Loin des bras de Metin Arditi Chronique N°2

Moin des brasLoin des bras de Metin Arditi chez Actes Sud

Suisse. Fin des années 50. L’institut Alderson accueille les enfants de bonnes familles, laissés  par des parents trop occupés, en instance de divorce ou encore convaincus que l’institut  ouvrira à leurs progénitures les portes d’un avenir doré. La devise de l’institut: « Tu deviendras« . Tout un programme, non?

Côté enseignants, Arditi nous offre une galerie de personnages, arrivés là par la force du hasard et de l’Histoire: femme de scientifique nazi, collabo blessé dans son amour propre, homosexuel amateur de photographie et de jeunes éphèbes, vieilles filles à tendance incestueuse…

Loin des bras est étonnant: entre huis-clos propice au malaise et palette de solitude et de manque d’affection, le nouveau roman de Metin Arditi nous emmène au delà des simples paysages hélvétiques. On se balade entre les Etats-Unis et la Turquie pour revenir par l’Italie, au gré des souvenirs des personnages, tout à la fois témoins, acteurs et victimes de leur époque. Fruit d’un hasard parfois retors, les rencontres aideront à panser de vieilles blessures, à apporter ce qu’il faut de force pour continuer.

Chaque chapitre nous offre le point de vue d’un des personnages, et le temps s’écoule avec une lenteur et une mélancolie toute suisse. Pourtant, Loin des bras est un roman qui avance vite, et qui se lit vite: un petit moment arraché à l’histoire de ces vies, et un petit moment de plaisir.

Chronique réalisée par l’auteur du blog Sur mes étagères…

Quatrième de couverture:

« L’Institut Alderson, pensionnat suisse pour gosses de riches, traverse des jours difficiles et pourrait changer de propriétaire. Aussi le petit cénacle des professeurs vit-il des jours angoissés. Ici chacun panse une blessure ou dissimule un secret : un deuil, le vice du jeu, le déshonneur d’avoir été “collabo”, la lâcheté déguisée en pacifisme, l’opprobre antisémite, des amours “contre nature”, le sentiment d’avoir été abandonné… Dans ce refuge de solitudes et de destins brisés, la paroi des silences se fendille peu à peu, laissant à nu des êtres qui doutent autant d’aimer les autres que de s’aimer eux-mêmes. En courts chapitres extrêmement prenants, Metin Arditi raconte ces quelques mois de crise. Il pousse chacun de ses personnages à assumer ses faiblesses. Metin Arditi est un conteur hors pair et son roman est de ceux qui captivent. Le théâtre, la danse, la littérature nourrissent un récit bondissant, aux ramifications multiples, qui pourtant jamais ne s’écarte de sa magistrale orchestration. »



une petite faim de culture ? inscrivez vous à la newsletter
Share This
WordPress Video Lightbox Plugin