Le Pélican d'or de Stefan Chwin

Le Pélican d’or de Stefan Chwin aux éditions Circé

Nous sommes à Gdansk en Pologne. Le mois de juillet débute tout juste et Jakub, professeur à l’université de Droit fait passer un examen décisif pour les jeunes étudiants polonais. Il fait très chaud, les jeunes gens défilent les uns après les autres et Jakub éprouve des difficultés à rester concentré. Au matin du deuxième jour, une jeune fille l’aborde pour lui faire part de ses doutes quant à la note qu’il lui a attribuée, persuadée de l’avoir vu noter un « bien » sur son protocole la veille. Mais les premiers candidats sont déjà là et Jakub ne lui prête pas attention. Il oublie rapidement cet incident jusqu’au jour où il surprend une conversation entre plusieurs jeunes gens : une jeune fille se serait suicidée suite à une injustice lors de l’examen. Commence alors pour Jakub une longue période de remise en question, de remords, de tourmente jusqu’à une terrible descente aux Enfers.

Si je devais résumer ce livre en un seul mot, je choisirais le mot agaçant. Cela commence plutôt mal… Et pourtant, c’est bien ce que j’ai ressenti tout au long de ma lecture. Le résumé est alléchant, le thème intéressant et je m’attendais vraiment à une chouette lecture. Des questions importantes sont soulevées : un professeur a-t-il droit à l ‘erreur? Sachant que s’il reconnaît son erreur Jakub s’expose à une remise en question de son autorité… Quelles conséquences peut avoir un geste en apparence banal?  Peut-on  vivre avec la culpabilité?…

Mais la manière dont le roman est mené m’a profondément déçue… Que de longueurs, que de passages inutiles, que de longues descriptions arides… Le roman aurait pu compter une centaine de pages en moins et y gagner ainsi en qualité. J’ai eu la nette impression que l’auteur souhaitait avant tout étaler sa science nous abreuvant de nombreux détails géographiques, architecturaux et philosophiques, l’intrigue de départ ne devenant parfois qu’un prétexte. Et j’ai trouvé assez horripilant cette impression parfois de lire un dictionnaire : «  … où se dressait une statue de Thémis, vêtue d’une toge, oeuvre du célèbre artiste Abraham van den Block ( 1572-1628, architecte et sculpteur devenu en 1595 citoyen de la ville de Gdansk) »

L’intrigue, d’ailleurs, je n’y ai pas cru un instant : rien ne prouve à Jakub que cette jeune fille s’est véritablement suicidée, aucune trace d’elle dans les fichiers de la police ( car Jakub a ses entrées…). Malgré cela, Jakub se tourne vers la religion, cherchant une forme d’absolution auprès de différents prêtres. Ne parvenant à libérer son esprit, il finit par sombrer et se retrouve dans la rue. Il déambule dans les souterrains de la ville, symbole caricatural de sa descente aux Enfers, croisant même au passage quelques cadavres… Quant à la fin, je ne peux trop en révéler mais je l’ai trouvée encore moins plausible que le reste.

Bref, une lecture peu concluante, et je dois reconnaître que si je suis allée péniblement jusqu’au bout, c’est parce que je m’étais engagée à le lire.

Chronique réalisée par Pimprenelle

Quatrième de couverture :

« Jakub est professeur de droit à l’Université de Gdansk, sur de lui, bien mis. Il sait ce qui est juste et faux, et quand une fille se plaint que c est injustement qu’elle aurait loupé son examen; ce sont des propos qui le laissent de glace. Jusqu’à ce qu’il apprenne un jour par le plus pur des hasards qu’elle s’est suicidée. Sa conscience commence à le tourmenter. Plus rien ne pourra arrêter son déclin moral. Il fait de petits vols à l’étalage, se sépare de sa femme, perd son travail et son appartement et erre enfin comme un sans abri dans la ville. Un roman passionnant sur la vie et sur ce qui soudain peut la briser. »



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