A la recherche d'Hemingway de Leif Davidsen

a-la-recherche-d-hemingway_bdA la recherche d’Hemingway de Leif Davidsen aux éditions Gaïa, traduit par Monique Christiansen

Je n’ai encore jamais lu Leif Davidsen, je sais seulement que ses thrillers d’espionnage font apparaître un même personnage, celui qui donne son titre au Danois serbe, et que ses romans ont pour cadre le Danemark, mais pas seulement.
Ce dernier roman, qui vient tout juste de sortir, commence à Key West, avec une figure centrale peu destinée au départ à des aventures policières : John Petersen, danois, professeur d’espagnol, qui voyage lors d’un repos forcé pour un début de dépression. Il vient de perdre sa femme, sa fille unique vole de ses propres ailes, il part donc sur les traces de la seule lueur de passion qui anime sa vie un peu monotone, son amour pour les livres de Papa, alias Ernest Hemingway… D’où le choix de la Floride et en particulier Key West. Il se contenterait de se promener tranquillement sur ses traces, mais une rencontre dans un cimetière avec Carlos, immigré cubain plus âgé que lui, va changer la perspective et l’amener à se poser des questions sur sa vie et ce qu’il veut en faire.
Il ne faut pas s’attendre à un thriller musclé, il y a de l’action, mais pas à outrance, et les pensées et réactions de John Petersen y tiennent une place importante, ce que j’ai trouvé plutôt plaisant. Comme pour lui, le décor en soi constitue déjà une évasion : Key West, Miami et son quartier cubain, puis La Havane et Cuba. L’identification avec le personnage principal fait son petit effet, et on se retrouve à essayer de comprendre ce qui se passe et à s’imaginer jouant l’apprenti espion en territoire cubain ! Quant à Hemingway, il n’est pas présent seulement comme prétexte ou pour la beauté du titre, mais aussi grâce à une péripétie réelle de la vie de l’écrivain américain qui a des répercussions 80 ans plus tard. Le thème de l’immigration clandestine a son importance aussi. Les évènements s’enchaînant, le livre devient de plus en plus difficile à fermer jusqu’à la fin, que j’ai trouvée très bien menée.
Un sans faute pour une très belle évasion, qui en plus me donne envie de relire Hemingway !*


Chronique rédigée par Kathel

Extraits :

Tout a commencé au cimetière. Pas n’importe quel cimetière, un cimetière poussiéreux où régnait une chaleur torride, tout aussi désordonné que le reste des Etarts-Unis. Je ne sais pas ce que j’avais imaginé. Après avoir vu des milliers de films ou de séries télévisées, nous sommes nombreux à croire tout connaître des Etats-Unis. J’avais quarante ans révolus et je n’avais jamais mis les pieds sur le sol américain, mais d’une certaine manière, le pays était reconnaissable. Et différent malgré tout.

J’ai compris, tout à coup, que la vie que j’avais vécue pendant des années, la vie normale, dans une maison individuelle de province, était définitivement terminée. Pourrais-je la recréer ? Pouvais-je imaginer la reconstruire avec une autre femme ? Que faisais-je à Miami ? Croyais-je vraiment que je pourrais changer ma vie ? Changer de cap ? Ou peut-être pour plus de vérité, voulais-je en changer ? En avais-je le courage ? Ou était-ce simplement le fruit de mon imagination ?

Quatrième de couverture :

John Petersen, la cinquantaine, est professeur d’espagnol à Ringkøbing, petite ville danoise du Jutland. Lors d’un voyage en Floride, sur l’île de Key West, il se lie d’amitié avec Carlos, un exilé cubain de 75 ans. Carlos sent sa fin approcher et ne souhaite plus qu’une chose, revoir sa fille Clara, retournée à La Havane et mariée à un haut fonctionnaire du régime cubain. Le vieil homme confie à John une lettre pour Clara. Voilà notre discret professeur d’espagnol chargé d’une mission ! John a le doux sentiment de s’encanailler, et d’autant plus lorsqu’on lui présente des individus un peu louches, soi-disant de la CIA, qui lui font subir une formation accélérée d’espion en vue de son séjour à Cuba. Mais une fois à La Havane, les problèmes commencent à arriver…

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