Et que le vaste monde poursuive sa course folle de Colum McCann

maccannEt que le vaste monde poursuive sa course folle de Colum McCann, éditions Belfond

Pourquoi choisit-on un livre ? Il suffit parfois d’un nom, d’un détail, d’un hasard, d’une rencontre. Ici, il aura suffit d’une nuit passée devant un documentaire hypnotique. Il ne parlait ni de la reproduction des ornithorynques, ni de la technique de chasse du léopard. Man on Wire relatait la traversée, sur un fil, de l’espace entre les deux tours du World Trade Center, le 4 août 1974, par Philippe Petit.

Philippe Petit est un ange, un génie, un dingue. Un funambule. Sa traversée magnifique, à 410 mètres de hauteur, sert de fil conducteur au récit de Colum MacCann. En fait, elle n’est qu’un prétexte à passer en revue les archétypes de la société américaine depuis les années 1970 : un immigré irlandais, des hippies, une latina, des prostituées – noires, bien sûr, un juge juif – riche, bien sûr, une descendante d’esclaves. A la clé, un exercice de style à chaque chapitre. Pour que le tableau soit complet, on fait un détour par la guerre du Vietnam, celle en Irak et même le cyclone Katrina.

On parlera de fresque vivante, de ronde des personnages. Mais c’est un peu court. Ou plutôt, c’est un peu long. Les rencontres, les liens entre les personnages sont outrés ou sonnent faux. On a le sentiment que McCann, qui vit désormais à New York, a voulu trop bien faire dans sa démonstration de maitrise de l’histoire américaine : « Regardez comme je suis bien intégré, je connais tous ceux qui font l’histoire de ce pays. » Il ne manque même pas le happy end de rigueur. Au final, on a un récit loin d’être à la hauteur du funambule qui l’a inspiré.

Chronique rédigée par Johana Sabroux

Quatrième de couverture:

7 août 1974. Sur une corde tendue entre les Twin Towers s’élance un funambule. Un événement extraordinaire dans la vie de personnes ordinaires.

Corrigan, un prêtre irlandais, cherche Dieu au milieu des prostituées, des vieux, des miséreux du Bronx ; dans un luxueux appartement de Park Avenue, des mères de soldats disparus au Vietnam se réunissent pour partager leur douleur et découvrent qu’il y a entre elles des barrières que la mort même ne peut surmonter ; dans une prison new-yorkaise, Tillie, une prostituée épuisée, crie son désespoir de n’avoir su protéger sa fille et ses petits-enfants…

Une ronde de personnages dont les voix s’entremêlent pour restituer toute l’effervescence d’une époque. Porté par la grâce de l’écriture de Colum McCann, un roman vibrant, poignant, l’histoire d’un monde qui n’en finit pas de se relever.

Pour poursuivre la lecture :

- la page Wikipédia de Philippe Petit




une petite faim de culture ? inscrivez vous à la newsletter
Share This
WordPress Video Lightbox Plugin