L’éternité devant soi de Mathieu Rougeron
L’éternité devant soi de Mathieu Rougeron aux éditions Alphée
Olivier a 25 ans, il vit à Paris. Sa vie est comme celle de tant d’autres jeunes hommes de son âge: il a un travail auquel il trouve à redire, il avait une petite amie, il passe ses week-ends entre amis, expositions et sorties. Rien d’exceptionnel mais depuis quelque temps des malaises réguliers le laissent dans un état de doute profond et d’interrogations diverses. De rêves en mystères, il rencontrera Roland, une sorte de guide spirituel, un chamane des temps modernes qui lui montrera la voie à suivre. Cette voie laisse Olivier perplexe: vies antérieures, voyage dans le temps à la recherche de son âme, loi du karma, réincarnations; dont la finalité est de permettre à notre jeune apprenti d’apprendre à mieux se connaître et d’accomplir sa quête du bonheur.
L’Eternité devant soi est le premier roman de Mathieu Rougeron, auteur jusque là inconnu dans le domaine littéraire français. Il signe là un roman fort intéressant entre quête initiatique et développement personnel. Le sujet en lui-même a de quoi intriguer et rendre curieux le lecteur qui, non avisé, ira de découvertes en surprises. Au fil des pages, le roman prend une tournure fantastique, les uns diront surnaturelle et d’autres diront spirituelle. D’emblée, la réalité s’est intimement mêlée au voyage des vies antérieures. L’auteur s’inspire de Paulo Coelho dans l’Alchimiste, le message est le même : message d’espoir et d’amour pour l’avenir, message de vérité et d’universalité. Ce roman d’apprentissage met en scène un personnage qui vit dans le flou, qui cherche des réponses. On assiste alors à un voyage à travers les époques afin de rencontrer son âme, qui après la mort, se réincarne dans un autre corps. Olivier fera des rencontres bouleversantes avec ses alter ego en passant par les Cathares,les Indiens, le Canada, l’Egypte et Londres, tout ceci en des temps différents. Ce flash-back karmique n’a rien à voir avec la religion et cela empêche le roman de tomber dans le danger de la morale religieuse. Pas de dogme et de théologie dans L’Eternité devant soi, juste une recherche intérieure, une philosophie de vie qui incite à voir nos impressions de déjà vu et de déjà vécu comme des impressions incroyables, fascinantes et dotées d’un grand mystère.
Attention ce livre n’est donc pas fait pour les purs scientifiques, car la rationalité ici n’existe pas. Nous évoluons au rythme des affects, des ressentis et des intuitions. Ce qui fait la force du roman c’est ce niveau de compréhension, chacun pourra avoir accès à cette histoire avec ses impressions, ses connaissances, sa spiritualité personnelle. Inévitablement, Mathieu Rougeron propose un roman interprétatif et introspectif qui fait appel aux sens.
Il est à noter que son écriture, bien que limpide, dynamique, est trop « française ». Trop d’Emilie Loizeau, trop de Francis Cabrel, trop de références à la culture française, si bien que parfois le lecteur a l’impression de lire une liste exhaustive de tout ce que l’auteur aime. Je pense, peut-être à tord que l’écriture n’est pas assez distante avec son objet, l’auteur s’identifie beaucoup trop à son personnage principal. La confusion reste entière sur cette aventure! Est-elle totalement inventée ou y a-t-il une part d’autobiographie? La frontière est floue entre les deux genres. Cela donne lieu à des dialogues assez faux ou qui sonnent bizarrement. Peut-être est-ce là la singularité de ce roman qui se veut moderne mais la modernité ne consiste pas à ajouter des éléments de la vie quotidienne dans une histoire qui se veut justement hors du quotidien. Je n’ai donc pas vraiment accrochée à ce style d’écriture.
