Le Voyage d'hiver d'Amélie Nothomb

Le voyage d'hiverLe Voyage d’hiver d’Amélie Nothomb aux éditions Albin Michel

Résumé : « Il n’y a pas d’échec amoureux. » – Amélie Nothomb -
Amélie poursuit avec humour et auto-dérision l’inventaire des personnages « extraordinaires » qui hantent ses romans.

Mon humble avis : Un homme est dans un aéroport. Il s’apprête à monter dans un avion qu’il prévoit de détourner et de mener au crash. Quelle tragédie amoureuse lui a inspiré un tel acte ? C’est par écrit qu’il se confesse…
Dès les premières pages, il n’y a pas de doute, nous y sommes. Où ça ? Mais dans un roman d’Amélie Nothomb pardi ! Oui, tout y est… L’univers clos et décalé de quelques personnages. L’absurde qui devient possible. L’humour qui s’entremêle avec le cynisme et la cruauté. Les mots si insolites qu’ils vous font utiliser avec jouissance votre dictionnaire. Des prénoms improbables qui nous étonnent et nous amusent toujours – ici Zoïle et Astrolabe, mais où va-t-elle chercher tout cela ??- Et bien sûr, une bonne dose d’autodérision – Nothomb ne se moque-t-elle pas des ces éditeurs qui placardent la photo des auteurs en pleine couverture ?!!! Enfin, il n’y a que notre auteur belge préférée pour oser user d’une « madame pipi d’aéroport » comme d’un argument.
Une fois de plus, Amélie Nothomb nous captive par l’atypie de son histoire et l’anormalité de ses personnages qui ne connaissent pas de limite dans l’excentricité. Le génie de l’auteur est là : d’un personnage banal éprouvant un sentiment commun, elle fait du fantaisiste et de l’extraordinaire, au sens littéral du terme. Et, c’est en exagérant les travers de ces personnages qu’Amélie Nothomb dresse à nouveau un portrait pragmatique du genre humain et de son immoralité. Voilà pour le fond…
Pour la forme, je dirais que l’écriture est, comme d’habitude, ciselée. Le style est clair et  efficace. Amélie Nothomb va droit au but et ne nous encombre pas de détails inutiles dans le seul objectif d’écrire un pavé pour coller à l’époque. Ses livres ne sont jamais épais. Mais celui ci aurait gagné en qualité avec quelques pages supplémentaires. Certaines réflexions auraient mérité plus de développement. Et, une fois de plus, j’ai trouvé la fin un peu expédiée… Amélie, pour être complètement à ma cause acquise – vous n’en êtes pas loin d’ailleurs- s’il vous plaît, soigner un brin plus vos chutes !
Vous l’aurez compris, j’ai bien aimé ce livre, j’y ai trouvé mes repères… et ce que je cherchais, ni plus, ni moins.

Morceaux choisis :

 » A quinze ans, il y a une ardeur de l’intelligence qu’il importe d’attraper : comme certaines comètes, elle ne repassera plus ».

« On en veut jamais autant aux gens que quand ils n’y sont pour rien ».

« On est vraiment indulgent que quand on est amoureux fou ; dès qu’on aime moins, la vacherie naturelle reprend le dessus ».

Chronique réalisée par Les coups de coeurs de Géraldine



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