Comme un Garçon de Pierre-Louis Basse chronique N°1

untitledComme un Garçon de Pierre-Louis Basse chez Stock, 144 pages.

« Présentation de l’œuvre

Il s’appelle Pierre. Pierre Garçon. « Comme un garçon », disait-on dans la cour de récréation, à Nanterre. Au fil du temps ce nom s’est détaché de lui. Il l’a remplacé par un pseudonyme. Longtemps il a vécu en regardant en arrière, en quête d’un amour perdu à vingt ans. C’est en fermant les yeux et la bouche de son père qu’il ressent violemment la fuite du temps. La nécessité d’en finir avec sa jeunesse. Durant une semaine, Pierre s’installe pour écrire dans une chambre d’hôtel, place de Clichy, à Paris. Au plus près du visage de Lucie qui le hante depuis 1979. Tandis qu’un électrophone rejoue la bande-son de cette année-là, Patti Smith, Zappa, Higelin, il se rappelle sa rencontre avec la jeune fille et leur groupe d’amis, politisés, partageant le goût du cinéma et de la littérature. L’époque des Pierre Goldman, Mesrine, Sartre, Marchais, Mourousi, Ockrent. Aux images surgies du passé répondent celles d’aujourd’hui, dessinant une époque cynique et matérialiste à laquelle Pierre se sent de plus en plus étranger. Dans la chambre revit un théâtre peuplé de fantômes, d’ombres et de lumière, tandis que se glissent des visages de femmes sur l’écran de son ordinateur. L’espoir, peut-être, de retrouver l’amour.

Présentation de l’auteur

Pierre-Louis Basse est né en 1958, à Paimboeuf. Il est l’auteur chez Stock d’une biographie sur le jeune résistant Guy Môquet, Une enfance fusillée, 2000. Il a également publié une trilogie sociale : Ma ligne 13 (Le Rocher 2003), puis Ça va mal finir (Le Rocher, 2005), enfin Ma chambre au Triangle d’Or (Stock 2006). Il vit et travaille à Saint-Ouen en région parisienne.

Avec Comme un Garçon, Pierre-Louis Basse signe un premier roman élégant et mélancolique.

Plutôt triste cette histoire que nous conte le narrateur ; mais triste au sens de morose.

Suite à la mort de son père qui fait office de déclencheur, le narrateur, Pierre Garçon (une représentation à peine déguisée de l’auteur ?) s’installe une semaine dans un hôtel place de Clichy afin de « rester le plus près possible de ses souvenirs ».

Les chapitres sont donc ainsi titrés selon les jours de la semaine et marquent le temps qui s’écoule.

Les souvenirs dont Pierre Garçon veut rester proche concernent l’époque de son adolescence, trente ans plus tôt. Trente ans pendant lesquels le narrateur n’a cessé de se retourner vers son passé, vers Lucie avec qui il a eu une aventure et qu’il ne parvient pas à oublier.

« Mais c’était le visage de Lucie qui n’en finissait plus de le hanter. Le visage de sa jeunesse. »

«- Tu auras donc passé ta vie à te retourner vers ta jeunesse… Tout ça pour cette fille… Putain, c’est de la folie… Tu aurais mieux fait de prendre un fusil ! Tu l’as revue au moins ?

- Jamais. »

Trente ans pendant lesquels il n’est pas allé de l’avant ; jusqu’à la mort de son père et l’arrivée d’une lettre de Lucie qui vont le décider à « en finir avec cette jeunesse perdue », à remettre en cause toute la vision et le souvenir qu’il a gardé de cette période.

« Ces souvenirs, j’avais toujours été le seul à les porter sur mes épaules. Ils étaient devenus fragiles avec les années. La mémoire de ma famille. Les autres s’en étaient détournés. Ils avaient choisi de vivre. Sans y prendre garde, je pourrais même finir par en mourir. »

J’ai trouvé ce livre rébarbatif pour plusieurs raisons.

