On ne boit pas les rats-kangourous d'Estelle Nollet

On ne boit pas les rats-kangourousOn ne boit pas les rats-kangourous d’Estelle Nollet chez Albin Michel

D’abord il y a le cadet, l’ingénu Will, lui qui y est né dans ce

No man’s land  du bout du monde. Et puis il y a les autres : Den l’épicier, Sam la tatouée et sa « flasquitude », Blanca « petite poupée à la jupe en jean délavé comme ses jambes » et puis Douglas dit Doug, le simplet qui creuse des trous partout…

Une bande de paumés aux souvenirs sentant la naphtaline, coincée entre une décharge et un virage qui ne mène nulle part.

Heureusement, il reste le café de Dan pour écluser et boire jusqu’à plus soif, boire le vide dans ce désert aux âmes arides entourés de coyotes et de rats-kangourous…

Estelle Nollet signe un premier roman d’une grande humanité, suintant une métaphysique beckettienne, aux personnages déchus et flamboyants soutenus par une écriture imagée nourrie de formules qui font mouche. A recommander et à siroter sans modération…

Chronique réalisée par Chermedia

Quatrième de couverture :

Un bout du monde désolé que borne une décharge. Ceux qui ont échoué là semblent avoir abdiqué tout espoir de futur. Ivres de vide, ils vivent dans un éternel présent qu’ils dissolvent chaque soir jusque tard dans la nuit au bar de Dan, où les échanges sont réduits à l’indifférence, au mépris, parfois à la violence.
Car de ce pays personne ne peut sortir. La plupart y ont renoncé, mais certains ont gravi montagnes et collines, d’autres transforment les objets de la décharge en objets d’art. Un brin d’abondance sort de la corne de l’épicerie de M. Den, l’autre lieu qui rappelle la société du « dehors ».
Celle que ne connaissent pas Willie, 25 ans, et son copain Dig Doug qui sont nés là. Celle que Willie va vouloir se faire raconter par chacun à qui il va rendre par là-même un passé. Le miroir de l’innocence qu’il leur tend pourra-t-il sauver leur avenir ?

Un climat étrange et fort qui s’apparente plus à celui de l’imaginaire américain que du terroir français (le Caldwell de la Grande Dépression, ou le Mc Carthy de la Route).

Un premier roman intense par la force du dialogue, le sens de l’image, le laconisme des personnages, la fantaisie métaphysique, l’art d’évoquer le malheur ordinaire en tenant en éveil constant la fragilité et la curiosité du lecteur.

Bonus : Un entretien vidéo de l’auteur

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7 total comments on this postSubmit yours
  1. Je viens de finir de lire ce livre et j’ai absolument adoré… une histoire originale, on se plonge dans la narration de ce personnage atypique et on ne peux plus s’arreter. §Je salue ce premier roman et attends avec impatience le suivant

  2. Tres bon premier roman. Une histoire rare ,tres prenante

  3. Le titre me parassait loufoque, et du style « il ne faut pas abuser tout de même », mais cette chronique et les comm’ titillent la curiosité!

  4. J’ai franchement aimé ce livre. Il fait partie de mes coups de cœur.
    Une déchéance totale a travers tous les protagonistes et un fin qui nous prouve que les gens peuvent vite se retourner les uns contre les autres quand quelque chose arrive.
    Super premier roman

  5. Un vrai coup de coeur. Un futur film? Cette histoire a tout pour… Envoyez le bouquin à Tarantino, il saura surement quoi en faire!!! Bravo!

  6. 300 pages de huis-clos (ou quasi) sans que le lecteur ne se sente prisonnier, oui c’est fort

  7. ne surtout pas envoyer ce bouquin à Tarantino ou à n’importe quel autre metteur en images.La plus belle vertu de ce bouquin est de suggérer des images, un monde, des personnages qui enrichissent l’imaginaire du lecteur. Que personne ne s’en empare et que chaque lecteur garde sa part de rêve : je suis d’accord pour dire que ce premier roman est une grande réussite. Voilà une écriture digne de bien des auteurs américains (lorsqu’ils sont bien traduits) et on doit pouvoir prédire une belle carrière à une jeune écrivaine creusant déjà si bien son sujet. Chapeau !

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