Assez Parlé D'amour de Hervé Le Tellier

Assez parlé d'amourAssez Parlé D’amour de Hervé Le Tellier aux éditions JC lAttès

« Que celle – ou celui – qui ne veut pas – ou plus – entendre parler d’amour repose ce livre. »

Anna et Louise sont deux femmes mariées, apparemment heureuses, qui ne se connaissent pas, mais qui vont vivre, à quarante ans et en simultané, la naissance d’un nouvel amour, tout neuf. Un amour bouleversant et régénérant. Leurs destins vont se croiser sans jamais se toucher, les sentiments envers leurs amants se développer en douceur, sans drame, comme une évidence.
La première rencontre Yves, écrivain. La seconde, Thomas, psychanalyste.
Près d’elles, les maris savent mais ne disent rien ; les enfants voient et acceptent, à peine inquiets.
Anna et Louise n’ont plus qu’à sonder en elles leurs désirs profonds pour guider leurs pas vers un avenir indécis mais amoureux.

Voilà une histoire, découpée en très courts chapitres, dans laquelle j’ai eu du mal à m’immerger totalement dans sa toute première moitié. Sans doute une indisponibilité d’esprit passagère, car le charme du récit a finalement réussi à me séduire. En effet, la banalité de l’adultère dépassé, nous plongeons dans une douceur de sentiments assez délectable, une description de l’état amoureux assez précise et jubilatoire.
J’ai en fait refermé ce livre, enthousiasmée par ma lecture !

D’après la quatrième de couverture, Hervé Le Tellier, l’auteur, est membre de l’Oulipo. J’ai donc cherché naturellement dans son roman une clé à comprendre, un code. Yves, l’écrivain de l’histoire, semble en donner un indice page 189 : « Yves veut écrire un roman à six personnages. Il associera chacun d’entre eux aux numéros des dominos, le zéro valant pour un personnage secondaire, jamais le même. Le roman reproduira le déroulement d’une partie de dominos abkhazes… », et l’on se prend à penser que l’on est sans doute en train de le lire ce fameux roman, pour lequel Anna suggère qu’Yves mette « amour » dans le titre …

Mais ne rien savoir d’un éventuel stratagème préexistant, ne rien deviner de l’attribution des rôles, ne gêne en rien cette lecture, qui restera certainement pour moi un bien joli souvenir.

« Mentalement, Louise a d’abord rempli des listes, aligné des colonnes. Elle a construit un quadrillage aussi rationnel que les blocks d’une ville américaine. Une colonne Pour quitter Romain. Une colonne Contre. « Je t’aime encore », dans la colonne Pour. Ou plutôt, elle aime encore l’avoir aimé, c’est comme l’arrière-goût sucré d’un café. « Je ne t’aime plus », dans la colonne Contre. Ou plutôt, elle ne l’aime plus comme il faudrait qu’elle l’aime pour continuer à l’aimer. »

Chronique réalisée par Les écrits d’Antigone

Quatrième de couverture :

« La planète connut cette année-là son automne le plus chaud depuis cinq siècles. Mais de la clémence providentielle du climat, qui joua peut-être son rôle, il ne sera plus question. Ce récit couvre l’espace de trois mois et même un peu plus. Que celle – ou celui – qui ne veut pas – ou plus – entendre parler d’amour repose ce livre. » Ainsi commence Assez parlé d’amour. Anna et Louise pourraient être sœurs, mais ne se connaissent pas. Elles sont mariées, mères, heureuses. Presque le même jour, Anna la psychiatre va croiser la route de Yves, l’écrivain, Louise l’avocate croise celle de l’analyste d’Anna, Thomas. À quarante ans, à ce tournant d’une vie qui ne comporte pourtant que cela, la foudre est encore permise, mais quand on a cru – à tort – que la vie était à jamais tracée, le désir et la liberté se payent cher et comptant.Hervé Le Tellier, en horloger délicat, trace la parabole de leurs trajectoires. Amoureux de ses personnages, il dessine une galerie de portraits tendres et sans pitié de femmes, d’amants et de maris.

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