Vendetta de RJ ELLORY

311024399Vendetta de RJ Ellory aux éditions Sonatine

Catherine Ducane, la fille du gouverneur de Louisiane, a disparu, son garde du corps est retrouvé dans une Mercury Turnpike Cruiser de 1957, le cœur arraché et le signe des gémeaux taillé dans sa chair. Rapidement, la police locale est dessaisie, et c’est le FBI qui prend en charge l’affaire. Le kidnappeur exige de parler à Ray Hartmann, obscur fonctionnaire de la police criminelle basé à New-York. Ray Hartmann se serait bien passé de ce retour dans sa ville natale, d’autant qu’il a rendez-vous dans quelques jours avec sa femme et sa fille pour tenter de reconstruire une vie familiale détruite par l’abus d’alcool et de travail.

La suite est inattendue.

L’enquête de police laisse alors place au récit du kidnappeur, Ernesto Perez, qui sous forme de récit épique va retracer 50 ans de la vie d’un homme de main de la mafia italienne entre la Nouvelle-Orléans, Cuba, Las Vegas, L.A. et Chicago.

Au travers de la vie d’Ernesto Perez, de ses crimes, de sa « famille », c’est toute l’histoire de la mafia des années 50 à nos jours qui est décrite.

Mais c’est aussi la vie de Ray Hartmann, policier désabusé, souffrant de la perte de sa famille et qui encore une fois sera incapable de tenir la promesse qu’il leur a faite.

Tout l’art d’Ellory est de jouer sur les liens invisibles entre les personnages.

Qui est réellement Charles Ducane ? Quel message le kidnappeur a t-il voulu lui laisser en arrachant le cœur du garde du corps ? Pourquoi Hartmann a-t-il été choisi ? Qui est ce cubain, dont Papa Toujours Féraud dit de lui : « l’homme que vous cherchez n’est pas d’ici. Il a jadis été des nôtres, mais il ne l’est plus depuis de nombreuses années. » ?

Mais Ellory n’a pas su imbriquer les différents récits qui restent juxtaposés.

Seule la fin est haletante, toutes les pièces de l’intrigue s’agencent parfaitement. « Quando fai i piani per la vendetta, scava due tomba – una per la tua vittima e una per stesso », « Si tu cherches la vengeance, creuse deux tombes… une pour ta victime et une pour toi ».

Ellory ne juge pas ses personnages, « Chi se ne frega », « Qu’est-ce que ça peut foutre ! ». Il prête toutefois à Ray Hartmann un foncier dégoût pour ce qu’a pu faire Ernesto Perez, et tout est prétexte à réfléchir sur l’inéluctabilité de ses actes.

Le rythme du roman souffre des longs passages descriptifs sur la mafia italienne qui n’apportent rien à la compréhension des personnages ni à l’intrigue.

Chronique rédigée par Isabelle Galy

Quatrième de couverture :

2006, La Nouvelle-Orléans. Catherine, la fille du gouverneur de Louisiane est enlevée, son garde du corps assassiné. Confiée au FBI, l’enquête prend vite un tour imprévu : le kidnappeur, Ernesto Perez, se livre aux autorités et demande à s’entretenir avec Ray Hartmann, un obscur fonctionnaire qui travaille à Washington dans une unité de lutte contre le crime organisé. À cette condition seulement il permettra aux enquêteurs de retrouver la jeune fille saine et sauve. À sa grande surprise, Hartmann est donc appelé sur les lieux. C’est le début d’une longue confrontation entre les deux hommes, au cours de laquelle Perez va peu à peu retracer son itinéraire, l’incroyable récit d’une vie de tueur à gages au service de la mafia, un demi-siècle de la face cachée de l’Amérique, de Las Vegas à Chicago, depuis Castro et Kennedy jusqu’à nos jours. Quel est le véritable enjeu de cette confrontation ? Pourquoi Perez a-t-il souhaité qu’Hartmann soit son interlocuteur ? Alors que s’engage une course contre la montre pour retrouver Catherine et que, dans l’ombre, la mafia et les autorités s’inquiètent du dialogue qui s’établit entre les deux hommes, Hartmann ira de surprise en surprise jusqu’à l’étonnant coup de théâtre final.

Avec ce roman d’une envergure impressionnante, R. J. Ellory retrace cinquante ans d’histoire clandestine des États-Unis à travers une intrigue qui ne laisse pas une seconde de répit au lecteur. Maître de la manipulation, il mêle avec une virtuosité étonnante les faits réels et la fiction, le cinémascope et le tableau intime, tissant ainsi une toile diabolique d’une rare intensité.

R. J. Ellory est né en 1965. Après l’orphelinat et la prison, il devient guitariste dans un groupe de rock, avant de se tourner vers la photographie. Après Seul le silence (Sonatine Éditions, 2008), Vendetta est son deuxième roman publié en France.



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