Les étoiles de Sidi Moumen de Mahi Binebine

images (3)Les étoiles de Sidi Moumen de Mahi Binebine chez Flammarion

Résumé :
Yacine est un jeune garçon de Sidi Moumen, bidonville aux abords de Casablanca. Un mur a même été érigé pour isoler ce quartier très pauvre. Yacine grandit, entouré de ses dix frères et de ses parents. La vie à Sidi Moumen est un enfer, les adolescents jouent au football dans les décharges, sniffent de la colle, fument du haschich. Un jour, on promet à Yacine et à ses amis d’infortune le paradis dans l’au-delà, ils n’ont rien à perdre, alors pourquoi pas ?

Les premières lignes :
« Un promeneur pourrait longer notre quartier sans se douter un instant de son existence. Orné de crénelures, un imposant mur en pisé le sépare du boulevard où un flot ininterrompu de voitures fait un bruit de tous les diables. Dans ce mur, on avait creusé des fentes semblables à des meurtrières d’où l’on pouvait contempler à loisir l’autre monde. Notre jeu favori, lorsque j’étais enfant, consistait à déverser des bols d’urine sur les nantis et rester muets tandis qu’ils pestaient et insultaient en regardant le ciel. »

Mon avis :
Ce roman raconte l’expérience d’un kamikaze des attentats de Casablanca le 16 mai 2003. Son originalité réside dans le fait que l’intrigue est racontée à la première personne, du point de vue de Yacine, la future bombe humaine. Comment peut-on se faire sauter et tuer au nom de la foi ? Yacine l’a fait, il est mort et il nous raconte tout de là où il est…
Le style est simple, sans recherche particulière, ce qui correspond tout à fait à l’histoire, des fioritures, des phrases alambiquées n’auraient pas correspondu avec le cadre de Sidi Moumen, son atmosphère, son décors, les vies qu’elle abrite. Le style n’est pas non plus tragique, je ne me suis pas apitoyée sur Yacine mais je ne l’ai pas détesté non plus, malgré ce que je savais qu’il allait faire. Je ne sais pas si cela était voulu ou non par l’auteur, mais je n’ai ressenti que de l’indifférence envers le personnage principal…je trouve que c’est paradoxal, le fait de ne rien ressentir me laisse une impression étrange car j’ai toujours eu des sentiments, dans mes lectures, pour le personnage principal, qu’ils soient positifs ou négatifs, mais ici, rien…
Bien évidemment, ce n’est pas un roman facile, au contraire, je le trouve particulièrement dur et je l’ai abandonné quelques jours, même quelques semaines pour être plus exacte, à cause de la scène de viol : Nabil, un adolescent se fait violer par plusieurs garçons de son âge sous les yeux de son ami Yacine. La scène est si bien décrite que l’on s’y croirait, parce qu’elle est décrite « froidement », sans pathos, sans révolte… juste décrite précisément…trop précisément pour moi, j’ai été choquée et je n’ai pas pu poursuivre ma lecture pendant un moment. Je l’ai ensuite reprise afin de terminer le roman et pouvoir écrire cette chronique. La suite est mieux passée pour moi, j’avais envie de savoir comment Yacine allait accepter de se transformer en bombe et de tuer des innocents. Toutefois, je pense sincèrement que si je n’avais pas lu ce livre dans le cadre d’un partenariat, je ne l’aurais pas terminé.
C’est donc un roman bouleversant à ne pas mettre entre toutes les mains car il peut facilement choquer, mais si vous aimez les histoires dures, foncez.

Un grand merci à Abeline et Sylvain pour ce partenariat !

Chronique rédigée par awa74

Quatrième de couverture :

Yachine raconte comment il a grandi vite et est mort encore plus vite, à Sidi Moumen, cité en lisière de Casablanca, parmi ses dix frères, une mère qui se bat contre la misère et les mites, et un père ancien ouvrier, reclus dans son silence et ses prières.
C’est un enfer terrestre qui a l’odeur des décharges publiques devenues terrains de foot, du haschich et de la colle qui se sniffe, des plongeons interdits dans la rivière tarie, des garages à mobylettes déglinguées. Alors, quand on leur promet que le paradis est à la porte d’en face, qu’ont-ils à perdre, lui et sa bande d’amis  » crève-la-faim « ? Un roman tragique et lumineux, plein de mauvaises farces et de drames muets, d’errances et de poussière, de fraternités et de trahisons.



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