Le Vampire de la rue des Pistoles de Jean Contrucci

Vampire rue pistoles Contrucci 135-205Le Vampire de la rue des Pistoles de Jean Contrucci aux éditions JC Lattès

Une nouvelle enquête du sympathique duo : Baruteau et Signoret

Je suis une adepte de la série « Les nouveaux mystères de Marseille »Jean Contrucci exerce avec talent sa verve de feuilletonniste. Il renoue avec la tradition du roman populaire avec ses personnages archétypaux mais sympathiques : le commissaire Eugène Baruteau, géant aux allures débonnaires mais dont le regard d’acier fait trembler les truands et son neveu Raoul Signoret, journaliste au « Petit Provencal », dont le physique avantageux et le goût du risque font trembler d’émoi la « ménagère ». Cette fois, les deux hommes sont confrontés à un meurtre des plus mystérieux, celui d’un « guérisseur » aux pratiques aussi barbares qu’inefficaces. Pour guérir ses « pratiques », Cléophas employait volontiers du sang humain, de la graisse animale et quelques touffes de sa propre chevelure : une méthode que les malades n’avaient pas le temps de lui reprocher car elle avait un peu tendance à accélérer leur trépas.

Au-delà de l’intrigue en elle-même, se plonger dans un roman de Jean Contrucci, c’est se retrouver dans le vieux quartier du Panier et partager le quotidien de gens simples au verbe haut. Le lecteur peut sentir à chaque page l’amour que l’auteur éprouve pour Marseille, sa ville et pour les plus humbles de ses habitants pour lesquels vivre, c’est souvent survivre. Le fait de situer l’action à la Belle Epoque nous permet aussi de découvrir ou de redécouvrir une société moins uniformisée que la nôtre. Il faut reconnaître aussi que le vieux Marseille est un formidable condensé d’humanité, un carrefour de nationalités, un chaudron en perpétuelle ébullition, le lieu idéal pour planter le décor d’un roman policier.
L’auteur a repris à son compte le principe des romans qui paraissaient dans les journaux. Chaque chapitre se voit doter d’un titre « alambiqué » dont personnellement, je fais mon miel :
 » Où l’on prend connaissance des détails d’un rapport d’autopsie qui n’est pas sans évoquer le carnet de commande d’un équarrisseur »
« Où notre héros, venu enquêter dans la rue des Trois-Soleils, assiste à une assemblée des femmes qui ne doit rien à Aristophane mais lui apporte de précieux renseignements. »
Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, le roman reçu par l’intermédiaire de l’annuaire Ulike, était accompagné d’un bel album de photos en noir et blanc « Le Marseille de Raoul Signoret » qui présente les lieux où se sont déroulées les différentes enquêtes de notre impétueux journaliste.
Vous l’aurez compris, j’ai un faible pour Jean Contrucci qui redonne ses lettres de noblesse à un genre trop souvent méprisé : le roman populaire.

Chronique réalisée par Les livres bonheurs d’Armande

Quatrième de couverture :

Marseille, avril 1907. Par une nuit de tempête de mistral dans le vieux quartier du Panier, se noue un drame aussi insolite que terrifiant. Pris pour un fantôme par un passant attardé, un macchabée ficelé dans un drap, ouvert en deux et soigneusement recousu au point de surjet, est retrouvé contre le mur de la Vieille-Charité. Raoul Signoret, reporter au Petit Provençal se lance dans une enquête que son oncle Eugène Baruteau, chef de la Sûreté entend mener rondement d’autant plus que Clémenceau, le « premier flic de France » exige du rendement. Avec l’aide de Tino, un camarade d’enfance devenu plombier-zingueur et du coiffeur Néné, « tour de contrôle » du quartier, Raoul suit la piste d’un bien étrange criminel, guérisseur et prophète-fou, aux pratiques sanglantes, qui le conduira à remonter le temps jusqu’à la fondation de Marseille où perdure un culte millénaire ressuscité par une secte d’illuminés. Cécile, l’épouse du reporter est une fois de plus de la partie, secondée par les enfants du couple trop heureux de jouer aux détectives.



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