Chroniques de la rentrée littéraire

M Comme Mohican de Corinne Royer

M comme MohicanM Comme Mohican de Corinne Royer aux éditions Héloïse d’Ormesson

Nichée dans une petite vie confortable entre son métier de photographe, son époux et deux enfants, Claire retrouve un amant, 20 ans après leur relation. D’échanges de banalités en rendez-vous, le couple se reforme pour trois mois. Elle hésite entre ses « sentiments », consulte un psy, nous parle de sa tante Maria, de ses souvenirs d’enfance. Mais est ce la réalité ou une invention de son esprit après un accident vasculaire cérébral ?

De ce premier ouvrage, Corinne Royer nous attire dans un monde à elle, qu’elle est sûrement la seule à comprendre. On passe de l’héroïne à sa vie de famille à une grande tante Maria sans vraiment s’en rendre compte, mais, hélas aussi, sans comprendre. A retenir, pourtant un grand moment de littérature lors de l’évocation de la nostalgie, son épilation intime faite à moitié à l’arrivée de son amant, mais aussi les mots employés pour nous parler de l’amour, de l’érotisme. On se demande où l’auteur a puisé son inspiration pour le laisser aller à de tels poncifs qui ne veulent rien dire.

M comme Mohican est le premier ouvrage de Corinne Royer, on espère seulement qu’elle ne continue pas !

Chronique réalisée par Muriel Sainton pour Chermedia

Quatrième de couverture :

Claire, 40 ans, retrouve un amour de jeunesse au détour d’un voyage, un homme de cabinet, avec qui elle a une aventure passionnée et qu’elle surnomme ‘M’ comme mohican. Ecartelée entre son mari et son amant, elle explore les confins de ses angoisses et de ses pulsions. Pendant ce temps, une vieille dame farfelue suit Claire dans tous ses mouvements, et veille sur son âme. Mais qui est-elle au juste ?

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12 Commentaires

J’espère qu’il y aura d’autres chroniques de ce livre sur votre site, avec un tout petit peu plus de finesse et une capacité plus nette à comprendre l’histoire (les amalgames sont déroutants!). Mohican a fait l’objet de plusieurs articles ou émissions : France Inter, Le Midi Libre, Le Canard enchainé, La Voix du Nord… tous plutôt favorables à la bonne place du roman dans cette rentrée littéraire. Que tous ceux, lecteurs et amateurs de littérature, qui ont passé un moment avec ce Mohican n’hésitent pas à déposer un commentaire !
Bien à vous,

Je note dans un coin, pourquoi pas. Un auteur à découvrir, c’est toujours intéressant!

@corinne royer : chère madame, autant je comprends votre véhémence en tant qu’auteur et comprend la délicatesse de cette position de partage de son univers qu’est celle ci. Toutefois ici le chroniqueur est libre de sa parole et de sa pensée. Personnellement je connais nombre de romans qui ont été encensés par des média traditionnels et qui pourtant, m’ont déplu à un point assez incommensurable. Je ne tiens pas cela en gage de qualité. Mais, il est à noter que si bonne presse il y a , succès ne saurait se démentir. Publier est aussi ouvrir le flanc à la critique. Nous n’hésiterons pas à publier d’autres chroniques si nous en recevons, positives espérons le.

Puisqu il m est possible d exprimer mon opinion au sujet deM comme Mohican je tiens à remercier l auteur qui m a ravi dans la fluidité de son ecriture et dans la précision dans l analyse du sentiment de l héroine.J ai beaucoup aimé ce roman ou cette femme moderne exprime librement sa pation

