Le camion blanc de Julie Résa

imagesLe camion blanc de Julie Résa chez Buchet Chastel

Résumé

Une jeune femme vient de donner la vie, à une petite fille, et d’en perdre une, celle de sa mère. Complétement perdue, désorientée, elle retourne dans la maison familiale, aux côtés de son père, accompagnée de sa fille et de son mari. Pour autant, ce qui devrait être un repère pour elle ne l’est plus. Et c’est comme si elle se noyait… Aussi, lorsqu’un camion blanc ose défigurer « son » paysage, s’impose à sa vue, elle ne le supporte pas. Dès lors, elle n’a plus qu’une idée, une obsession même, déloger ce camion blanc…

Avis
Il est de ces livres dont on n’ose « parler » de peur de les abîmer, de les dénaturer… Et il m’est difficile d’écrire des mots sur ce court récit…
Le Camion blanc présente un monologue de la douleur: au fil des pages, on assiste, impuissant, à la lente noyade de la jeune femme, à sa fuite en avant, brides abattues. On comprend sa souffrance, cette obsession totalement illusoire qui ne fait que masquer ses pleurs, son deuil. Deuil, un mot quasiment absent du roman alors qu’il en est le sujet principal. Finalement, Le Camion blanc en est la métaphore: le « travail du deuil », quelle expression! La jeune femme passe par toutes les « étapes »: le rejet, la colère, l’acceptation, etc. Dans la peine, bien sûr.
De la perte, du deui, découlent d’autres thèmes, fondamentaux eux aussi: la maternité, la famille… Mises en péril par le deuil… Mais il faut garder la tête hors de l’eau! Et sans phare, ce n’est pas évident…
Enfin, tous ces thèmes nous sont rendus sensibles, émouvants, par la plume juste et simple de l’auteur.
Le seul bémol que je noterai concerne la fin, pessimiste, trop sombre, trop triste à mon goût…

♥♥♥ Trois bonnes raisons de lire Le Camion blanc :
- L’itinéraire douloureux d’une jeune femme qui a perdu tout repère;
- Un récit sensible sur la vie et la mort;
- Un récit miroir qui renvoie à soi, qui interroge, interpelle.

Pas d’extrait cette fois-ci, car les éditions Buchet Chastel vous propose de feuilleter les premières pages…

Chronique réalisée par Marie L. des Carabistouilles.

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