Alberg de Jacques Tallote

arton16119-08ad2Alberg de Jacques Tallote aux éditions de La Table Ronde

Alberg, c’est une présence. Jamais il n’apparaît physiquement dans le livre. Il n’existe qu’à travers ses anciens voisins, quelques dettes qu’il a laissées, mais surtout Alberg c’est les carnets. « Ils étaient dix, sanglés d’un solide ruban. Dix ans de vie. Dix épais agendas de commerce in-octavo recouverts de toile noire. Ils débutaient le dimanche 19 février 1961 et s’achevaient le 21 février 1970, date de la prétendue disparition du chapelier

Thomas lui a un trop plein de Paris. Son amie vient de le quitter et il n’a qu’une envie, fuir loin de ses responsabilités. Il a d’abord l’idée de partir en Afrique où il a une vague connaissance, mais finalement se range à l’avis de son père qui lui donne les clés d’une maison lui appartenant. On peut dire que Thomas est quelqu’un qui se laisse porter par les autres et les évènements. Et c’est là que tout se mets en place pour nos fameux carnets.

Car tout autre que Thomas n’aurait pris ces carnets que pour ce qu’ils étaient : les élucubrations plus ou moins réels d’Alberg. Or Thomas, complètement perdu dans sa vie, a désespérément besoin d’un guide. Et ce n’est pas ses parents qui sont capables de tenir ce rôle. Les carnets vont donc s’en charger. Et il va commencer à imaginer un lien entre les éléments du carnet et sa propre vie. Jusqu’à infléchir sa réalité pour ne pas les faire mentir. Ce qui va provoquer, entre autre, sa rencontre avec Lucy et des réactions parfois très étranges aux aléas de sa vie.

Lucy, plus terre-à-terre que Thomas est quand même à un moment de sa vie où elle se laisse vivre. Elle suit des études sans convictions et à pour principal projet de ne pas s’ennuyer et d’harmoniser sa vie et ses aspirations. Sa rencontre avec Thomas et les carnets sont donc une occasion en or pour bousculer un peu sa vie.

Alberg va donc emmener bien malgré lui ces deux jeunes gens dans un univers à part, à la limite entre la réalité et la fiction. Et tant que Thomas et Lucy continueront à prêter un pouvoir à ces carnets, ceux-ci modifieront légèrement leur réalité.

Ce livre a été très plaisant à lire, de part l’histoire un peu décalée, sa chute assez inattendue et le style de l’auteur, fluide, visuel, poétique parfois.

Chronique rédigée par tulisquoi

Quatrième de couverture :

Plutôt que de partir pour l’Afrique en quête d’un hypothétique emploi, Thomas s’installe à Besançon, où son père possède une maison inoccupée. Dans la boutique du rez-de-chaussée, désertée par le chapelier Alberg, une étrange découverte l’attend : «Ils étaient dix, sanglés d’un solide ruban. Dix ans de vie. Dix épais agendas de commerce in-octavo recouverts de toile noire.»

Rédigés par Alberg, disparu deux ans plus tôt, ces carnets sont remplis de poèmes et d’aphorismes obscurs. Très vite, ils entraînent le jeune homme dans un labyrinthe dont il ne soupçonne pas l’étendue. Avec Lucie, qui n’est d’abord pour lui qu’«un pull mohair couleur de feuille de gui», Thomas tente d’en trouver l’issue. Qui donc était Alberg, débarqué un jour d’Argentine? Est-il retourné vivre là-bas? Et, surtout, comme se fait-il que ses écrits bouleversent la vie de ceux qui les lisent?

Deux poissons d’or, un jeu de marelle, la veuve d’un médecin colonial, un barrage colossal ou encore des tickets du tramway de Trieste sont certains des indices qui jalonnent Alberg. Un premier roman construit comme une partie d’échecs, où le roi et la dame mènent la danse, et où le fou n’est pas celui qu’on croit…



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