Mon couronnement de Véronique Bizot

imagesMon couronnement de Véronique Bizot chez Actes Sud

Le résumé du livre :

Un chercheur à la retraite depuis bien longtemps apprend, par une meute de journalistes débarquant chez lui, que l’une de ses découvertes vient d’être récompensée.
La cérémonie officielle approche à grand pas, mais comment avouer qu’il n’a pas la moindre idée de laquelle de ses découvertes il peut bien s’agir ? Et puis, pourquoi venir chambouler ainsi son quotidien, doucement rythmé par la présence de sa femme de ménage ?

Mon avis pré-lecture :

Lorsque j’ai reçu la liste des ouvrages que l’on se proposait de m’envoyer en échange d’une chronique, Mon couronnement était mon dernier choix. Couverture un peu terne, drôle de format, pas beaucoup de pages, une quatrième de couv’ assez attractive, mais sans plus…
Et puis le destin (et la rupture de stock des autres ouvrages que j’avais choisis) a fait que je me suis retrouvée avec ce petit bouquin dans les mains. Très honnêtement, je ne mourais pas d’envie de m’y attaquer. Mais bon, quand on s’engage, on s’engage : c’est parti.

Mon avis post-lecture :

Quelle surprise ! C’est dingue ce qu’un livre peut changer votre façon de voir les choses sur certains sujets. A la lecture du résumé, je m’attendais à vivre la recherche de cette fameuse découverte parmi les souvenirs du chercheur, au récit de sa vie passée, que sais-je encore…

Et ben non. Le roman tout entier tourne autour de la condition de « vieux ». Le regard des autres. Le sentiment d’être au mieux transparent, au pire encombrant. La lenteur imposée par le corps quand l’esprit voudrait aller plus vite. La torpeur des journées passées dans un petit appartement encombré par des années de souvenirs matériels. Les relations familiales qui s’étiolent, puisque n’est-ce pas, on est déjà presque parti. L’envie de ne pas bousculer ses habitudes, après tout, pourquoi partir se reposer au Touquet quand on pourrait aussi bien se reposer à Paris ? Le réconfort d’une présence active en cuisine et trottinante. La honte de n’être plus aussi présentable qu’autrefois. La gêne de recevoir dans son salon, où traîne encore son pyjama, en boule sur l’accoudoir du canapé. L’embarras de cette mémoire qui flanche, on s’rappelle plus très bien…

Une description de cet univers à part entière, teintée de mélancolie sous-jacente mais jamais plaintive, d’acceptation, de lucidité tellement calme… Le temps qui s’écoule comme dans un sablier aux trois-quarts vide… Pas de souffrance, pas de malheur, juste la vie qui approche de son terme, et c’est normal, c’est dans l’ordre des choses.

Un bouquin pas vraiment triste, mais pas non plus rigolo-rigolo, ça non. Avec un tel résumé, je ne suis pas sûre de vous avoir donné envie de vous précipiter dessus…

Allez, pour vous faire oublier vos réticences, je vais gâcher volontairement le suspense : à la fin, il ne meurt pas. Et tant mieux.

Chronique rédigée par Miss Rose

Quatrième de couverture:

Le jour où le narrateur, un physicien depuis longtemps à la retraite, voit tout à coup débarquer chez lui une foule de gens venus l’interviewer et le féliciter pour une observation scientifique qu’il a faite autrefois, dont il a tout oublié et qui lui vaut aujourd’hui un prix, son seul réflexe, face à tous ces visages, est de s’accrocher à l’escabeau qui traîne au milieu de son salon et, dans son égarement, de bredouiller quelques mots devant les caméras.
Mme Ambrunaz, elle, lui prépare des lentilles, le houspille, l’incite à réagir. Il réagit peu. Comment être vieux ? Il est lucide, désorienté, narquois. Il continue d’observer par la fenêtre de son appartement le va et vient de la rue Saint-Lazare. Parfois il monte dans un autobus, parfois il rend visite à un ancien ami, au sommet d’une tour du quartier Beaugrenelle. Mais plus personne n’est vraiment là. Le monde s’éloigne, les repères se brouillent. La connaissance scientifique ne résout rien, l’existence demeure informulable. Et la vieillesse un risible et déconcertant canular.
Le narrateur pense à ses soeurs, l’une qui l’exaspère, mariée à un Alsacien, obsédée de l’ordre, l’autre qu’il aimait, partie vivre avec un évêque du côté de Tahiti, et dont l’absence n’a cessé de lui peser. A sa femme, défenestrée, qu’il aurait voulu aimer. A son frère, un écrivain célèbre, retiré en pleine montagne, dont il se demande s’il l’a jamais aimé. A ses anciens collègues, à ces heures d’hasardeuses spéculations scientifiques dans leur laboratoire mal chauffé. Il retrouve son fils, plus ou moins perdu de vue, le temps d’aller avec lui s’acheter un costume neuf pour la cérémonie de son prix. Il est invité en Chine. Il n’ira pas. Il ira au Touquet, conduit dans sa vieille Renault par Mme Ambrunaz.
Quelque chose pourrait changer alors. Quelque chose
changera.



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