Dreamworld de Sire Cédric

sireDreamworld de Sire Cédric, édition Le pré aux clercs, 282 pages

Lorsque Chroniques de la rentrée littéraire.com m’a proposé cet ouvrage, j’étais en terrain inconnu. L’Enfant des cimetières m’avait interpellé, je me rappelais en avoir entendu parler. Puis le nom de l’auteur, Sire Cédric est comme entouré d’une sorte d’aura mystérieuse ! Pourquoi Sire ? Pensant qu’il cultivait l’énigmatisme, je ne me doutais pas dans quel univers j’allais tomber. Je vais sur son site internet et là je découvre qu’il est un acteur incontournable de la scène gothique. Ca devient intéressant ! Je ne sais pas vous mais moi la scène gothique française, rien ne me vient à l’esprit hormis la couleur noire sans doute. Même pas peur. Je commence la lecture de Dreamworld avec une première nouvelle intitulée Cross Road. Ca me plaît, je suis fascinée par le style d’écriture, l’histoire d’un autre monde, celui de la magie, empreint de pensées terrifiantes. La deuxième nouvelle Cauchemars, rajoute à mon angoisse et précisément c’est à ce point de la lecture que l’on commence à saisir l’univers proposé par l’auteur. Terreur, horreur, fantastique, les mots sont faibles pour parler de ce recueil de nouvelles impressionnantes par ses images. La puissance de la langue française est ici au service de la peur, révélant l’auteur comme un fin poète, entre lyrisme et onirisme. Lyrisme des thèmes que l’on retrouve dans les nouvelles : la mort, l’amour impossible, le suicide, le sang. Poésie dans l’esprit de l’auteur : les protagonistes sont torturés, soumis à des visions cauchemardesques, parfois fous, croyant à un univers, celui où rôde les esprits, les elfes, les anges, des créatures qui prennent vie dans une conscience vampirisée. Les images sont sublimées, les mots sont porteurs de sensations. L’écriture est incroyable de vivacité et d’énergie. Tout ceci révèle un univers gothique riche: cimetière, forêts bordent en leurs seins des créatures terrifiantes et mythiques : des maras guettant l’éclipse de lune pour s’introduire dans les rêves d’enfants et les dévorer.

Ce qui est appréciable dans ce recueil c’est la diversité des histoires mettant tour à tour en scène des enfants, des frères, des mères inquiètes, des femmes énigmatiques, des auteurs déchus, des suicidés, des férus de dragons. Diversité aussi dans les genres : on croisera des elfes, des anges, des dieux babyloniens. L’univers de l’auteur est foisonnant, inspiré par des grands maîtres du fantastique : je n’ai eu aucun mal à croiser l’influence de Clive Barker dans Cauchemars. Mais il y a un je ne sais quoi qui me contrarie. C’est certainement Muse qui a dû me rebuter, où le sexe prend une place exacerbée, se mêlant excessivement au sang, aux substances corporelles. Elle pourrait en choquer plus d’un lecteur qui ne serait pas habitué à rencontrer un univers aussi étrange et violent. Et pourtant Sire Cédric aura su toucher mon âme de lectrice, avec ce côté un brin tourmenté et complètement halluciné. Car si ma réticence était présente, elle tend à disparaître, noyée dans le flot incessant et puissant des actes et des images, plongeant ainsi dans l’extase son coupable lecteur.

Chaud ou froid, les nouvelles plongent le lecteur dans un monde où le rêve devient flou, se mêlant intimement à une réalité noire, empreinte de désespoir. On notera ce romantisme mélancolique, des sentiments désavoués intimement liés aux cauchemars. Un univers qui a son charme. Je ne savais pas que le gothique pouvait être empreint d’une telle sensibilité. Tout n’est pas sexe, sang, drogue. Sire Cédric nous le prouve avec ce recueil qui ne peut laisser indifférent tant les résonnances sont fortes à nos propres interrogations, conférant à l’ensemble une dimension spirituelle non négligeable.

A découvrir donc ! Pour ma part je suis prête à lire L’Enfant des cimetières, mais attention toutefois ce genre d’univers, tout comme celui dans lequel s’inscrit l’auteur n’est pas accessible à tout le monde et je suis passée par nombre de sentiments contradictoires, entre attirance et rejet, entre différentes opinions mais au final je ne regrette pas. Je remercie d’ailleurs l’équipe de Chroniques de la rentrée littéraire  pour cette réelle découverte.

Chronique rédigée par Lael de  Sous le Feuillage

Quatrième de couverture :

Il y a, dit-on, un autre monde… Le monde des rêves, oui. Là où vivent les esprits de ceux qu’on a aimés. Là où vivent les anciens dieux, dans une ville cachée dans les couleurs de l’arc-en-ciel…Et là où attendent, aussi, nos plus terrifiants cauchemars. Certains peuvent le voir, cet autre monde. Ce sont les enfants, les poètes, les fous, les suicidés, les amoureux désespérés. Ou simplement ceux qui ont refusé de fermer les yeux en grandissant. Car on dit aussi que la magie existe tant qu’on croit en elle. Et surtout, qu’il n’est jamais trop tard pour la faire renaître… Avec ce recueil de nouvelles, nous sommes invités au voyage. Un voyage en neuf tableaux, des versants les plus lumineux de l’innocence jusqu’aux ténèbres les plus abyssales, là où, à la lisière de la conscience, les visions cauchemardesques prennent corps. Une plongée saisissante dans l’univers onirique d’un jeune écrivain talentueux.

