Les prétendants de Cécile David Weill

arton16185-7ad39Les prétendants de Cécile David Weill

C’est grâce au site Chroniques de la rentrée littéraire que j’ai reçu le mois dernier ce roman de Cécile-David Weill. Il met en vedette deux soeurs, Laure et Marie Ettinguer qui désirent à tout prix empêcher leurs parents de vendre l’Agapanthe, la somptueuse propriété familiale située au Cap d’Antibes. Pour y parvenir, elles ne voient qu’une solution : trouver un riche prétendant qui épousera l’une d’entre elles et permettra de sauver la villa. Laure et Marie organisent alors tout au long des week-end de juillet un casting de prétendants afin de trouver chaussure à leur pied.
En lisant le résumé du roman, je m’attendais clairement à de la chick-litt, genre que je connais très mal. Et finalement, quand je m’y suis plongée, j’ai vu l’histoire davantage comme une chronique de la vie de la haute société et des nouveaux riches. Chaque week end amène à l’Agapanthe d’autres invités, certains célèbres, tous riches, sur lesquels l’auteur porte un regard ironique et réaliste. Si bien que la chasse aux prétendants m’a finalement semblée assez secondaire. Ce qui est le plus intéressant, c’est la galerie de personnages pittoresques qui nous est présentée. Se succèdent un lord anglais excentrique, un américain végétarien adepte du yoga, les pique-assiettes mal dégrossis, une star de la pop et bien d’autres, tour à tour comiques (souvent malgré eux), ridicules ou prétentieux. On suit surtout le récit au travers du personnage de Laure, qui nous décrit cette société sans fard et sans crainte de se moquer. Cette dernière, ainsi que sa soeur, au vu de leur position familiale auraient pu apparaître comme de vraies pimbêches, mais c’est justement leur attitude détachée par rapport à celle de leurs invités qui les rend sympathiques.
On sent bien la différence entre la famille de Laure et Marie qui appartient à la haute société et qui met un point d’orgue à organiser des week end certes très élégants, mais toujours de bon goût et certains invités nettement plus « tape à l’oeil » qui en faisant étalage de leur richesse et de leur succès à outrance font plus preuve de vulgarité que de raffinement. L’auteur nous expose également les codes de ce monde de riches, si différent du notre et si particulier que chacun se doit de respecter sous peine de se voir impitoyablement taxé de « plouc ». Et les membres de la haute société ne sont pas tendres avec leur pairs. Le moindre faux pas ou manquement à la bienséance vous catalogue, que se soit une teue vestimentaire inadaptée, un cadeau de mauvais goût ou une parole déplacée. Ce qui fait qu’au bout du compte on se dit que si nous autres ne sommes pas riches, au moins nous sommes plus libres de notre aspect et comportement !^^
J’ai bien aimé également la présentation que nous fait l’auteur pour chaque repas du menu, des partcipants et du plan de table. De plus, le moins que l’on puisse dire, c’est que les menus donnent envie ! En définitive, un roman bien sympathique, qui se lit rapidement et vous laisse une envie de vacances au bord de la mer…

Chronique rédigée par Sabrina

Quatrième de couverture :

Cécile David-Weill a déjà publié quelques romans chez Grasset, dont Beguin, qui en son temps (1995) ont fait grand bruit. Elle vit entre New-York et Paris. Les Prétendants est, de loin, son roman le plus accompli, le plus ambitieux.

Ce roman a pour cadre une sublime demeure,  » L’Agapanthe « , située au cap d’Antibes. Laure, la narratrice et Marie, deux sœurs d’une trentaine d’années, veulent à tout prix empêcher leur père de vendre cette maison où depuis toujours elles passent leurs étés. Elles vont donc organiser un casting de riches prétendants dans l’espoir que l’un d’eux, en épousant l’une des sœurs, sauve  » L’Agapanthe « . Ainsi, pendant quatre week-ends du même été, vont défiler les éventuels prétendants.

C’est le point de départ d’une comédie de mœurs où Cécile David-Weill décrit un milieu, la très haute bourgeoisie d’affaires, bousculé entre les anciennes élites et les nouvelles. Le trader, l’actrice, le couturier, l’aigrefin, le boute-en-train, le pique-assiette, le mondain, la canaille, se succèdent alors au rythme d’une comédie humaine tendre et acide. Des Russes s’en mêlent, on aperçoit Madonna et Pénélope Cruz, et d’autres, beaucoup d’autres, sont aisément reconnaissables sous leurs patronymes d’emprunt…

L’Agapanthe restera-t-elle dans la famille ? Quel  » prétendant  » l’emportera ? Cela a peu d’importance, au fond. Cécile David-Weill n’a voulu, dans ce livre, que décrire un milieu qu’elle connaît bien. On s’y divertit à chaque page. En s’instruisant, bien sûr, sur les mœurs d’une classe sociale qui, finalement, n’est pas plus à l’abri qu’une autre sous les lambris dorés de ses belles villégiatures…



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