Quand j’étais nietzschéen d’Alexandre Lacroix

Quand j’étais nietzschéen d’Alexandre Lacroix chez Flammarion
La quatrième de couverture du nouveau roman d’Alexandre Lacroix m’a tout de suite interpellée : la rencontre entre un jeune homme de 16 ans et la philosophie de Nietzsche. Sa vie va en être profondément changée !
J’ai connu moi aussi un jeune homme tombé dans la marmite de Nietzsche, j’ai donc voulu confronter les deux vies.
Ce roman m’a fait sourire car j’ai pu trouver plusieurs similitudes entre le narrateur et mon ami.
Mais malgré tout, ce roman n’a pas su me captiver.
Les chapitres se sont enchaînés sans réel intérêt pour ce que je lisais. Est-ce parce que je ne suis pas sensibilisée à l’oeuvre de Nietzsche ? J’aurai aimé qu’Alexandre Lacroix aille plus loin dans l’exposition des théories de Nietzsche. Je pensai ouvrir un véritable roman philosophique, et avoir une exposition de la situation tel qu’un avant-après. Lorsque que le roman démarre, le héros a déjà lu Nietzsche. Décrire cette rencontre et ses pensées plus en profondeur aurait été captivant.
C’est sûr, ce ne sera pas mon coup de coeur de la rentrée littéraire. Who’s next ?
Chronique réalisée par Mlle Curieuse
Quatrième de couverture :
« Quand j’étais nietzschéen, je ne savais même pas écrire l’adjectif. J’hésitais toujours sur ces foutues consommes, sur l’ordre exact dans lequel il faut placer le s, le z, le c, le t et le h : schzt ? chszt ? zchtzschzt ? (…) Quand j’étais en pleine crise d’adolescence, que je vouais un culte à l’ennemi de tous les cultes, je me trompais à chaque coup sur le nom de mon idole. Mais peu importe. Quand j’étais nitszchéain, je m’estimais largement au-dessus des règles et des conventions en tous genres. Un surhomme n’a pas besoin de l’orthographe. »
Début des années 1990. À 16 ans, quelques jours après son anniversaire, le héros découvre les œuvres de F. Nietzsche. C’est le choc. Ce premier contact avec la philosophie va produire une déflagration, et modifier de fond en comble la trajectoire de ce jeune homme rangé. D’élève plutôt sérieux et obéissant, il devient du jour au lendemain un « nietzschéen pratiquant » et traduit toutes les idées iconoclastes qui lui bouillonnent dans la cervelle en actes : qu’il simule son suicide en cours d’allemand, interrompe par des vociférations une messe de Pâques à Notre-Dame de Paris, joue à l’« homme fort » en multipliant les agressions gratuites, frappant un chat errant ou blessant au visage une passante, l’adolescent s’efforce de mettre en pratique l’« inversion de toutes les valeurs ». En toile de fond, sa vie sentimentale s’égare dans des intrigues étranges. À l’heure où l’on voudrait nous faire croire que la philosophie a des vertus thérapeutiques, où les écoles de sagesse antiques sont présentées comme des remèdes possibles à la perte des repères contemporaine, ce roman remet les pendules à l’heure. Non, la philosophie n’est pas une médecine douce, mais une drogue dure.
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4 Commentaires
Je pense que l’auteur n’a pas étudié en profondeur la philosophie de Nietzsche, et qu’il l’a ainsi emplie de préjugés nécessairement absurdes. Moi-même, étant spécialiste en philosophie ( surtout spécialiste de Nietzsche ), je fus choqué par cette dite « mise en application » de réflexions qui sont un tournant dans l’histoire de la pensée. Nous conviendrons aisément que les réflexions et questionnements que constitue la philosophie ne sont en aucun cas des règles et encore moins des règles de vie, la philosophie est précisément un état d’étonement perpétuel. En clair, un roman philosophique ne peut etre rédigé sans trahir et le résultat n’est autre qu’un tel livre lorsqu’un ignorant si atèle. Faire de la philosophie de bas étage compatible avec la vie d’un ado ne rime qu’avec le nom de Jean-Paul Sartre. Je vous invite donc à découvrir ce puits de pensée qu’est Nietzsche sans intermédiaire, sans reprise et sans placebos en tout genre qui ne peuvent être offerts que par des charlatants.
@dimitri : désolée du délai de réponse , toutefois, je me permettrais d’émettre comme un doute sur la méconnaissance de Nietzsche par l’auteur, peut être parce qu’il est l’ancien rédacteur de Philosophie Magazine
Je conviens que la philosophie n’édicte pas de règle mais c’est ne voir que l’aspect socratique de celle ci en en faisant un état d’étonnement perpétuel. La philosophie est aussi efficiente dans la pratique, sans arriver au mauvais exemple sartrien, elle est aussi engagement, dans un concret un réel.
Le roman ou le conte philosophique n’existerait donc pas selon vous ? Comment donc définissez vous alors l’éternel Candide, la religieuse portugaise ou le journal d un séducteur ? En quoi l exemplification ne serait elle donc pas utile voir nécessaire à la compréhension d’une pensée philosophique ?
En revanche, j abonde dans votre sens , relire le gai Savoir ( ou découvrir) ou Zarathoustra avec leur lyrisme formidable, et leur fulgurant echo universel me parait plus que nécessaire ..
bonjour,
c’est la première fois que je vois la « religieuse portugaise » citée comme un conte philosophique, mais les voies de la philosphie comme de la religion/religieuse sont impénétrables…
@rotko j aime bien l idee qu’il y ait des voies impénétrables et philosophiques dans la religieuse … et j ai fait un lapsus je m en excuse… je me flagelle … et je ne porterais plus que des bijoux indiscrets en pénitence .. ( remarquez que tout de meme pour ma defense, bataille aurait trouve de la philosophie pratique a la religieuse )
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