L'homme qui ne savait pas dire non de Serge Joncour

L'homme qui ne savait pas dire nonL’homme qui ne savait pas dire non de Serge Joncour aux éditions Flammarion

Le sujet :

Grégoire Beaujour est employé dans un institut de sondages. C’est même un employé modèle tant ses questionnaires habilement tournés engendrent des taux de réponses positives quasi miraculeux. Il faut dire que Beaujour à un secret, un secret qu’il considère de plus en plus comme un sérieux handicap : il ne sait pas dire non. Il a purement et simplement perdu ce mot.

Le contexte :

Lorsque j’ai reçu via Facebook une invitation à une séance de dédicaces du nouveau roman de Serge Joncour, je n’ai pas hésité une seule seconde, j’ai cliqué sur « oui » sans même connaître le thème du livre, certaine de l’aimer de toute façon et ravie de rencontrer enfin cet auteur à l’écriture si belle et sensible.

Je le dis avec tout le sens de la nuance qui me caractérise : le côté très formel de la réunion m’a gonflée. Je ne remets pas en cause l’investissement de la libraire et j’admire sincèrement son implication et son enthousiasme mais je bouillais intérieurement et ce pour au moins 3 raisons :

1 – Je ne m’y attendais pas (mais bon, je suis un être éminemment adaptable finalement et ce n’est pas vraiment ça le souci).

2 – L’exercice était très « excluant » (surtout quand on n’avait pas lu le livre) et un peu longuet. A un moment je me suis demandée ce que je foutais là et, si j’étais venue seule, je serais partie tant j’avais l’impression de faire bêtement tapisserie, d’assister en tant que témoin (certes privilégiée, assise avec un verre à la main, il y a pire, j’avoue) à une démonstration plutôt qu’à un échange, à une conversation privée entre la libraire visiblement admirative et exclusivement tournée vers l’auteur et ce dernier qui répondait à ses (nombreuses et interminables !) questions de manière certes fine et passionnante même si toutes ne l’étaient pas. Exemple : « finalement, l’écriture n’est-elle pas une forme d’auto-analyse ? ». Ah ben ça, quel scoop ! Je pense que le moindre ado tourmenté griffonnant un poème aux rimes plates approximatives en a conscience !

J’avais déjà vécu ce type de débat à l’occasion des fort intéressantes « mille feuilles » organisées par Frédéric Fredj (je le raconte ici) mais les règles du jeu étaient nettement posées dès le départ, les intervenants multiples et tournés vers le public et les interactions avec ce dernier plus nombreuses (même si je les avais déjà trouvées insuffisantes),

3 – Le dialogue portait parfois sur le fond même du texte et non uniquement sur sa forme ou son analyse. J’ai fini par exprimer (courtoisement mais fermement) mon agacement à haute voix (parce qu’en plus d’être une femme nuancée, je suis pleine de tact). Je suis comme ça moi : j’adore qu’on me parle d’un livre mais je déteste qu’on me le raconte (ben oui, à quoi ça sert que je le lise après ?). Pour ça aussi j’ai vraiment eu la tentation de quitter les lieux.

J’ai nettement préféré la suite de la soirée, plus informelle et agrémentée de tomates cerise, d’un délicieux saucisson et de succulents dés de comté. Certain(e)s en concluront peut-être que je suis un estomac sur pattes. Je ne dis pas « non » mais pas que…

En sortant de la librairie, j’ai demandé ses impressions Miss Peule Blanche qui m’accompagnait et elles coïncidaient avec les miennes : finalement je ne suis pas si grognonne et gratuitement râleuse que ça (ou alors nous sommes 2 !).

Chronique réalisée par Quoi de 9 Cécile ?

Quatrième de couverture :

On n’imagine pas l’embarras de ne plus pouvoir prononcer ce simple mot : non. C’est pourtant ce qui arrive à Beaujour, simple employé dans un institut de sondage. Grâce à un atelier d’écriture, il part à la recherche du mot perdu, quitte à remonter toute l’histoire. Avec la sensibilité qu’on lui connaît, Serge Joncour multiplie les scènes cocasses et compose un véritable roman des origines.



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