SMS de Laurent Bénégui

SMSSMS de Laurent Bénégui aux éditions Julliard

Vous avez tous connu des journées où l’on se dit qu’on aurait mieux fait de rester couché. On ne trouve plus ses clés, on oublie un document important pour le boulot, on cherche désespérément la chaussette semblable à celle qu’on a déjà enfilée… Ce n’est rien à côté de la journée qui commence pour Laurent : sa maison prend l’eau lors d’une tempête, puis son fils lui vomit dessus lorsqu’il le conduit à l’école, puis il reçoit un message destiné à sa femme et comprend que celle-ci le trompe… Là, c’est déjà grave. Mais ce n’est pas tout. Il se fait ensuite voler son portable, son fils disparaît, sa maison brûle, sa femme le quitte, le comptable de la boîte qu’il dirige se fait la belle avec la caisse. Et pire encore, mais je ne vous dirais pas tout !

SMS est le premier roman de la rentrée littéraire à m’avoir enthousiasmée. J’ai beaucoup ri au début des mésaventures de Laurent, puis compati, puis cherché avec lui des solutions plus ou moins catholiques. Mais, si les malheurs s’enchaînent, on ne perd à aucun moment le sourire. Ce livre a la grande force d’allier à la fois situations cocasses et rebondissements multiples, rire et rythme. Laurent, qui subit toutes ces catastrophes en un temps record, passe du rang du type médiocre dans tout ce qu’il entreprend à celui de héros face à des problèmes qu’il n’a jamais souhaités et qu’il n’a surtout pas vus venir.

Laurent m’a été éminemment sympathique (sauf dans le cas du vol du téléphone portable, mais je ne peux entrer dans les détails !) : d’un coup tous ceux qui gravitent autour de lui semblent avoir maille à partir avec lui. On ne peut s’empêcher de se demander ce qu’on ferait dans son cas. Et aller se recoucher ne résoud rien !

Ce fut un vrai bonheur que cet instant en compagnie de Laurent, qui ne s’étale pas plus longtemps que sur quelques jours : le livre se lit rapidement. Je l’ai dévoré pour savoir comment tout cela allait se terminer, et la fin ne m’a pas déçue. Laurent Bénégui, dont vous constaterez qu’il porte le même prénom que son personnage, a signé là un petit bijou habilement ficelé et fort agréable à lire et sans prise de tête, une vraie parenthèse de bonne humeur malgré les péripéties malheureuses de son héros. Merci, M. Bénégui, de m’avoir réconciliée avec cette rentrée littéraire ! Et, puisque ce n’est pas votre coup d’essai, j’irai très vite faire un tour du côté de vos précédents ouvrages…

Chronique réalisée par Le blog de Neph

Quatrième de couverture :

« C’est un jour de tempête. La maison est inondée. La banquière vient de m’annoncer un découvert de 200 000 euros et mon fils a une otite. Je le porte dans les bras quand mon téléphone sonne. En décrochant, je reçois un grand coup sur la tête et deux types m’arrachent mon portable. Alors je lâche Milo et me lance à leur poursuite. Je pense à cette fuite dans mon toit, aux trafics de mon comptable et à ce SMS qui enjoint ma femme de quitter son con de mari. Je rattrape mon agresseur, mais il traverse. Crissement de pneus. Je me jette en arrière. L’Audi dérape sur la chaussée et me renverse. Le conducteur jaillit, furieux parce que j’ai abîmé son capot. J’essaye de parlementer. Il me répond par une décharge de Taser. Je suis tétanisé, allongé dans le caniveau, quand me vient soudain à l’esprit que j’ai abandonné mon fils de 4 ans depuis dix minutes. À mon retour, Milo a disparu…» Terrifiant, irrésistible, ce roman de Laurent Bénégui renoue avec l’humour et la cruauté qui, depuis Au petit Marguery, ont fait le succès de ses comédies.

Voter : 1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars
Loading ... Loading ...

Votez pour soutenir ce livre pour le Grand Prix Littéraire du Web
Submit your comment

Please enter your name

Your name is required

Please enter a valid email address

An email address is required

Please enter your message

Twitter

  • February 8, 2012 16:44

    Alice de Judith Hermann: Micha, Conrad, Richard, Malte, Raymond, cinq hommes, cinq décès dans l’entourage  d’Ali... http://t.co/kkaCSGmq

  • February 6, 2012 19:42

    Mélancolie vandale de Jean-Yves Cendray: Comment ne pas lire un roman réaliste sur Berlin sans penser immédiatem... http://t.co/hl0mE49L

  • February 3, 2012 15:13

    La petite fille qui aimait la lumière de Cyril Massarotto: « Les autres » avaient pour but d’éradiquer la ville ... http://t.co/XtHUyn52

  • January 31, 2012 22:43

    Icare Trahi de Jean-Paul Auffray: Evariste Galois, jeune enfant de son siècle, révolté et puissant, aurait 200 a... http://t.co/xY3hxfPd

  • January 31, 2012 20:58

    Baby Leg de Brian Evenson: “Passé/Présent” et “Ici/Ailleurs” coupent en deux le nouveau roman de Brian Evenson. ... http://t.co/LZr0Nnca

A propos

Chroniques de la rentrée littéraire est un défi lancé par le monde du livre à la blogosphère littéraire :
chroniquer une majorité des parutions romanesques de l’année.
En regroupant 300 bloggeurs
littéraires, Chroniques de la rentrée littéraire est un intermédiaire permettant à chaque livre d’être lu
par au moins un lecteur expert, en toute liberté de ton.

Chroniques de la rentrée littéraire © 2012 All Rights Reserved