Sachiko d' Anthony Swofford

swoffordSachiko de Anthony Swofford – Calmann-Lévy

Ce livre se découpe en trois parties bien distinctes qui pourraient presque même être indépendantes.

Dans la première, on découvre deux jeunes adolescents, fils et filles de militaires de haut rang qui en l’espace de quelques heures vont se révolter et basculer dans la délinquance pour l’une et dans la fronde contre l’ordre établi pour l’autre. Sur fond d’incompréhension entre américains et japonais, Hiroshima et Nagasaki étant toujours présents dans les esprits, l’histoire se déroule assez prenante malgré quelques péripéties peu crédibles.

Quinze ans plus tard, on retrouve Séverin rentré aux États-Unis  et cette deuxième partie décrit le naufrage de son mariage, le ratage complet de sa vie professionnelle et son humiliation d’être entretenu par sa femme et ses beaux-parents. Séverin n’a plus que de vagues souvenirs de son aventure amoureuse avec Virginia et de sa vie sur la base militaire de Yokota. Il tente de recoller les morceaux d’un mariage instable et fragile et d’une vie qui part visiblement à la dérive sans qu’il en ait vraiment conscience. À la fin de ce long paragraphe, un appel de son ancien coach, l’ex général Kendall le fait tout quitter pour essayer de retrouver Virginia au Japon.

Et  la troisième partie du livre verra bien entendu, les retrouvailles des deux ex-amoureux à l’endroit presque exact où ils s’étaient quittés.

Les descriptions de la vie et de la mentalité japonaise ainsi que des us et coutumes locales sont extrêmement bien rendues et sonnent juste.

SACHIKO est un roman assez plaisant qui souffre quand même de quelques défauts. L’intrigue est assez prévisible, on trouve certains illogismes et petites contradictions parfois agaçants. Séverin commande un bourbon-menthe (berk) dans un restaurant et peu après annonce qu’il n’aime pas le whisky.

SACHIKO est le type même de bouquin que l’on lit avec plaisir mais qui ne restera sans doute pas très longtemps dans les souvenirs. Le texte de quatrième de couverture indique qu’il s’agit d’un premier roman et, en effet, on ressent bien par moment un certain manque de rigueur et de cohérence dans le récit. Ceci étant dit, SACHIKO reste un livre tout à fait recommandable pour une lecture estivale de détente.

Chronique réalisée par Fantasio

Quatrième de couverture :

« Severin Boxx est un adolescent heureux. Élevé à la dure mais hyper protégé, il vit depuis des années sur la base aérienne de Yokota, à côté de Tokyo, où son père est colonel dans l’US Air Force. Entre le football américain, les études et ses copains, sa vie se déroule en vase clos, isolée du monde extérieur, ce Japon plein de menaces et de mystères.


Tout bascule lorsqu’il tombe amoureux fou de la fille du commandant de la base, le général Kendall, lequel est également son coach de football américain. Métisse, Virginia Sachiko a tous les attraits du fruit défendu. Elle est non seulement belle et intelligente, mais rebelle et, Severin l’apprendra trop tard, délinquante. Subjugué, Severin va quitter le monde des garçons et suivre Virginia Sachiko dans celui des adultes, qui commence une fois franchies les grilles de la base : un monde interlope où règnent l’alcool, la prostitution, la drogue. Sa vie sort alors des pistes balisées par son père et son coach.
Sachiko est un très beau roman d’amour, mais aussi un roman d’initiation et d’apprentissage. Severin découvre que le monde des militaires et celui du football américain, obsédés de maîtrise technique, fermés aux nuances et aux mystères de la vie, ne l’ont pas équipé pour le bonheur, l’autonomie et la découverte de l’autre. Vingt ans plus tard, il découvrira comment se libérer de leur emprise…

Anthony Swofford est l auteur de Jarhead. »



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