L'imposteur de François Marchand

images-5L’imposteur de François Marchand, Le Cherche Midi éditeur, 123 p.

L’imposteur ou comment du jour au lendemain endosser l’identité d’un autre dans sa vie privée comme dans sa vie professionnelle.
Pour la vie privée, tout est simple, la femme est complice et l’enfant accepte.
Pour la vie professionnelle, c’est tout aussi facile, parti depuis longtemps et méconnu dans les sphères des hauts fonctionnaires de l’état, l’original est facile à remplacer. Jusqu’au jour où entre magouilles et détournements, le danger fait son apparition sous l’apparence d’un ancien ami d’études. Et puisque tout est simple il suffit de le tuer d’un coup de photocopieur, et de continuer magouilles diverses et détournements frauduleux.
Un compte sur une île connue pour être un paradis fiscal et quand la pression devient trop forte, il suffit de prendre un avion, de retrouver la femme et l’enfant et de vivre heureux sous de meilleurs cieux.

Et là, le doute s’installe ? Certes, il s’agit de fiction pour nous divertir mais nous sommes un peu grands pour encore croire au hasard des hasards qui fait que tout est possible.
L’histoire comporte plusieurs histoires qui sont développées de façon assez inégale : passage éclair sur le remplacement dans la vie privée, description des pratiques de détournements des hauts fonctionnaires de l’état (l’auteur dénonce de façon appuyée les fraudes pratiquées dans certains ministères), assassinat du gêneur, apparition épisodique de policiers, et pour finir escapade vers un paradis fiscal pour vivre heureux et longtemps, une fin expédiée en deux temps trois mouvements soit dit en passant.
Beaucoup trop de petites histoires qui font de l’ombre parfois au sujet principal.
Le style bien que classique  est agréable, certains passages sont plutôt truculents et certaines situations justes survolées mériteraient d’être développées pour devenir totalement désopilantes.

Véronique Fourdrain pour Chermedia

Quatrième de couverture :

Lorsque le nouveau directeur des relations professionnelles au sein du ministère du Travail, Charles Legrandin, prend ses fonctions en janvier 2001, nul ne soupçonne une quelconque imposture. La carrière de Legrandin a été effectuée à l’étranger ; personne ne le connaît au ministère et il aurait même disparu définitivement du bottin administratif si son assassinat quelques jours plus tôt par sa femme n’avait eu un témoin : le narrateur qui, un peu forcé au début, puis se prenant au jeu, usurpe froidement la fonction.

Le nouveau Legrandin se révèle bien vite performant : prenant conscience de l’incroyable absurdité de la vie bureaucratique, il conçoit l’idée d’installer un vaste système de corruption au profit d’un certain nombre d’officines patronales. Maître du code du travail, des procédures collectives et individuelles entre salariés et employeurs, il devient, via son compte bancaire, le passage obligé de toutes les fraudes de la vie économique.

Ses turpitudes l’obligent à duper en permanence la bureaucratie sous ses ordres, ainsi que son ministre. Il croise ainsi la route des énergumènes issus de ce monde loufoque : l’administration centrale. Loufoque mais pas sans danger, il faudra compter avec quelques cadavres. Car le narrateur devra, malgré son caractère pacifique, se défendre contre des intrusions non désirées sur sa véritable identité. Quant à celle du vrai Legrandin, et à ses activités réelles avant sa mort prématurée, elle ressurgira pour plonger notre escroc, dont la seule vocation est de fumer des cigares sans être dérangé, dans la confusion.

Son récit, celui d’un fumeur de havanes froid, ironique et distant, plonge le lecteur dans les mœurs cocasses des fonctionnaires.

François Marchand a passé une quinzaine d’années au sein de l’administration centrale du ministère du Travail, ce qui lui a permis d’observer de très près le non-fonctionnement de l’État. Son énergie étant peu sollicitée au travail, il joue aux échecs et a réalisé trois normes de maître international, ce dont ses amis, qui le battent régulièrement en blitz au bistrot, ne reviennent toujours pas. Il vit à Paris.



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