Les restes de Jean-Jacques de Pierre Stasse

Les restes de Jean-JacquesLes restes de Jean-Jacques de Pierre Stasse aux éditions Flammarion

Il paraîtrait que le chien est le meilleur ami de l’homme. Proverbe souvent observé. Rien n’est moins sûr en vérité. Il faut toujours se méfier, surtout quand l’animal en question s’appelle Jean-Jacques. En fait, le chien n’y est pour rien. Mais comme pour le philosophe, Jean-Jacques sera le sujet d’une controverse.

Alors qu’il végète dans son salon, sa petite amie Manon fait son apparition. Paul est au chômage. Manon travaille. Le couple bat de l’aile. Une énième dispute éclate. Manon revient à la charge. Paul doit trouver du travail. Facile à dire. Moins facile à faire surtout lorsqu’on ne sait pas ce quel métier exercer. L’orage aurait pu passer si Paul n’avait pas oublié de nourrir Jean-Jacques, le chien de Manon. Cerise sur le gâteau, il n’y a plus de croquettes. Alors en toute discrétion, il nourrit le cabot qu’il déteste, des restes du frigo.

Grossière erreur. Alors qu’il rêvasse dans le canapé, Paul se retrouve nez à nez avec le canon d’un fusil pointé sur lui. Deux détonations plus tard, on retrouve Paul réfugié chez son ami Micky.

Cet incipit déconcertant n’est qu’une des multiples scènes fantasques qui jalonnent ce roman. Truffé d’humour, le texte nous entraîne avec gaieté et légèreté dans une joyeuse effervescence. L’intrigue est parfaitement maîtrisée, impossible de s’ennuyer. Les personnages sont attachants. Il y a Paul. Mais il y a aussi Micky et Anouchka, Kristine et Vania, Leila et Ilias. Chacun mène sa barque dans le flot des aléas de la vie. Tous ligués contre les miliciens, tous unis de New York au Canada, de la Russie à Paris, de la prison à la pension.

Les restes de Jean-Jacques est un texte détonnant. Saisissant dès le premier chapitre, le roman tient ses promesses. Il démarre sur les chapeaux de roues et continue sur sa lancée jusqu’à l’arrivée. Le style est travaillé, la construction soignée. Les personnages sont crédibles, l’histoire se tient. Soyons honnêtes, pour un premier roman, c’est vraiment bien.

Pierre Stasse est un bon cuisinier. Il réunit tous les ingrédients pour nous accrocher. Emouvant, poignant, assaisonné d’humour, les restes de Jean Jacques sont loin d’en être : on nous aura menti, c’est un vrai festin.

Chronique réalisée par ActuaLitté

Quatrième de couverture :

« J’étais désarçonné. Manon venait de faire feu sur moi à deux reprises et pleurait comme une adolescente en proie au doute du premier amour. Ou simplement pleurait-elle comme n’importe qui ? N’importe qui avec un fusil.
Je ne pus prononcer le moindre mot et sortis avec un sac de vêtements. J’étais comme ivre de peur comprimée. Je ne cessais de murmurer, assez bas pour être mon unique confident : « Je suis Paul Léonard et je suis en vie, je suis Paul Léonard et je suis en vie. »
Clairement, nous devenions tous fous. »

Dans cette aventure réjouissante et fantasque, Paul Léonard, rêveur en attente d’une situation financièrement plus favorable, aura pour complices une fratrie russe et déjantée, une romancière de gare, un éditeur new-yorkais, quelques miliciens, et un teckel convaincu d’être un berger allemand. Bien entendu, il enterrera les mauvaises personnes et aimera, aimera inconsidérément, les bonnes.



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