Warax de Pavel Hak

waraxWarax de Pavel Hak chez Seuil, 228 pages.

Ça commence comme la novélisation d’un épisode de « Largo Winch » et instinctivement on craint le pire. En continuant la lecture on se surprend à observer en détail la couverture, non il n’y a marqué « littérature jeunesse » nulle part… Ah ben non, de toute façon ça peut pas ; page 11 : « L’orgasme qui commença à monter dans le bas ventre de Kate, assise sur Preston, déforma sa jolie bouche fardée, durcit ses seins, inonda la vulve gainant la queue d’autant plus raide que le sang continuait à affluer dans le sexe érigé par tous les vaisseaux de la chair turgescente » ; on n’écrit jamais « turgescente » en littérature jeunesse !

On continue en se demandant quand va arriver Malko Linge et on rencontre des personnages aussi improbables que Dwight Drenghton, « l’homme politique le plus influant du pays ».

La trame du livre ? Cinq histoires racontées alternativement :

- Un journaliste/homme d’affaires dans une mauvaise passe professionnelle.

- Ed Ted Warax (Pavel Hak doit être content du nom de son personnage, car il n’hésite pas à le placer régulièrement 3 fois dans la même phrase), prince de l’empire militaro-industriel.

- La meute, un groupe d’hommes pénétrant par la violence dans un territoire privilégié.

- FD21, un survivant amnésique, lâché en plein univers post-apocalyptique.

- Un commando « beyond ennemie lines » dans une guerre du futur.

Si les deux premières histoires semble être situées dans un même ‘temps’ (en gros : aujourd’hui), celui des trois autres et beaucoup plus flou. Ces histoires se rejoignent-elles ? Pas du tout.

Warax de Pavel Hak se présente comme « un roman très contemporain qui jette un regard visionnaire, sur l’avenir de l’humanité », si écrire un roman contemporain consiste à enchaîner des chapitres de deux pages maximum en alternant des intrigues toutes plus speed et rocambolesque les unes que les autres, en piochant dans le fond de commerce des romans d’anticipation et en lâchant de la pornographie très crue toutes les quinze pages, pas mal d’auteurs vont devoir se mettre à la page pour être contemporain.

De deux choses l’une, ou c’est réellement particulièrement bâclé et très con, mais alors comment le Seuil peut-elle publier un tel truc ? ou j’ai raté quelque chose et que l’on m’explique rapidement.

Chronique publiée par l’auteur du blog La fin du monde

Quatrième de couverture :

Warax est composé de cinq scènes qui se développent tout à tour. Tout d’abord, celui d’un magnat de l’armement, Ed Ted Warax, mégalomane cynique qui voit dans la guerre une source de profits à renouveler à tout prix. Il y a également « la meute », celle des clandestins : en quête d’une vie meilleure, ils réussissent à franchir le mur qui les sépare du pays fantasmé, à survivre à la traque policière puis à la mégalopole surpeuplée où l’homme est un loup pour l’homme. Parallèlement nous trouvons l’histoire d’un jeune «  loup » sur le retour, qui se laisse prendre au piège du système médiaticopolitique dont il essayait de tirer gloire et profit, le tout dans un climat panique d’épidémie qui gagne la ville. Enfin, s’ajoutent le récit d’une équipe de forces spéciales à la recherche d’armes de destruction massive, et celui d’un homme errant dans un monde apocalyptique.

Biographie de l’auteur :

Pavel Hak est né en 1962 en Bohème. Après avoir travaillé en usine, il obtient un visa pour des vacances en Yougoslavie et réussit à passer clandestinement la frontière pour l’Italie, du côté de Trieste. En 1985, il arrive en France, fait des petits boulots, comme veilleur de nuit, suit des cours de philosophie. Désormais, il se consacre pleinement à l’écriture. Il est l’auteur de trois livres publiés chez Tristram, Safari (2001), Sniper (2002) et Lutte à mort (théâtre, 2004). Il rejoint les Editions du Seuil en 2006 avec Trans ( Prix Wepler Fondation La Poste).

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