Il reste de L’Eternité devant soi, un sentiment assez incertain, nullement éphémère car malgré le style de l’auteur, le sujet est vraiment enthousiasmant. Cette recherche du bonheur est universelle, le faire par le biais des vies antérieures est captivant car tout ceci est une affaire de cœur et non d’intellect. Si L’Eternité devant soi ne répond à aucune logique et dépasse l’entendement c’est pour mieux franchir l’inconnu et atteindre l’intelligence de l’âme plutôt que celle de l’esprit…
Chronique réalisée par Sous le feuillage
Quatrième de couverture :
«- N’es-tu jamais allé dans un endroit en te disant : Mince, j’ai l’impression d’être déjà venu ici ? – Plein de fois. Mais c’est un hasard…»
Quand Olivier se trouve confronté à sa vie, pour faire le point, il ne se rend pas sur le divan d’un psy ou sur le banc d’une église. En une semaine, tout va changer : il se trouve peu à peu entraîné dans des états modifiés de conscience lors de bien étranges voyages. Qui est-il ? Comment se sont forgés les difficultés récurrentes de son existence et les talents dont il peut bénéficier ? Des gènes de ses parents ? D’une source divine créatrice ? Des aléas du Destin ?… Au détour de son chemin, Olivier apprendra que le fil de sa vie remonte plus loin qu’il ne l’imagine.
Roman initiatique, ou initiation romanesque, au coeur du Paris moderne et des méandres de sa mémoire, Olivier comprendra que l’Éternité n’est pas un vain mot. Sa quête d’homme, ses questions, ses réponses ne connaissent aucune limite. Entraîné dans l’histoire du narrateur, chacun fera le lien avec sa propre existence et se sentira emporté aux sources mêmes de la vie.
Biographie de l’auteur :
Mathieu Rougeron est un jeune auteur né en 1981 dans l’Allier. Il conjugue profession scientifique et passion littéraire, goût du développement personnel et de la spiritualité. De diverses rencontres et expériences naît L’Eternité devant soi, son premier ouvrage. Influencé par les lectures de Elisabeth Haich, Fanchon Pradalier-Roy, Denise Desjardins, Paulo Coelho… ou même Victor Hugo, Mathieu Rougeron souhaite faire partager, avec légèreté et humour, une initiation à certaines lois mystiques, détachée des doctrines religieuses du passé et ouverte sur un message optimiste.
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3 Commentaires
J’aime qu’une écriture s’inscrive dans un contexte. Que les références soient françaises n’est pas ce qui pourrait me déranger. Il est vraiq qu’à la traduction, si ce roman en passe par-là, il pourrait être difficile pour les lecteurs étrangers de tout saisir. Mais prétendre écrire un livre universel, c’est imossible à mon sens.
Je trouve en revanche un peu agaçante cette « mode » de l’écriture de la quête de soi. Est-ce tendance de faire étalage de ses doutes?
Voilà, je pense, un roman que je ne lirai pas…
Pour avoir lu le livre, je suis tout à fait d’accord avec la première partie de votre critique. Tout a été dit !
En revanche, Magali a raison : parler de culture française n’est absolument pas dérangeant.
J’ai complètement accroché avec le style de l’auteur, où je trouvais les dialogues très fluides. Je me prenais au jeu, comme dans un film, lors des récits des voyages.
Je pense sincèrement que l’auteur a de l’avenir et qu’il a un talent certain d’écriture. Je le recommande vivement.
Lilou.
@magali : un livre universel serait impossible ? que dire alors de l’homme sans qualités de Musil ? de la bibliothèque de Borgès ? ou même allons dans la science fiction , le monde des A ??? contextualiser une narration n’empêche pas l’universalité de celle-ci si je ne m abuse …
la mode de l’écriture en quête de soi, cela commence avc l affirmation « Madame Bovary c’est moi » et cela se poursuit par la douleur de Duras, cela peut justement dans l’intime toucher une certaine universalité, puisque « rien de ce qui est humain ne m’est étranger » … je ne défendrai pas à corps et à cris l’auto fiction loin de là, mais l’écriture est toujours une quête de l’écrivain, vers quoi tend il ? lui même et les autres, il tend surtout à rendre compte ou conte ( comme vous préférez )
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