Pencher pour de Cécile Reyboz

arton16087-25a55Pencher pour de Cécile Reyboz chez Actes Sud

C’est une histoire étrange que nous invite à découvrir Cécile Reyboz.

Le personnage principal a un nom peu commun : Lazor Hilaire. C’est un grand type entre deux âges, qui siège au prud’hommes avec plus d’ennui que d’intérêt pour les gens qui passent devant lui. A une exception près : il remarque une avocate à l’allure un peu spéciale, disons qu’elle est différente des femmes qu’il connaît. Elle s’appelle A. On ne connaîtra jamais son nom entier. Ces deux-là vont se croiser et faire un bout de chemin dans une ville qui voit s’élever dans ses rues des collines de détritus : les éboueurs ont disparu.

La ville est un personnage à part entière. Lazor s’y enfonce comme dans un labyrinthe, donne rendez-vous à la grande fille de son ex dans un café, va dîner chez ses parents dans un silence habituel et pesant, et surtout, il aime à contempler le paysage urbain qui s’offre à ses yeux (et à son corps) devant la baie vitrée de son appartement haut perché dans un immeuble.

Le Président de la République étant en voyage dans l’espace, on ne sait pas quand tout ce chaos prendra fin…

En dépit d’une plume plutôt fluide et imagée, la lecture de ce roman me laisse un sentiment de perplexité. Je n’ai pas trouvé le personnage de Lazor attachant (tout de même, à son âge, jouer avec de la pâte à modeler !), l’univers singulier dans lequel on est plongé n’est pas follement attirant et même plutôt glauque (imaginez une ville sous les détritus, les métros ne fonctionnent plus, beaucoup de gens n’osent plus sortir) et la mise en place de ces éléments n’aboutit pas à un final grandiose. Divisé en six jours et une nuit successifs, le récit raconté la plupart du temps au présent se déroule assez vite et je ne me suis pas véritablement ennuyée. Je pense simplement être passée à côté de l’histoire, dont je n’ai pas saisi l’intérêt intrinsèque.

Chronique rédigée par Tamara

Quatrième de couverture :

Lazor Hilaire est un homme singulier qui siège aux prud’hommes pour garder un oeil sur le sens de la vie tout en fredonnant une mélodie secrète, en cultivant une profonde tendance à la contemplation, un penchant pour l’évitement, pour l’autrement qui de plus en plus l’éloignent des autres.

Ainsi, lorsqu’il s’éprend d’une avocate dont le charme et l’élégance s’avèrent tout aussi particuliers, quand l’amour les entraîne dans la spirale du désir, les choses tournent d’une étrange manière. Car Lazor ne veut plus réduire le plaisir à sa triviale finitude, son exigence le porte ailleurs… Pendant ce temps le monde s’impatiente. La ville se couvre de déchets, le président de la République quitte la Terre pour une tournée interplanétaire, et dans la nuit étoilée les parents de Lazor se promènent, le chat Rémi fait un dernier voyage, les inconnus s’élancent et rebondissent sur des trampolines géants.

Autre chose, autrement, ailleurs…

Un imaginaire poétique pour aborder le machisme de nos cultures, pour observer, sous couvert d’un monde secret, le théâtre urbain, politique et social de ce début de siècle en France. Après Chanson pour bestioles (prix Lilas 2008 et prix Découverte prince de Monaco 2008), ce livre est le second roman de Cécile Reyboz. Elle vit et travaille à Paris, écrit par ailleurs pour le théâtre.



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