Ce que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldé Chronique N°1

veraCe que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldé – Editions de l’Olivier

Lorsqu’elle se sait atteinte d’un cancer Vera Candida décide de retourner à Vatapuna, cette île qu’elle avait fuie de nombreuses années auparavant alors âgée de treize ans. Il faut dire que Vera Candida hérite d’un sacré passé, un peu trop pesant sans doute. Sa grand-mère, Rose Bustamente, considérée, de son temps, comme la plus jolie prostituée de l’île puis comme la meilleure pêcheuse de poissons volants – ça se mérite comme distinction -  a aussi été la captive de cette « vermine » de Jeronimo. Sa mère, quant à elle, alcoolique dès son plus jeune âge n’a jamais réussi à s’occuper d’elle. Aussi la petite Vera Candida était sous la garde de cette courageuse grand-mère.  Néanmoins quand le poids du passé se fait trop lourd, que la fatalité guette, mieux vaut fuir sans se retourner. C’est  ce que fait Vera Candida, un enfant dans le ventre et un secret bien enfoui. Elle se retrouve à Lahomeria au Palais des Morues, un havre de paix où sont recueillies des filles toutes aussi perdues qu’elle. Lors de ce passage, elle croise la route d’un journaliste surnommé Billy the Kid. Cette rencontre lui permettra-t-elle d’inverser le destin ?

Je n’ai pas lu Et mon cœur transparent, le précédent roman de Véronique Ovaldé. J’avais entendu l’auteur en parler à la radio et, honnêtement, ça ne m’avait pas séduit. Même le prix France Culture 2008-Télérama qui lui a été décerné n’avait pas réussit à me convaincre. Au contraire même (et pourtant, dieu sait à quel point je suis une grande adepte de France culture). Mais comme il ne faut pas rester sur un échec, c’est avec grand plaisir que je me suis plongeée dans Ce que je sais de Vera Candida. Il faut dire que la quatrième de couverture a des arguments convaincants : « imaginaire », « destin », « liberté », « fatalité », « espoir »…  Comment résister à ces appels qui annoncent une superbe épopée. J’étais donc dans de bonnes dispositions quand j’ai commencé à lire. Et plus j’avançais, plus cette lecture m’enchantait. A tel point que je n’ai pas pu la lâcher avant la fin.

Ce que je sais de Vera Candida est un formidable roman sur le courage de deux femmes auxquelles aucun malheur n’a été épargné mais qui continuent d’y croire, de se battre. Ce sont également des portraits de femmes attachantes que l’on suit avec un profond intérêt. Véronique Ovaldé réussit à nous faire partager d’une façon brillante leurs joies et leurs souffrances, leurs colères… Et au final cela donne un livre superbe qui nous traverse d’émotion du début à la fin.

Tiens, ça me donne même envie de lire Et mon cœur transaparent…

Chronique réalisée par Elodie

Quatrième de couverture :

« Quelque part dans une Amérique du Sud imaginaire, trois femmes d’une même lignée semblent promises au même destin : enfanter une fille et ne pouvoir jamais révéler le nom du père. Elles se nomment Rose, Violette et Vera Candida. Elles sont toutes éprises de liberté mais enclines à la mélancolie, téméraires mais sujettes aux fatalités propres à leur sexe. Parmi elles, seule Vera Candida ose penser qu’un destin, cela se brise. Elle fuit l’île de Vatapuna dès sa quinzième année et part pour Lahomeria, où elle rêve d’une vie sans passé. Un certain Itxaga, journaliste à L’Indépendant, va grandement bouleverser cet espoir.

Un ton d’une vitalité inouïe, un rythme proprement effréné et une écriture enchantée. C’est ce qu’il fallait pour donner à cette fable la portée d’une histoire universelle : l’histoire des femmes avec leurs hommes, des femmes avec leurs enfants. L’histoire de l’amour en somme, déplacée dans l’univers d’un conte tropical, où Véronique Ovaldé a rassemblé tous les thèmes – et les êtres – qui lui sont chers. »



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