La chambre des vies oubliées de Stella Duffy

images (4)La chambre des vies oubliées de Stella Duffy chez Grasset

Le décor de cette histoire est un quartier populaire et multiethnique au sud de Londres, Loughborough Junction. Un de ses habitants de longue date, Robert, envisage de vendre son pressing pour prendre sa retraite. Akeel, jeune homme d’origine pakistanaise, est le premier acquéreur potentiel. D’abord réticent, au fond il n’est plus si pressé de vendre, Robert finit par se laisser  séduire par la motivation et le sérieux du jeune homme. Il propose à Akeel de travailler en binôme avec lui pendant un an afin de lui transmettre son savoir, ce que le jeune homme accepte bien volontiers.

Le roman retrace cette année charnière de la vie de Robert, une année où ses souvenirs remontent à la surface, où il doit mettre de l’ordre dans sa boutique mais aussi dans sa vie. Parallèlement, nous faisons connaissance avec quelques habitants du quartier, auxquels l’auteur consacre des chapitres complets : une jeune fille au pair amoureuse du maître de maison, deux clochards, une vieille femme dont la mémoire s’envole, un père de famille mafieux… Peu à peu nous nous familiarisons avec ce quartier populaire et grouillant de vie. Au terme d’une année, Robert aura la satisfaction non seulement d’avoir transmis son savoir, mais également d’avoir pu confier à son repreneur l’étonnant secret de la chambre des vies oubliées, qui n’est pas sans rapport avec la vie du quartier. La complicité qui s’instaure entre les deux hommes permettra à Robert de se soulager de son propre secret, peut être le plus lourd parmi ceux que referme sa mystérieuse chambre.

Dès les premières lignes, j’ai fait le rapprochement entre ce livre et celui de Paul Auster « Brooklyn Follies ». Les deux romanciers racontent le quartier d’une grande ville au travers du quotidien de ses habitants, que l’on découvre au fil des pages. Je n’irai pas jusqu’à dire que Stella Duffy a le talent d’un Paul Auster, la barre est placé bien haut, mais le roman est plutôt agréable à lire et les personnages attachants, notamment Robert, commerçant plein d’humanité et tourné vers les autres. Je connais très peu Londres, mais je pense que les gens qui connaissent la ville aimeront parcourir des lieux qu’ils connaissent et qu’ils verront peut-être sous un nouvel angle. Les autres lecteurs découvriront une ville bien différente de celle des cartes postales et impossible à appréhender pour le touriste qui ne sort pas des sentiers battus.

Chronique rédigée par Sylire

Quatrième de couverture :

Surprenant, émouvant, lumineux. Après quarante années à laver et repasser toutes les chemises du voisinage, Robert Sutton a décidé de vendre son pressing de Lough-borough Junction, quartier pauvre du sud de Londres. C’est un jeune Anglais d’origine pakistanaise, Akeel, qui répond le premier à sa petite annonce – il est sérieux, poli, intelligent et ambitieux, mais ce n’est pas vraiment le genre d’héritier que Robert avait en tête… Une année durant, les deux hommes que tout oppose vont se côtoyer, s’apprivoiser et, de méfiance en confidences, nouer une amitié singulière. Autour d’eux, Londres palpite : deux clochards beckettiens, une jeune fille au pair amoureuse de son employeur, une vieille dame sénile, un poète jamaïcain, un père de famille factotum de la mafia locale… Robert et Akeel observent en devisant cette ronde étourdissante. Et Robert se demande s’il livrera à son jeune successeur la clé de la « chambre des vies oubliées », cette pièce où il conserve ses secrets, et ceux des autres… Avec ce roman choral dans la lignée de Hanif Kureishi et de Zadie Smith, Stella Duffy impose sa voix et fait pour Londres ce que Paul Auster a fait pour New York.

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