Nouveaux Indiens de Jocelyn Bonnerave chronique N°2

Nouveaux indiensNouveaux Indiens de Jocelyn Bonnerave aux éditions du Seuil

Résumé :

A., un anthropologue, traverse l’Atlantique jusqu’à San Francisco pour observer, étudier, un groupe de musiciens. A. découvre alors le microcosme que consitutue l’école Mills, les affres, les joies, les peines de la vie estudiantine, qui tentent de cohabiter avec les exigences et la rigueur des pratiques artistiques de l’école.

Mon avis :

Soyons clairs, soyons francs: je n’ai pas aimé ce livre.
Tout d’abord, je n’ai ressenti absolument… rien. Rien. Rien. Alors que l’anthropologue « enquête » sur la mort d’une étudiante anorexique. Alors que l’anthropologue côtoie le conjoint veuf. Alors que l’anthropologue remoue avec fracas les silences, les peines des uns et des autres. Alors qu’il secoue les deuils, en quelque sorte. A nouveau, rien. Alors que l’anthropologue est cerné de contrebasse, de flûte, de piano… de musique, en bref. Mais ici, pas une note. Pas un émoi.
Ensuite, et cela rejoint la musique: le style ne vibre pas. Il est décousu à tel point qu’on ne parvient pas à suivre le narrateur. Syntaxe déconstruite, ponctuation en fuite… C’est dur. L’auteur a voulu mêler le fond à la forme: l’anthropologue a du mal à s’adapter au décalage, à ce nouveau rythme, ce nouveau monde. Mais comment dire? La mayonnaise ne prend pas.
Enfin, quel horrible vocabulaire! L’auteur veut son style « instruit », on le sent à travers son choix des mots. Mais, sans crier gare, il glisse une expression du type: « je vais pisser » ou « l’odeur de ma gerbe », ou encore « Barry était un putain de collectionneur », enfin « N’empêche, je vais vomir », enfin « les gros » (pour parler avec respect des autres). Que c’est familier, vulgaire! Et je ne parle pas de l’abus d’anglicismes! Et un « jet lag » par ci et un « no jet lag » par là… Que c’est fatigant! Et ridicule, presque snob… Tout ça n’a pas lieu d’être dans un livre qui se veut « sérieux », me semble-t-il…
Pour terminer, une fois la (laborieuse) lecture achevée, je me demande encore quel peut bien être le sens de ce livre. Que veut démontrer l’auteur? Que cherche-t-il à dire? Qu’on ne change pas, que l’histoire se répète, qu’il y a toujours des Sauvages mais que les Sauvages d’aujourd’hui ne sont pas ceux qu’on croit? Bref, c’est peut-être un livre du « non-sens » finalement…
Je ne suis pas « entrée » dans ce livre. Il m’a ennuyée et je pense vite l’oublier.

Pour le plaisir (et pour illustrer le « non sens », la rigueur scientifique de l’anthropologue), une citation:

« Tous les gros sont une armée d’anges, et comme parfois c’est de l’air et plus du gras qui les gonfle, ils n’ont pas besoin d’ailes pour flotter dans les rues. C’est drôle d’imaginer l’impossible partouze entre tous ceux-là. S’ils partouzent c’est qu’ils ont un sexe, dès qu’ils ont un sexe, ils ne partouzent plus. Ils partouzent peut-être tout le temps rien qu’en respirant, sans y penser, en étant là à mélanger les sexes chacun dans son corps, tous dans le même gras comme la baie trempe dans le même vin. »

Chronique réalisée par Mariel du blog Les Carabistouilles de Marie

Quatrième de couverture :

A., un jeune anthropologue français, débarque sur le campus d’une prestigieuse université californienne. Il est venu observer un professeur qui dispense à ses étudiants des théories très originales. Mais notre chercheur s’intéresse également à son environnement plus immédiat : on est en pleine campagne pour les présidentielles de 2004, le duel John Kerry-Georges W. Bush bat son plein. Il y a aussi de curieuses affiches placardées un peu partout sur le campus, à l’effigie d’une ravissante étudiante, Mary, morte dans des circonstances un peu troubles. Petit à petit, Mary va devenir le véritable sujet d’étude de A. : anorexique, elle menait aussi des recherches sur le cannibalisme de certaines peuplades indiennes d’Amérique du Sud. Avec Barry, son petit ami, elle avait même réalisé un documentaire. A. découvre finalement que les cannibales ne sont pas forcément ceux qu’on croit : en effet, Barry aurait tourné un snuff movie avec Mary dans le rôle du plat de résistance…


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2 total comments on this postSubmit yours
  1. J’ai lu ce livre et je partage les avis de nombreux bloggeurs: je ne comprends pas ce récit. Je n’ai pas aimé non plus le style et les « délires » du pseudo-héros.
    Votre critique résume assez bien finalement mes pensées.

  2. Bonjour,je t ‘ai donné mon adresse mail ,sur le fil d’archal.
    Bonne journée .Hécate

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