Tout d’abord le style un peu brouillon et confus de l’auteur m’a empêchée de prendre plaisir à ma lecture.

Les phrases sont courtes, rapides, parfois sans verbe ; une figure de style que je peux apprécier chez certains auteurs comme David Peace mais qui ici, ne se prêtent absolument pas à l’histoire racontée.

D’autre part, dès le prologue, il parait indécis sur le style narratif. Il commence à la 1ère personne du singulier, puis passe à la fin du prologue à la 2nde personne du singulier, sans doute pour accrocher le lecteur. Et dès le 1er chapitre, il change encore pour employer la 3ème personne du singulier, non sans revenir de temps en temps au « je » du début. Le procédé est quelque peu perturbant et n’ajoute rien à la compréhension de l’histoire ou au rythme du livre, bien au contraire.

D’autre part, l’histoire s’ancre dans un contexte social et culturel prolixe qui a, à mon sens, totalement dépassé ce que Pierre-Louis BASSE a voulu nous conter.

Les souvenirs du narrateur s’ancrent dans l’époque mais ne sont pas assez forts, assez intenses pour l’éclipser. J’ai parfois eu l’impression de regarder le journal télévisé de 1979.

Là où Jean-Philippe BLONDEL sait écrire magnifiquement sur le sentiment de nostalgie et les regards tournés vers le passé, Pierre-Louis BASSE s’englue dans la narration de ses souvenirs personnels. Il énumère des faits connus de tous, des noms propres, des noms de sportifs (on sent la patte du journaliste sportif). Tout cela ne présente aucun intérêt car ni l’histoire contée, ni le style n’apportent de valeur ajoutée.

Enfin, la chute m’a fait me demander « Tout ça pour ça ? ». Le narrateur désirait en finir une bonne fois pour toutes avec ses regards en arrière, sa nostalgie constante mais c’est exactement l’inverse qui se produit. Il n’avance pas et se complait dans la contemplation de ses souvenirs.

Merci quand même à l’auteur pour la magnifique phrase de Robert Desnos en exergue : « J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité. » « 

Chronique rédigée par l’auteur du blog Le grand nulle part

Quatrième de couverture:

Il s’appelle Pierre-Louis. Pierre-Louis Garçon. ‘Comme un garçon’, disait-on dans la cour de récréation, à Nanterre. Au fil du temps ce nom s’est détaché de lui. Il l’a remplacé par un pseudonyme. Longtemps il a vécu en regardant en arrière, en quête d’un amour perdu à 20 ans. C’est en fermant les yeux et la bouche de son père qu’il ressent violemment la fuite du temps. La nécessité d’en finir avec sa jeunesse. Durant une semaine, Pierre s’installe pour écrire dans une chambre d’hôtel, place de Clichy, à Paris. Au plus près du visage de Lucie qui le hante depuis 1979. Tandis qu’un électrophone rejoue la bande-son de cette année-là, Patti Smith, Zappa, Higelin, il se rappelle sa rencontre avec la jeune fille et leur groupe d’amis, politisés, partageant le goût du cinéma et de la littérature. L’époque des Pierre Goldman, Mesrine, Sartre, Marchais, Mourousi, Ockrent. Aux images surgies du passé répondent celles d’aujourd’ hui, dessinant une époque cynique et matérialiste à laquelle Pierre se sent de plus en plus étranger. Dans la chambre revit un théâtre peuplé de fantômes, d’ombres et de lumière, tandis que se glissent des visages de femmes sur l’écran de son ordinateur. L’espoir, peut-être, de retrouver l’amour.

Biographie de l’auteur:

Pierre-Louis Basse est un journaliste, passionné de sport et de football, et un écrivain français.  Il a fait l’essentiel de sa carrière au service des sports d’Europe 1. Il aussi est l’auteur d’une biographie d’Eric Cantona, Un rêve modeste et fou, et de plusieurs ouvrages sur le football et sur des événements sportifs.

Comme un Garçon est son premier roman.



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