Exil intermédiaire de Céline Curiol

images-4Exil intermédiaire de Céline Curiol chez Actes Sud, 426 p.

Deux femmes, qui ne se connaissent pas, passent un week-end à New-York, pour des raisons différentes et tellement semblables à la fois. Elles sont toutes deux arrivées à un moment de leur vie où un bilan s’impose : bilan affectif et amoureux d’une part et réflexion sur leur rapport à l’autre d’autre part. En partant ainsi, elles opèrent un flash-back sur leurs vies et espèrent ainsi pourvoir passer à autre chose plus en adéquation avec leurs désirs.

Il est des romans dont il est difficile de parler sans en dénaturer l’esprit. Celui-ci en fait partie. Certes, le sujet semble avoir été traité des centaines de fois, mais rarement avec une telle intensité. Omniprésence des personnages, concision des descriptions, en font un récit à l’atmosphère prenant. Nous « vivons » avec les personnages, nous sommes à leur côté à chaque instant et sommes témoins permanents de leurs pensées. Et ceci est d’autant plus sensible, que la construction du récit nous contraint a resté attentif à chaque évènement, chaque mouvement, chaque pensée, sous peine de perdre le fil de l’histoire et être relégué au rang de badaud indifférent. Qui n’a pas eu le besoin un jour ou l’autre de revenir sur son passé pour envisager un autre futur ? Un « exil intermédiaire » pour s’engager vers une autre vie ?

Véronique Fourdrain pour Chermedia

Quatrième de couverture:

Manhattan, 3 juillet 2008. Une femme est sur le point de quitter l’homme avec lequel elle vit depuis près de dix ans. Le même jour à Paris, une autre jeune femme vient d’embarquer sur un vol pour New York.

L’une et l’autre et pour des raisons différentes vont aborder dans cette ville irrésistible un week-end très particulier, quitter cette sorte d’exil intermédiaire où les a placées leur désir de rupture et tenter de retrouver, au-delà de la mélancolie, ce qui pourrait les affranchir d’une image d’elles-mêmes aujourd’hui dépassée.

Ces deux femmes ne se ressemblent pas, elles ne se connaissent pas. Dans un sentiment d’isolement mêlé d’une acuité extrême provoquée par la beauté évocatrice de New York, elles vont revisiter les dix années qui s’achèvent pour elles symboliquement dans cette ville étrangère. Mais la mémoire des sentiments comme celle des faits ne révèlent pas en tout lieu les mêmes contours, ne génèrent pas les mêmes conclusions : en trois jours Manhattan va bousculer ces deux femmes, les subjuguer, susciter en elles l’exaltation, le désir de l’amour et l’oppressante nécessité de conclure, de circonscrire le réel pour aborder une autre phase de la vie. Conjuguant l’exploration psychologique de ses personnages à la tonalité éblouissante de leur séjour à New York, Céline Curiol signe ici un roman d’un magnétisme absolu. Et un hommage véritable à New York.

Née en 1975, Céline Curiol a publié deux romans aux éditions Actes Sud : Voix sans issue et Permission, puis un récit de voyage intitulé Route rouge aux éditions Vagabonde.



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