Le grand exil de Franck Pavloff

GRAND_EXIL_couv.qxd Le grand exil de Franck Pavloff chez Albin Michel éditeur

J’avais déjà eu l’occasion de découvrir cet auteur avec le très court mais non moins percutant récit, Matin brun. Ainsi découvrir Le grand exil avant tout le monde fut-il un plaisir à part entière, une occasion de renouer avec un auteur qui avait su me surprendre.

De quoi ça parle :

Le récit fait se croiser plusieurs destins, plusieurs personnages hauts en couleur.

Tout d’abord, Tchaka qui arrive dont ne sait où et se fait engager comme jardinier chez l’une des plus grosses familles d’Equateur. Il semble à l’écoute des signes et guette l’éruption imminente du volcan. Son chemin va croiser celui de Lucia qui a le projet fou de se mettre en travers du trafic des passeurs. En effet, nombreux sont les gens désireux de tenter leur chance dans des pays moins hostiles et qui sont prêts à s’endetter au-delà de toute raison pour pouvoir fuir leur pays. Selmo est un jeune homme du coin et il va se retrouver embarqué dans l’ambitieux projet de Lucia qui est d’aider gratuitement les candidats à un monde meilleur.

Mais le destin ne semble pas prêt à aider ces personnages et le volcan menace d’entrer en éruption à tout instant.

Ce que j’en ai pensé :

Franck Pavloff signe là un récit engagé dans lequel il dénonce les conditions de vie misérables des équatoriens ainsi que de l’ignoble chantage auquel ils sont soumis. Toutefois cela ne constitue pas

Je dois avouer que je si j’ai globalement pris plaisir à découvrir ce nouveau roman, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher à l’intrigue. Peut-être d’ailleurs parce que d’intrigue il n’est pas réellement question. Ni d’une galerie de portrais non plus d’ailleurs. Finalement, l’événement ne serait-il pas l’éruption du volcan qui est le seul à ne pas avorter, au contraire des projets des protagonistes de l’histoire ? Malgré les motivations de chacun, la nature, implacable, dicte sa loi décidant à elle seule du destin de tous.

La question que semble poser ce récit c’est celui de l’exil, c’est-à-dire ce qui le motive mais aussi ce que ça représente pour chacun d’entre nous. Il y a l’exil des postulants à l’émigration, l’exil de ceux qui vont devoir fuir le volcan mais aussi ceux dont l’exil est finalement intérieur, dans la quête de soi.

L’auteur offre à son lecteur des descriptions foisonnantes et une langue des plus travaillées, l’emmenant dans un festival de sensations. Toutefois, il m’a fallu la moitié du roman pour comprendre les liens qui pouvaient se tisser entre ces différentes destinées par quoi ils étaient motivés. Un régal littéraire malgré tout.

Je ne connais pas suffisamment l’auteur pour émettre un jugement définitif mais je l’ai pour l’instant trouvé plus convaincant dans la forme brève.

Chronique rédigée par Mille et une pages

Quatrième de couverture :

Dans la ville de Banos de Agua Santa, au centre de l’Equateur, vient d’arriver un étranger, Tchaka, qui se fait engager comme jardinier par un grand propriétaire terrien. Installé sur les pentes du volcan Tungurahua dont il pressent la reprise d’activité, il découvre qu’une jeune femme y a établi en secret un camp de base pour faire passer la frontière aux candidats à l’émigration sans qu’ils tombent sous la coupe des « coyotes ». Pourquoi ont-ils échoué dans cette zone à risque où l’éruption peut à chaque instant tout saccager, est-ce le prix à payer pour qu’ils se réconcilient avec leur passé ?

Par l’auteur de Matin brun et du Pont de Ran-Mositar, prix France Télévision 2005, un roman magnifique, sensuel et luxuriant sur l’exil, la condition humaine, la beauté et la violence d’une nature capable d’exaspérer ou de briser les passions les plus fortes.

Auteur culte de Matin brun, succès international publié dans toutes les langues, Franck Pavloff a tout d’abord publié des romans policiers puis chez Albin Michel Haute est la tour, Le Pont de Ran-Mositar et La Chapelle des apparences.
Sélectionné pour de nombreux prix (Goncourt des lycéens, Giono, Interallié entre autres), Le Pont de Ran-Mositar a reçu le prix France Télévision en 2005.
L’auteur vit entre Grenoble et Gap.


Voter : 1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars
Loading ... Loading ...

Votez pour soutenir ce livre pour le Grand Prix Littéraire du Web
4 total comments on this postSubmit yours
  1. Chronique objective et claire, et je découvre grâce à toi ce roman. Merci!

  2. Je t’en prie ;)

  3. pas aimé du tout, il ne se passe pas grand chose…

  4. Un livre qui se tient par la force de son style, uniquement

Submit your comment

Please enter your name

Your name is required

Please enter a valid email address

An email address is required

Please enter your message

Twitter

  • May 5, 2012 16:40

    Dans un avion pour Caracas de Charles Dantzig: « On ne lit pas pour le livre, on lit pour soi. Il n’y a pas plus... http://t.co/OTPBM0ji

  • May 3, 2012 15:21

    Le révélateur de Mireille Juchau: En photographie le révélateur est un produit chimique qui permet de faire appa... http://t.co/PFJJpSUb

  • April 25, 2012 16:48

    Dans la route de Maryline Desbiolles: Les routes n’ont ni début ni fin. Elle ne vont pas du point A au point B e... http://t.co/onKx9zl9

  • April 19, 2012 14:51

    Jesus Man de Christos Tsiolkas: « Vieille Australie blanche veut la guerre Jeune Australie blanche veut la paix ... http://t.co/gZVpe8st

  • April 16, 2012 12:16

    La bataille de l’Occident et Congo d’ Eric Vuillard: Du fond des temps immémoriaux les hommes mènent batailles e... http://t.co/i2HtOKJB

A propos

Chroniques de la rentrée littéraire est un défi lancé par le monde du livre à la blogosphère littéraire :
chroniquer une majorité des parutions romanesques de l’année.
En regroupant 300 bloggeurs
littéraires, Chroniques de la rentrée littéraire est un intermédiaire permettant à chaque livre d’être lu
par au moins un lecteur expert, en toute liberté de ton.

Chroniques de la rentrée littéraire © 2012 All Rights Reserved