas. Si le récit, ici, n’est pas autobiographique, on ne peut toutefois que faire le lien avec le Journal d’Anne Frank : même guerre, même candeur, et malgré tout même maturité face aux événements. Dans le même courant, je pense également à cet enfant-soldat racontant au jour sa guerre civile au Sierra Leone, dans Allah n’est pas obligé, d’Amadou Kourouma.
Les mots d’un enfant, qui introduit parfois du comique dans des situations aussi tragiques, rendent le récit encore plus poignant.

Précipitez-vous en librairie : ce roman-là, Miss rose ne vous conseille pas de le lire, elle vous l’ordonne !

Chronique réalisée par Miss rose sur Miss Rose bouquine.

Le résumé du livre :

Eté 1942. David, 10 ans, vit avec sa mère, prête à tout pour le bonheur et la sécurité de son fils. Veuve Yourguevitch, elle s’est remariée avec un M. Duval, et le baptême de David, s’il n’efface pas sa circoncision, a achevé de les transformer en Français irréprochables.
Jusqu’au soir où plusieurs voitures noires, inquiétantes, font irruption dans la rue Jeanne d’Arc. Caché, David assiste alors à la rafle de toutes les familles juives de son quartier. Secouru par des résistants, il fuit et est placé dans une famille à la campagne.
Mais quand on a dix ans, rien ne prépare à se retrouver seul, déraciné, et en proie à une fureur irrépressible.



une petite faim de culture ? inscrivez vous à la newsletter
Share This
WordPress Video Lightbox Plugin