Le livre des choses perdues de John Connolly Chronique N°1

images-1Le livre des choses perdues de John Connolly aux éditions de L’archipel

Étrange livre de contes qui m’est arrivé entre les mains. De prime abord le « pitch » est appétissant puisque l’auteur semble s’être inspiré de Lewis Carroll et de Winsor McCay (Little Nemo), pour nous proposer un voyage onirique dans un pays de Contes et de Merveilles à la géographie bien altérée.

Effectivement, la géographie des lieux a été revisitée de manière à nous montrer une autre réalité, plus mature, même si l’on est très loin d’un Shrek, ou de la Véritable Histoire du Petit Chaperon Rouge. Passée la première partie, où l’on rencontre le personnage principal, David – un enfant à l’aube de l’adolescence – et dans lequel l’auteur positionne le contexte (perte d’un proche, création d’une nouvelle cellule familiale et refuge dans l’imaginaire des livres), nous basculons, cette loooooongue introduction terminée, avec David dans un monde étrange et merveilleux.

John Connolly s’amuse tout du long des 354 pages à nous faire perdre nos repères, il pratique la mise dans l’abime comme Usain Bolt le cent mètres. Au moment même ou David atterrit dans cet autre monde, le livre happe, réveille le petit garçon (ou la petite fille) qui est en nous, et c’est armés de nos seuls yeux que nous l’accompagnons dans sa quête. Les décors auraient pu être inspirés par la série photos sur les princesses déchues de Dina Goldstein (Fallen Princesses sur  HYPERLINK « www.dinagoldstein.com« , à moins que ce ne fut l’inverse. Dans le cas du livre, les contes de notre enfance y sont revus, passés au scalpel, dans un univers où les rais de lumières sont rares mais apparaissent comme des rayons du soleil au milieu d’un ciel gris, alourdi par des nuages noirs et menaçants.

Ces rayons sont les deux guides que le jeune homme rencontrera et qui lui montreront le chemin vers le vieux roi, détenteur du livre des Choses Perdues. Il est logique, puisque nous évoluons avec David dans un univers de contes, qu’un vieux Roi détienne la solution à sa quête. Mais avant d’y arriver, David devra faire face à une multitude de pièges, de dangers, et surtout de méchants.

Ces derniers sont extrêmement bien trouvés car ils sont antinomiques. Respectivement issus pour l’un de peurs enfantines, pour l’autre de peurs ancestrales, les deux principaux « bad guys » de service sont superbement représentés. Ils inspirent l’un et l’autre la peur et la curiosité. Issus de terreaux universels, ils fonctionnent à merveille. Si le premier est complexe, car extrêmement riche en détails, en ambigüité et en méchanceté, le second lui est basique, animal, animé principalement par la force et la rage.

L’attrait du livre est à mes yeux basé sur la qualité descriptive des tableaux qui le composent. Au début du livre l’auteur dépeint un Londres d’avant seconde guerre mondiale précis, immersif donc forcément sombre. Puis la bascule dans le monde merveilleux nous change totalement d’univers, on y voit les arbres noueux, les yeux jaunes – forcément prêts à nous bondir dessus – qui se dissimulent derrière chaque feuillage. Puis l’épilogue arrive, immanquablement prévisible mais tellement personnel à l’auteur que l’on continue à lire en se disant que l’enfance n’est pas juste un souvenir lointain, qu’il suffit d’une étincelle pour y basculer de nouveau. C’est pour cette étincelle rallumée que je remercie tant l’auteur que les chroniquesdelarentreelitteraire.com de m’avoir fait découvrir ce livre.

Ce livre a été initialement publié en anglais (Irlande) pour le Royaume Unis en 2006. La version française éditée par les éditions L’Archipel a été traduite par Pierre Brévignon. Il sera disponible le 14 octobre 2009.

Chronique réalisée par NOT LUNA

Quatrième de couverture :

Inconsolable depuis la mort de sa mère, David, 12 ans, se réfugie dans les livres pour fuir le remariage de son père et se consoler de la naissance de Georgie, son demi-frère. Un jour, il découvre un trou caché derrière des buissons, au fond dujardin, et se retrouve propulsé dans un univers parallèle, un monde étrange et hostile peuplé de trolls, de sires loups, de créatures hybrides, mi-hommes mi-animaux, et d’autres personnages issus de ses lectures et de son imaginaire… Grâce à l’aide du Garde-Forestier et de Roland, un preux chevalier, il va, après bien des épreuves – combats, énigmes à résoudre… – rencontrer un vieux roi qui conserve ses secrets dans un volume mystérieux, ‘Le Livre des choses perdues‘. Ce dernier, conseillé par l’Homme Biscornu, être maléfique qui suit David depuis son arrivée, lui propose un pacte : la vie de son demi-frère contre son royaume. David trahira-t-il Georgie ?

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5 total comments on this postSubmit yours
  1. Pas mal!! je suis assez tentée par celui-là aussi!

  2. moi même libraire je n’aurai su trouver de meilleurs mots pour décrire cet ouvrage qui fût un vrai régal à la lecture. oui l’enfance n’est pas juste un souvenir lointain ; reste à nous de nous y replonger. A lire.

  3. J’ai 9ans je l ai moi meme lut et il super mega bien je le reconseille.mais j ai une petite question pourquoi « cronique 1 du livre des choses perdues?merci de me repondre

  4. @peuvion : Il y a 2 chroniques de ce livre et pour les différencier nous les avons appelées « chronique 1″ et « chronique 2″

  5. M.A.G.I.S.T.R.A.L. !!! Il n’y a pas d’autres mots pour décrire ce livre. C’est jusqu’ici le meilleur des livres que j’ai lu.
    L’histoire est on ne peut plus originale, c’est à lire ABSOLUMENT ! Délicieux …

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