Séduit par la couverture et la 4ème de couv., j’ai acheté et lu ce bouquin… en quatre heures. Les arguments et la virulence du procès qui lui est fait par Mme Sainton évoquent une répulsion épidermique qui n’est pas discutable… Chacun sa sensibilité.
Plus surprenant est le résumé qui précède la sentence. En effet soit je n’ai pas lu le même livre, soit nous n’avons pas compris la même histoire ( pour simplifier, il y a deux personnages dont on suit l’histoire en parallèle, l’une des deux fait un accident vasculaire et, j’ai bien relu, ce n’est pas Claire, Mme Sainton ).
Pour peu qu’on lui accorde une attention soutenue, ce livre, outre sa construction brillante, révèle quantité de finesse et de clins d’oeil qui semblent avoir échappé à certaine chroniqueuse. Certes, quelques situations frôlent le scabreux, mais à chaque fois, l’auteur semble s’amuser de son bon tour pour mieux vous surprendre. Où est le faux? Où est le vrai?
Reste que cet ouvrage, inclassable mélange de roman sentimental, de fresque poétique et philosophique, d’érudition et d’introspection féminine mérite à mon goût le détour tant le style est moderne, alerte et les situations profondément émouvantes.
A coup sûr, qu’on aime ou pas, il s’agit bien de littérature.

hou là là Muriel et Abeline…on fait cause commune mais l’une a pas lu et l’autre a mal lu … ou alors très vite, ce qui n’excuse en rien le gros contre sens qui fout par terre tout avis sur le sujet.(l’AVC ne concerne pas Claire…)
Avant de vouloir éreinter un bouquin il faut apprendre à lire ou consulter un opticien…
On a le droit de ne pas aimer mais quand on déclare ne rien comprendre avec une référence qui tombe à coté de la plaque ça fait pas sérieux.
Finalement c’est tant mieux, ça donnera envie de le lire à ceux qui trainent sur ce forum et ils auront une bonne surprise.
C’est René qui a raison, c’est inclassable mais c’est de la littérature et quand on a commencé on va jusqu’au bout et on n’est pas déçu

@plg mon commentaire n’était pas sur le livre. Que vous ayez aimé ou pas, que vous teniez à défendre l’ouvrage, libre à vous et welcome. Mais chaque expérience de lecture est respectable. Si la lectrice a effectué un contre sens peut être y a t il des raisons à cela qui ne tiennent pas qu’à sa supposée inconséquence.
Pour ma part, je n’appelle pas cela éreinter un bouquin, cela manque cruellement d’arguments percutants pour ce faire à mes yeux.
Dans le domaine, je ne pense pas qu’il y ait de raison ou de tort : il y a des expériences et réceptions de lecture différentes.
Ma position et celle du site reste inchangée : lorsque l’on livre au public un ouvrage on accepte de ne pas être aimé de tout le monde. Et si défense de son travail il y a , elle se place sur le terrain des arguments et non des publications appréciatives d’autrui.

Certes c’est un premier roman, avec son insolence, son foisonnement… et ses maladresses…
Cependant votre interrogation « est-ce la réalité ou une invention de son esprit ?  » me semble tout à fait pertinente… pour donner une très bonne définition de la littérature !!!!
Un arrêt sur image à propos de la demi-épilation : sans vouloir plagier ce bon Séguala avec « sa vie fichue si on a pas de Rolex à 50 ans » il me semble néanmoins que toute femme qui n’a pas connu ce genre d’épisode drolatique, n’est pas encore totalement « épanouie »…

Voilà une chronique et des commentaires qui font parler… Je partage complètement ce qu’écrit Abeline quant à l’expérience de lecture : elle est unique et purement individuelle…
Puisque les appréciations des uns et des autres semblent aussi tranchées et opposées, je choisis de vous livrer quelques extraits du texte… A chacun de faire son miel ! Ou son fiel !
« Ma campagne à moi est d’une autre nature. Un coin de paradis à l’abri de la fureur des hommes. Avec cette austérité qui magnifie la beauté d’un pays. Des arbres. Des pays. Des clairières… De vrais hommes bien bâtis qui charrient des champs entiers de blé ou de maïs. Qui fendent des hectares de bois pour le coeur de leur foyer. Car ici les foyers ont un coeur. Avec une femme qui en prend soin. Qui, tour à tour, est à la traite, ramasse les poireaux (*), prépare la soupe de la semaine. Une femme qui serre ses enfants dans ses bras. Qui leur enseigne l’utile et le nécessaire. Rien de plus. »
Ou :
« Tante Maria ne sair rien. Et tante Maria sait tout. Tante Maria sait que la femme ne choisit pas.
Ni son bonheur. Ni son malheur.
Et surtout qu’elle les confond le plus souvent avec une pathétique naïveté »
Ou encore :
« Pendant ce temps, les âmes des pénitents sommeillent sans soupçonner l’ivresse diaprée de notre délicieux festin. »
Les mots se suffisent à eux-mêmes…

