Meurtres entre soeurs de Willa Marsh

Meurtres entre soeursMeurtres entre soeurs de Willa Marsh aux éditions Autrement

« Voilà cinquante ans que ça dure. »

Le père d’Olivia et la mère d’Emily, veufs tous les deux, se marient. Les deux fillettes n’ont rien en commun mais vont devoir cohabiter. Alors qu’elles sont baptisées « demi-soeurs », les hostilités commencent. Rapidement, elles feront toutes deux alliance et utiliseront la culpabilité de leurs parents afin d’obtenir ce qu’elles désirent. Le règne des deux manipulatrices prend fin à la naissance de Rosie, bébé « légitime » du couple…

Le titre en français est, pour une fois, très bien choisi. Le titre original (Sisters under the skin) l’est également mais dans cette lecture, la définition de « meurtre » prend une couleur différente au fil des pages. Inutile d’assassiner pour tuer. On peut tout à fait préméditer un meurtre et appliquer son plan sans effusion de sang. C’est la vie de sa victime que l’on abat même si elle continue de vivre, c’est son cœur que l’on transperce même s’il persiste à battre.

Willa Marsh, que je ne connaissais pas, écrit les mots comme une araignée qui tisse sa toile. Au fil des pages, les fils se croisent, de fil en fil, les pages se tournent. L’étau se resserre, l’humour est grinçant, le piège machiavélique se referme avec une brutalité psychologique diabolique. Le venin agit, on est paralysé jusqu’au châtiment final.

C’est terrrrrrrrriblement bon, délicieusement immoral et cyniquement drôle. Ne vous attendez pas à un polar ou à un thriller érotique (le genre frangines se battant dans la boue). C’est finement nuancé dans une lenteur presque insupportable. On a envie de tuer à notre tour, de frapper, de pousser dans les escaliers. Le tabou percé résulte sur quelques bonnes surprises et la définition des liens fraternels en sort bouleversée.

Chronique réalisée par le blog Audouchoc

Quatrième de couverture :

« Liv » et « Em » grandissent dans l’Angleterre des années 50. La guerre a rendu veuf le père de l’une et la mère de l’autre, qui forment ensemble un nouveau couple. Seulement, « Mo » et « Pa » ne veulent pas s’arrêter là : ils font un autre enfant. Ce sera une troisième fille, Rosie, leur préférée, pourrie-gâtée. Sentant le profit qu’elle peut tirer de la situation, Rosie, sous des airs innocents, est une vraie peste, pleine de malice, jalouse de ses deux grandes sœurs. Si jalouse et si sournoise qu’à l’adolescence, elle parvient par de faux scandales à gâcher leurs espoirs de mariage. Mariée ensuite pour sa part à « Rup », un agent de change aussi peu scrupuleux qu’elle, Rosie donne naissance à Alice, qui ne tournera pas beaucoup mieux que sa mère, devenant une petite junkie sans scrupules. Rosie, Rup et Alice franchissent un pas supplémentaire dans l’intrigue cynique en convoitant la maison familiale, où sont restées vivre Mo, Liv et Em, rejointes par « Pam », la tante américaine. Entre difficultés matérielles et fous rires complices, les quatre femmes résistent – avec le fréquent secours d’une lampée de gin. Pour s’en sortir, Liv et Em vont devoir esquiver les mauvais coups de Rosie, Rup et Alice – quitte à aller jusqu’au meurtre « involontaire » !

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2 total comments on this postSubmit yours
  1. J’ai du coup très envie de le lire !

  2. Oui c’est un auteur à découvrir, c’est bon signe quand on est à la fois impatient et triste à l’idée d’arriver à la fin et je trouve aussi cette critique bien écrite (  » inutile d’assassiner pour tuer », ou  » la définition des liens fraternels en sort bouleversée »). Mais suite à un pb de saisie je n’ai pas eu le temps de mettre plein d’étoiles partout, une seule s’est inscrite donc vous pouvez effacer si vous le pouvez ce malheureux  » 1″.

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