Une âme perdue de Giovanni Arpino

arpinoUne âme perdue de Giovanni Arpino – Belfond

Ce livre fait partie des romans de la rentrée, pourtant il a été écrit en 1969 (année érotique). C’est une traduction à retardement, comme les « Nouvelles oubliées » de Dino Buzzati que j’ai lu récemment (je vais finir par devenir une vraie appassionata des écrivains italiens). Tu ne connais pas Giovanni Arpino ? Je ne le connaissais pas non plus. Pourtant il a écrit un roman célèbre : « Parfum de femme », mais plus célèbre à travers le film qui en a été tiré (film de Dino Risi avec Vittorio Gassman, remember ?).

Le thème de « Une âme perdue » est l’addiction : addiction aux amphétamines ou au jeu, et la frontière tremblotante entre addiction et folie pure.

Dans ce roman, on voit vivre une poignée de personnages à Turin dans les années 60. On les voit par les yeux d’un jeune garçon muet (ou qui semble muet, car tout au long de l’histoire on n’entend pas une fois le son de sa voix, si tu me permets l’expression) et shooté aux amphétamines, car il consomme un médicament vendu à cette époque tout à fait légalement en tant que stimulant intellectuel (notre anti-héro passe le BAC). Les événements tombent sur lui comme une averse de grêle, et il ne semble pas plus les comprendre que s’il observait une fourmilière dans laquelle il aurait donné un coup de pied, et nous pareil du coup, puisque c’est lui qui raconte : tu observes les personnages courir en tous sens, mais tu ne comprends pas pourquoi ils courent, ni qui a donné le coup de pied, ni où est la fourmilière.

D’ailleurs de fourmis il est question : « Le premier film, d’une durée de quelques minutes, avait pour sujet une fourmi. La caméra nous la montrait dans sa pérégrination fébrile sur le sol, ondulant lorsque l’insecte avançait d’un air belliqueux pour effectuer, hésitant, de brefs pas de danse devant les cratères, les creux imprévus et les crêtes que représentaient les fentes, les pores, les rugosités d’un carreau cent fois agrandi. Au tremblement suspect des antennes correspondait une mise au point brusque et violente, ou floue et affectée, qui transformait la fourmi en un centaure tombant dans un canyon, ou en mystérieux engin mécanique dont les commandes radio se seraient affolées sous l’effet d’innombrables ordres contradictoires ».

Ça commence poétiquement et ça finit dans un vrai délire ! (je ne vais pas te raconter la fin non plus, tu me prends pour une critique amateur ou quoi ?). Donc tu en concluras, puisque tu me connais bien, que cette histoire est un peu trop foutraque (ou plutôt invraisemblable, tel est le mot qui convient le mieux) pour satisfaire mon esprit cartésien.

Bon maintenant il faut que je te laisse. Lire le livre de la rentrée pendant l’été a quelque chose de vaguement déprimant, il faut que je retourne d’urgence à mes bigorneaux !

Chronique réalisée par Madame de K

Quatrième de couverture :

« À la veille de ses dix-sept ans, le jeune Tino s’installe chez sa tante Galla et son oncle Serafino, surnommé l’«Ingénieur», pour y préparer son baccalauréat. Orphelin, adolescent frêle et gauche réfugié dans les livres, Tino attend de toucher l’héritage de sa mère, précieux sésame qui doit lui ouvrir les portes de la vie étudiante et du monde adulte. Dès son arrivée, Galla et Anetta, la vieille servante, lui font une étrange confidence: au dernier étage, dans une chambre fermée à double tour, vit le «Professeur», le frère jumeau de Serafino devenu fou à son retour d’Afrique.

D’abord troublé par cette révélation puis angoissé par cette cohabitation forcée, Tino adopte petit à petit le rythme de la maison, partageant même les virées nocturnes de son oncle. jusqu’à ce petit matin où il va découvrir le secret caché derrière ces persiennes closes, un terrible drame qui fera tomber tous les masques, un à un…
Un roman d’apprentissage brillant, la chronique d’un drame familial dans la chaleur étouffante du Turin des années soixante et, surtout, la redécouverte d’un écrivain majeur de la littérature italienne de l’après-guerre. »

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