La revanche des otaries de Vincent Wackenheim

La revanche des otariesLa revanche des otaries de Vincent Wackenheim aux éditions Le Dilettante

Dieu fit le monde, les oiseaux, la lumière, les congés payés et la pilule du lendemain et vit que tout ça était bon. Sauf qu’à Sodome et Gomorrhe, personne n’appliquait la législation en vigueur et les consignes du Tout-Puissant. Une sorte de constante dans la Création : personne ne l’écoute vraiment… Alors, hop !, Déluge ! Mais avant cela, confier à Noé l’Arche – entre celle d’Alliance et celle des animaux, ça fait beaucoup… – qui abritera les bestioles par paires (et pas simplement de fesses), pour recommencer, la même chose, en mieux, et ailleurs.

Un beau matin, alors que Noé finit sa nuit d’amour avec une otarie (on vous expliquera après…), l’Arche s’agite : deux DinoZores sont apparus. Comme ça. Sans avertir personne. Sauver la création, d’accord, mais celle qui a déjà disparu, faut-il la ressusciter ? Et avez vous pensé au bruit et l’odeur de deux bestiaux de 20 mètres de long ? Ça fait jaser… Surtout que la Communauté de l’Arche – qui vaut amplement celle de l’Anneau – n’est pas du genre baba cool, plutôt procédurière. On passe de Commission en Assemblée, et de Vote en Plebiscite, pour déterminer comment l’on va aborder la question des resquilleurs clandestins…

Et peu à peu l’insurrection gronde : l’autorité de Noé, qui doit même se priver des calins de la petite biche, est sapée, grignotée progressivement. Et les animaux se rebiffent : toutes ces lois que l’on avait instaurées s’effritent. Les deux DinoZores sèment la panique. Qui contraindra les carnivores à poursuivre leur régime laitue et laisser leurs plats du jour tranquilles ? Comment faire respecter les règles linguistiques fixées, qui restreignent toute utilisation d’expression où une bête serait évoquée ? La femme de Noé sait-elle que son mari est zoophile ?

Et le Peer To Peer : contrôlera-t-on la prolifération des couples, interdits de procréer pour d’évidentes raisons logistiques ?

La Revanche des Otaries, c’est un peu des Monty Python, avec un zeste de grand n’importe quoi, que l’on aurait saupoudré de théologie à scandale. Pas encore interdit par le Vatican, ce qui ne saurait tarder, le livre de Vincent est bourré d’humour potache, de révélations stupéfiantes et de divines âneries… Autrement dit, un panaché d’excellence pour amateurs de blasphème qui ne mange pas de pain – béni, évidemment.

Un Noé zoophile, des animaux plus humains que jamais, une société procédurière, le tout aménagé avec une plume qui alterne anachronismes et murmures divins, tout est réuni pour une apocalypse (au sens étymologique, grec, donc, de Révélation) qui laissera pantois. Inutile de vous dire que l’on s’amuse avec ce patchwork de satires, de satyres et d’intrus, qui tombent à point nommé, pour mettre une joyeuse pagaille.

Alléluia, priez avec moi : la fin du monde approche, rien ne nous dit que Noé parviendra à destination, alors en attendant, passez une excellente traversée, en compagnie de l’équipage et de son capitaine. Attention cependant aux secousses…

Chronique réalisée par ActuaLitté

Quatrième de couverture :

De la bouche des enfants sortent souvent, outre des vérités toutes crues, moult questions d’une évidence abyssale. Les éluder serait criminel ; y répondre est suicidaire. « Y avait-il des dinosaures dans l’Arche de Noé ? », a un jour confié à son père la jeune Constance Wackenheim, songeant sans doute que son père datait du carbonifère, en tout cas était du bois dont on fait les radeaux diluviens. Le très digne Vincent Wackenheim, dos collé au mur des siècles, a donc élaboré une réponse, que voici. Panique à bord, donc, ce matin où Noé, qui a pourtant purgé la « zoopole » de tout un fourniment de bizarreries à pattes, à poil ou à cornes, se retrouve avec une paire de dinos bien calés au fond de l’Arche. Soucieux d’ordre à bord, il mande le tout-Arche qui décide de faire avec ; une règle de « savoir-survivre » est par ailleurs édictée qui veut qu’on ne se mange pas entre membres, que si, eh bien on est mis à l’eau, les victimes d’amputation génitale seront extradées (pour les inutiles, il n’y a que la baille qui aille) ; la direction s’engage par ailleurs à nourrir les embarqués. Mais point sournoisement dans l’encéphale pourtant ténu des dignes animaux l’idée que les dinos ne sont sans doute pas si bêtes que ça, donc mangeables à souhait. Par ailleurs, ils pèsent, et lourd, et dans un milieu où la fornication a été réduite à rien pour cause d’espace restreint. Mais foin du décret, crie la faune, et bête à deux dos de se multiplier. Peu à peu, la croisière abuse : désordre s’installe et Noé se voit menacé. Il était temps que la très cornarde madame Noé prenne les choses en main et fasse disparaître les bêtes écailleuses dont la volatilisation génère illico trouble et révolte parmi la gent (plus très gente) animale : dégâts, déprédations. Arche alors de sombrer et Noé de périr. Reste Dieu (comme toujours) dont les jours sont comptés. Je ne sais pas si Constance va apprécier. Ci-joint, donc, la Genèse version Wackenheim, associative et entropique. Et maintenant, en avant, Arche !



une petite faim de culture ? inscrivez vous à la newsletter
Share This
WordPress Video Lightbox Plugin