A propos de l’auteur : Musicien et écrivain, Sire Cédric est un acteur incontournable de la scène gothique française. Son dernier roman, L’Enfant des cimetières, paru au Pré aux Clercs, a été reçu avec enthousiasme par les lecteurs et par la presse.

Lorsque Chroniques de la rentrée littéraire.com m’a proposé cet ouvrage, j’étais en terrain inconnu. L’Enfant des cimetières m’avait interpellé, je me rappelais en avoir entendu parler. Puis le nom de l’auteur, Sire Cédric est comme entouré d’une sorte d’aura mystérieuse ! Pourquoi Sire ? Pensant qu’il cultivait l’énigmatisme, je ne me doutais pas dans quel univers j’allais tomber. Je vais sur son site internet et là je découvre qu’il est un acteur incontournable de la scène gothique. Ca devient intéressant ! Je ne sais pas vous mais moi la scène gothique française, rien ne me vient à l’esprit hormis la couleur noire sans doute. Même pas peur. Je commence la lecture de Dreamworld avec une première nouvelle intitulée Cross Road. Ca me plaît, je suis fascinée par le style d’écriture, l’histoire d’un autre monde, celui de la magie, empreint de pensées terrifiantes. La deuxième nouvelle Cauchemars, rajoute à mon angoisse et précisément c’est à ce point de la lecture que l’on commence à saisir l’univers proposé par l’auteur. Terreur, horreur, fantastique, les mots sont faibles pour parler de ce recueil de nouvelles impressionnantes par ses images. La puissance de la langue française est ici au service de la peur, révélant l’auteur comme un fin poète, entre lyrisme et onirisme. Lyrisme des thèmes que l’on retrouve dans les nouvelles : la mort, l’amour impossible, le suicide, le sang. Poésie dans l’esprit de l’auteur : les protagonistes sont torturés, soumis à des visions cauchemardesques, parfois fous, croyant à un univers, celui où rôde les esprits, les elfes, les anges, des créatures qui prennent vie dans une conscience vampirisée. Les images sont sublimées, les mots sont porteurs de sensations. L’écriture est incroyable de vivacité et d’énergie. Tout ceci révèle un univers gothique riche: cimetière, forêts bordent en leurs seins des créatures terrifiantes et mythiques : des maras guettant l’éclipse de lune pour s’introduire dans les rêves d’enfants et les dévorer.

Ce qui est appréciable dans ce recueil c’est la diversité des histoires mettant tour à tour en scène des enfants, des frères, des mères inquiètes, des femmes énigmatiques, des auteurs déchus, des suicidés, des férus de dragons. Diversité aussi dans les genres : on croisera des elfes, des anges, des dieux babyloniens. L’univers de l’auteur est foisonnant, inspiré par des grands maîtres du fantastique : je n’ai eu aucun mal à croiser l’influence de Clive Barker dans Cauchemars. Mais il y a un je ne sais quoi qui me contrarie. C’est certainement Muse qui a dû me rebuter, où le sexe prend une place exacerbée, se mêlant excessivement au sang, aux substances corporelles. Elle pourrait en choquer plus d’un lecteur qui ne serait pas habitué à rencontrer un univers aussi étrange et violent. Et pourtant Sire Cédric aura su toucher mon âme de lectrice, avec ce côté un brin tourmenté et complètement halluciné. Car si ma réticence était présente, elle tend à disparaître, noyée dans le flot incessant et puissant des actes et des images, plongeant ainsi dans l’extase son coupable lecteur.

Chaud ou froid, les nouvelles plongent le lecteur dans un monde où le rêve devient flou, se mêlant intimement à une réalité noire, empreinte de désespoir. On notera ce romantisme mélancolique, des sentiments désavoués intimement liés aux cauchemars. Un univers qui a son charme. Je ne savais pas que le gothique pouvait être empreint d’une telle sensibilité. Tout n’est pas sexe, sang, drogue. Sire Cédric nous le prouve avec ce recueil qui ne peut laisser indifférent tant les résonnances sont fortes à nos propres interrogations, conférant à l’ensemble une dimension spirituelle non négligeable.

A découvrir donc ! Pour ma part je suis prête à lire L’Enfant des cimetières, mais attention toutefois ce genre d’univers, tout comme celui dans lequel s’inscrit l’auteur n’est pas accessible à tout le monde et je suis passée par nombre de sentiments contradictoires, entre attirance et rejet, entre différentes opinions mais au final je ne regrette pas. Je remercie d’ailleurs l’équipe d’Ulike pour cette réelle découverte.



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