(*) Petite remarque paysanne : dans le Berry, on arrache les poireaux, on ne les ramasse pas ;-)

Eh bé, ça castagne (c’est une boutade, je le précise, car la dernière fois que j’ai utilisé l’expression j’ai eu l’impression de faire une déclaration de guerre à Cuné). Je me permets un conseil Corinne et croyez bien, pour devoir enchainer à une chaise, de temps en temps, le seul auteur de ma jeune écurie, que je comprends parfaitement bien la douleur que peut provoquer chez un jeune écrivain la plus anodine des (mauvaises) critiques. Votre réaction, beaucoup trop épidermique, vous desservira beaucoup plus que votre silence. Car le côté « bravache » masquera assurément cette douleur qui vous a fait réagir et crier. J’ai eu le malheur, en tant qu’apprenti éditeur, donc avec une certaine retenue je le crois, de réagir au premier mauvais billet publié sur le web concernant notre premier roman (en l’occurrence, je fulminais gentimment contre ladite blogueuse qui donnait son avis sans avoir achevé le livre). J’en avais mal au ventre, car c’était la toute première critique parue sur le livre (nous n’avions pas encore de presse). Je l’ai même caché plusieurs jours à l’auteur, c’est vous dire à quel point j’en étais malade… Mais ma réaction fut sans doute inadaptée, car c’est devenu maintenant une plaisanterie sur le web, du moins parmi cette communauté de blogueuses : « tiens, si t’es pas sage, Speedy, tu devras lire ledit bouquin en entier et en faire une chronique ! » Aujourd’hui, je préfère en rire. Et plus on parlera du livre, mieux je me porterai en tant qu’éditeur ! Donc, ne répondez plus, Corinne, éloignez-vous de Google quelques mois, ce n’est certainement pas l’ami des jeunes auteurs. Laissez vos lecteurs réagir : ce seront vos meilleurs défenseurs. Car sur le web, les règles ne sont pas les mêmes que dans la presse écrite. Il y a des avantages et des inconvénients. Les avantages, vous les connaissez, et pour un jeune auteur et un petit éditeur sans grands moyens, ils sont fantastiques. Mais certains inconvénients rendent parfois la bulle plus amère : sur le web, la règle du silence n’est pas de rigueur (en presse écrite, on ne parle jamais en mal d’un premier roman : on l’ignore et on le revend sur Ebay, mais est-ce vraiment mieux ?) et la liberté de parole est totale (et ça youpi !). Même si on se prend parfois à souhaiter que cette liberté puisse adopter des formulations plus délicates, plus respectueuses des personnes ou moins vénéneuses. Mais c’est un autre débat. Dans tous les cas, vous avez déjà acquis plusieurs nouveaux lecteurs grâce aux Chroniques et à celle là en particuliers. Que demandez de plus ?

Dire du mal est bien plus facile que dire du bien… Mais là, ne pas avoir compris un roman à ce point et oser en parler de la sorte, ouah! faut être gonflée. Si il y a bien une personne dont on espère qu’elle ne continue pas à écrire, c’est vous. Cela me rappelle ce texte de Barthes qui évoquait la critique qui, ne comprenant pas un livre, le jugeait mauvais ou idiot.
Le roman de Corinne Royer est étonnant. La construction alternée est originale et efficace. L’écriture est parfois déroutante mais elle ne l’est jamais gratuitement.
A découvrir, vraiment.
En attendant le second.

Découvert sur Facebook aux hasards des amis communs, j’ai acheté par curiosité « M comme Mohican » ; Corinne Royer vivant et écrivant dans la région de mon enfance. Je l’ai lu trois fois. Et à chaque fois, je n’ai pas lu tout à fait le même ouvrage. Etonnante et intéressante expérience. Rare. J’aime l’écriture de Corinne Royer, surtout son style. Et je suis sûr qu’elle nous produira d’autres bons livres. A suivre, comme on dit.

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