L’amour est un fleuve de Sibérie de Jean-Pierre Milovanoff

milovanoffL’amour est un fleuve de Sibérie de Jean-Pierre Milovanoff , Grasset – 192 p.

Silvio, adulte pas toujours très mature, rêve sa vie passée. Sa mère, très belle, qui fait tourner la tête, les amours de passage et parmi eux son père, certainement, mais lequel d’entre eux ? Et si c’était ce musicien qui lui fait découvrir le blues ….

Tous les ingrédients sont réunis pour réussir un très beau « mélo ».

La mère d’une beauté incendiaire, les hommes qui l’admirent, l’enfant né d’une liaison passagère, le chevalier servant qui veille, le musicien  qui apparaît et disparaît en laissant comme trace de son passage quelques airs de blues, le père inconnu et qui, ses dernières heures venues, souhaite retrouver cette femme qu’il aimait et l’enfant.

L’Amour est peut-être bleu mais pas blues. Et les quelques chansons saupoudrées dans le roman n’apportent pas cette touche si particulière de sentiments, de douleurs propres au blues ; c’est juste un truc en plus. Bien dommage car le choix des chansons est intéressant.

De très belles descriptions des paysages de Camargue, une écriture nette et un style fluide en font un récit qui plaira au plus grand nombre, et surtout à des lectrices. Et oui, cela ressemble quand même à une jolie romance même si la fin est dramatique.

La construction, quant à elle est sans doute le plus grand intérêt du livre : un chapitre de situation, suivi de chapitres sous forme d’interviews des différents protagonistes pour finir sur le chapitre de dénouement plutôt traité sous forme de reportage.

Un roman de l’été, dommage pour un livre qui sort à l’automne !

Chronique rédigée par Véronique Fourdrain pour Chermedia

Quatrième de couverture :

Au départ de ce beau roman, écrit dans la langue même de la mélancolie, mais corrigée par le sens de l’absurde, il y a une voix qui apostrophe le sosie de l’auteur, M. Milianoff :  » On se connaît depuis longtemps. Vous fréquentiez le café-hôtel de La Bélugue. Ma mère vous réservait toujours sa meilleure chambre « .

La voix, c’est celle de Silvio, gardien d’un camping au bord de la mer en Camargue, entre ses caravanes vides et ses bungalows clos, un rêveur, un doux perdu, l’un de ces personnages hésitants que l’auteur affectionne. Silvio n’a pas connu son père et croit le retrouver en Milianoff. Mais sommes-nous certains de nos désirs de fils ? Commence alors une enquête sentimentale qui nous mène à la fois dans le passé, sur une plage venteuse de Camargue, décor d’un hôtel au charme fragile, mais aussi au présent des protagonistes retrouvés. Ressuscitent les figures d’un passé englouti, comme submergé par les inondations qui finiront par l’emporter : la mère de Silvio, belle femme de 38 ans à la solitude tendre, Johnny Wood, vrai-faux guitariste à l’accent de l’Alabama mais en fait un plus banal fils de famille du Languedoc au cœur volage, le Yachtman, un skipper à terre qui attend indéfiniment qu’on répare le gouvernail de son voilier et sirote son vin blanc, et Silvio bien sûr, enfermé dans sa chambre à écouter de la musique, si peu réaliste qu’il deviendra le gardien des ruines.

Né à Nîmes d’un père russe et d’une mère provençale, romancier, dramaturge, poète, Jean-Pierre Milovanoff est l’auteur d’une œuvre importante où l’on retiendra, entre autres, L’Offrande sauvage (Prix des Libraires 2000), La mélancolie des innocents (2002, Prix France Télévisions), Le Pays des vivants (2005) et Emily ou la déraison (2006).



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