Méditations en vert de Stephen Wright

couv yaak éxéMéditations en vert de Stephen Wright chez Gallmeister

Méditations en vert est le premier roman de Stephen Wright, publié en 1983 et traduit pour la première fois en français par les éditions Gallmeister.

Avec Méditations en vert, le lecteur plonge dans l’horreur de la guerre du Vietnam, une guerre à laquelle l’auteur a lui-même participé, à un poste très similaire à celui de son personnage principal, le soldat James Griffin, chargé de l’analyse des photographies aériennes. En suivant le quotidien de l’unité 1069 de renseignements militaires, le lecteur croise également la route d’une galerie impressionnante et hétéroclite de personnages, tels que Kraft, un agent de la CIA, Wendell, un illuminé qui filme sa guerre, le commandant Holly, obsédé par l’ordre, le soldat Franklin, noir révolté ou encore le jeune et innocent Claypool.

Ce livre me laisse une impression très difficile à exprimer. J’ai trouvé  l’ensemble bouleversant car il montre bien les atrocités et les absurdités commises durant cette guerre. Les conséquences de la guerre du Vietnam sur les soldats, revenus traumatisés et déboussolés, sont également bien décrites aux débuts de chaque chapitre, consacrés à la vie de Griffin à son retour aux Etats-Unis. Cependant, le tout est arrosé d’une bonne dose de drogues et d’hallucinations qui rend certains passages pratiquement incompréhensibles. J’ai d’ailleurs eu beaucoup de peine à entrer dans le livre, tellement les trente premières pages m’ont semblé confuses. Tout au long du livre, j’ai également survolé certaines pages qui n’avaient pour moi aucun sens. Par exemple :

« A travers les bouts charnus de ses doigts, il se concentra dessus, en explorant le contour et la texture jusqu’à  ce que la pierre soit aussi grosse que la lune, couverte de cratères, de montagne et de mers de sable rapides et lisses sur lesquelles il glissait dans une précipitation agréable vers l’ultime salle, la salle des lumières et des yeux et des gigantesques silhouettes masquées se penchant trop près et de façon menaçante, des mains métalliques lançant des éclairs comme des serres lustrées. » p.391

J’ai toutefois apprécié cette lecture. Ces passages trop absurdes à mon goût sont largement compensés par des épisodes absolument terrifiants de réalisme. André Clavel du magazine Lire parle de « violences céliniennes » et je trouve cette comparaison particulièrement bien choisie. Ces quelques pages noyées dans un délire vert de jungle, de drogue, de méditations sur les plantes et de culture de cannabis, ressemblent au final à un ensemble de souvenirs confus, entrecoupés d’images si fortes qu’elles demeurent claires malgré les années.

En conclusion, un livre parfois embrouillé mais qui reste sans conteste un livre choc.

Chronique rédigée par Zarline

Quatrième de couverture :

Véritable trip hallucinogène, Méditations en vert suit les membres d’une unité de renseignement militaire durant la guerre du Vietnam: Claypool, à qui l’on avait promis un emploi de bureau et qui se retrouve au milieu des combats; Payne, obsédé par le film sur la guerre qu’il est en train de tourner; Kraft, un agent de la CIA qui finira par se fondre dans la jungle… Dans cette compagnie qui vit en autarcie en attendant avec inquiétude une possible attaque, la drogue est omniprésente, les ordres capricieux, le cynisme rampant.

Au milieu de cette unité, le soldat James Griffin se bat pour conserver sa santé mentale. De retour aux Etats-Unis, il cherche désespérément à oublier cette guerre irréelle à travers l’étude des plantes qu’il fait pousser dans son appartement.

Comparé  à Apocalypse Now, Méditations en vert s’impose comme l’un des plus grands romans sur la guerre du Vietnam et la faillite de l’utopie américaine.




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