Une fois deux d'Iris Hanika

Une fois deuxUne fois deux d’Iris Hanika aux éditions Les allusifs

Un homme. Une femme. Une infinité d’actes manqués. Iris Hanika installe sans complexes ni tabous son microscope au bureau de Freud, pour analyser ce phénomène fascinant qu’est la rencontre.

Thomas, ingénieur- système, entre O-Paradis, un des nombreux bars de Berlin, avec la ferme intention de noyer dans la bière une journée infernale. Là, il aperçoit Senta telle une apparition christique et c’est la révélation. Son idéal féminin, fait chair. Elle, galeriste venue ruminer sur une relation décevante, est pareillement saisie à la vue de Thomas.

Deux regards qui se croisent, quelques pas de l’un vers l’autre et c’est l’histoire universelle de la rencontre amoureuse qui prend forme. C’est Thomas et Senta, cela aurait pu être mes voisins de palier, ou vous et moi.

Pourtant, Une Fois Deux n’est pas coutume. Ici, aucun artifice romanesque pour mener l’intrigue tambour battant à son dénouement. Iris Hanika fait fi des conventions du genre, avec une maîtrise inouïe des techniques narratives. Tour à tour externe ou interne à l’extrême, la focalisation sur les personnages de Senta et Thomas met à nu les processus qui sous- tendent leurs actions.

Aucune réticence qui n’est cachée, nul motif inavouable. À la façon d’une anthropologue, la narratrice explore les moindres recoins de la conscience, jusqu’à ses ombres. Sous son regard méticuleux et teinté d’un humour tranchant, Thomas et Senta jouent à cache-cache.

Il ne suffit pas d’être deux pour danser le tango, il est crucial d’être synchrones. De balbutiements en hésitations, de malentendus en mésententes, ces personnages expriment non sans tendresse la difficulté d’être à deux. Quel supplice plus cruel que celui de vouloir cheminer ensemble, et ne pas réussir à l’exprimer d’une façon intelligible pour l’autre ? Thomas et Senta sont incomparablement touchants dans le réalisme profond de leurs tribulations. Sans fards, mais sans désespoir.

Une Fois Deux est tout sauf l’une de ces improbables bluettes parfumées d’eau de rose, qu’on lit comme on l’oublie sur un coin de table. C’est votre propre histoire qui est là, sous vos yeux.

Chronique réalisée par ActuaLitté

Quatrième de couverture :

Senta et Thomas, deux personnes que tout oppose, tombent l’un sur l’autre dans un café du quartier de Kreuzberg à Berlin. Coup de foudre, coup de fil et tremblement du temps, la rencontre est scellée en 127 secondes. Très vite le doute s’installe, la pièce sur la félicité amoureuse exige des répétitions, le théâtre flambe et les monologues intérieurs des protagonistes mettent en scène leur résistance émue, surprise et effrayée face à la confrontation respective à The man I love et à la femme idéale. De l’analyse scientifique du sanglot au fragment du discours informatique amoureux, un véritable arsenal stylistique est convoqué pour dynamiter leur relation découpée au scalpel avec un humour désopilant, le tout sous le ciel caniculaire de la ville de Berlin en été, croquée avec la finesse précise d’une Berlinoise d’adoption.



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