Peur noire d’Harlan Coben – Fleuve Noir
traduit par Paul Benita
En avant première, j’ai eu la chance d’avoir entre les mains un exemplaire non final de Peurs noires d’Harlan Coben et avoue avoir été assez excité par le fait de pouvoir enfin lire un ouvrage de cet auteur connu (il fait partie des 50 maîtres du polar du dernier numéro du magazine littéraire).
L’intrigue démarre assez rapidement, le héros, Myron Bolitar agent sportif, est poursuivi par l’ancien amour de sa vie (qui s’est mariée avec son pire ennemi). Elle vient lui demander de l’aide pour sauver son fils malade. Ce dernier a besoin d’une greffe de moelle osseuse pour survivre. Un donneur potentiel a été identifié mais a disparu. L’ex réussit à convaincre Myron de le retrouver avant qu’il ne soit trop tard en lui annonçant que ce fils malade est également le sien. S’ensuit une enquête qui dépasse largement le cadre initial en mêlant le FBI, un tueur en série, le fils disparu d’une famille richissime, des enlèvements, un journaliste déchu accusé de plagiat…
Si comme moi, vous êtes débutant dans la catégorie Harlan Coben, vous serez surpris par le héros Myron Bolitar. Comment un agent sportif peut-il se métamorphoser en brillant enquêteur, disposant d’alliés hors du commun ? Notamment son associée qui est une génie de la recherche d’informations cachées : du style retrouver l’institutrice d’une personne disparue depuis près de 30 ans ou son meilleur ami Win, un psychopathe / mercenaire disposant d’un arsenal à sa disposition ? Peut être que les titres précédents des aventures de notre ami Myron donnent des explications sur cet heureux concours de circonstances mais sans le contexte des épisodes précédents, c’est peu crédible !
Le personnage ayant peu d’épaisseur, je n’ai pas été très sensible à ses interrogations sur les relations père / fils qui est un thème cher à Harlan Coben qui a perdu ses parents alors qu’il n’avait pas vingt ans.
Le roman se passe dans la région de New York et est truffé de références à des émissions ou personnalités que le lecteur a des fois du mal à saisir mais qui brosse un portrait sans concessions de la vie en banlieue new yorkaise qui est intéressant.
Le style est pour un polar assez décalé. Myron et son équipe passent leur temps à faire des vannes et autres calembours y compris dans les moments les plus dramatiques. On aime ou on aime pas et personnellement j’ai fini par trouver ça pénible et décrédibilisant certaines scènes (notamment les dialogues avec le FBI). On est loin du roman noir. Quand on lit qu’Harlan Coben est présenté comme « le maître de vos nuits blanches », on ne doit pas tous avoir les mêmes nuits blanches.
Malgré ces points négatifs, l’intrigue est prenante et la narration incisive sous forme de chapitres courts. On n’a de cesse de savoir si le jeune Jeremy pourra enfin recevoir sa greffe de moelle osseuse et le suspense est bien géré tout au long du livre
En résumé, un livre pour la plage (dommage qu’il sorte en septembre) et pour les habitués de Monsieur Coben. Pour les débutants voulant se lancer, à mon avis privilégier les premiers volumes des tribulations de Myron Bolitar pour découvrir et mieux apprécier ce personnage qui le mérite peut être. Pour les amateurs de romans noirs, il faut mieux attendre janvier prochain pour American Madness de James Ellroy.
Chronique rédigée par Bastien Hillen

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Sam
21 septembre 2009
« Le personnage ayant peu d’épaisseur, je n’ai pas été très sensible à ses interrogations »
Oui, pour apprécier le dernier opus d’une série, c’est préférable de connaitre les personnages pour pouvoir appréhender leurs épaisseurs. Ça me semble tellement évident que je ne comprends pas la présence d’une telle chronique ici même …
Lire le septième roman d’une série que l’on ne connait pas, en toute connaissance de cause, et s’étonner de ne pas comprendre ce qui anime les personnages, c’est pas être un peu sado-maso ? Comment peut on être sensible à quoique ce soit dans ces cas là ?
Palpitant, plein d’humour, sombre et cynique, je me suis régalé. Certainement un des meilleurs romans de la série.
Abeline
29 septembre 2009
@sam : dans toute série il faut pouvoir commencer quelque part, vous n aurez pas toujours la chance de commencer par le numero 1 … Lorsque vous lisez les Rougon Macquart les personnages sont récurrents et ont une histoire propre et pourtant la narration reste compréhensible sans cela , peut être est ce une interrogation que l’auteur, bien qu’ayant de nombreux fans, devrait se poser
Plus près de cet univers les romans de Chandler sont lisibles individuellement
Peut être que tenter d obtenir cette lisibilité en one shot pour l auteur permettrait au lecteur non averti d’avoir envie de decouvrir la serie en son entier ?
mais je vous accorde que le cynisme et l humour sont plus que décapants chez Coben