Les forains du roi de Françoise Hamel

arton16246-d07dcLes forains du roi de Francoise Hamel, éditions Plon, 254pages

Un sujet original (une famille de forains), un cadre passionnant (les coulisses de la cour de Louis XIV), tout dans le résumé nous laisse penser que nous allons passer un grand moment de divertissement digne d’un film en costumes d’époque.

Vous l’aurez de suite compris, mon avis va être plus nuancé.

L’atmosphère et les lieux sont superbement rendus. On passe avec bonheur de Fontainebleau à Versailles, de Marly au Palais-Royal, au milieu de la richesse côtoyant la plus grande misère, du luxe inconsistant, des luttes des courtisans ; on approche un Roi vieillissant, une Mme de Maintenon lasse de suivre ce même Roi dans tous ses divertissements et déplacements ; on se ballade avec délectation dans les foires de l’époque où l’on assiste à des animations cruelles, ridicules et où les artistes essaient tout simplement de survivre ; on admire ces hommes prêts à tout pour plaire au Roi en lui présentant les spectacles les plus originaux, les plus risqués, au mépris de la vie de ses propres enfants.

L’écrivain a du procéder à un très beau travail de documentation car on se retrouve vraiment immergé dans cette Cour et sa vie trépidante.

Malheureusement, le revers de la médaille est que je n’ai pas réussi à m’attacher à cette famille de forains. Autant j’ai adoré toutes ces descriptions de lieux et de personnages, autant les membres de ce clan m’ont laissée froide.

Ce père tyrannique, alcoolique, infidèle, méprisant sa femme et ses enfants (au point de les nommer primo, secundo, tertio et quarto) m’a inspirée du dégoût mais ne m’a pas passionnée, cette mère de plus en plus évanescente, réfugiée dans la religion, m’a petit à petit agacée et les enfants (primo en tête) ne m’ont pas particulièrement émue.

Ce qui est bien dommage car tout repose sur cette famille et sans ce « liant de sentiments », j’ai juste eu l’impression de passer de scènes en scènes, tout cela me menant de façon inéluctable vers un drame. Drame qui quant à lui arrive de façon fort subite et laisse un peu pantois.

Au final, une impression étrange car même si je ne regrette pas cette lecture très instructive, j’ai pourtant déjà oublié le nom des héros.

Chronique rédigée par Argantel

Quatrième de couverture :

A l’époque de Louis XIV, une famille de comédiens et d’acrobates enchante les fêtes et les carnavals de la Cour, dans les résidences du Roi : à Fontainebleau et à Marly, aux châteaux de Sceaux et de Saint-Cloud, au Palais-Royal… Avec, en tête, le rêve de Versailles !

La troupe est menée par le père, Charles Gaspard, un fameux danseur sur corde qui joua chez Molière. Personnage truculent, rabelaisien, faux tsigane, inconditionnel du Roi, il est aussi tyrannique et brutal avec sa famille. Conquis par les dessins des « machines volantes » de Léonard de Vinci, il croit au vol des humains et fait subir ses expériences à ses enfants. La Cour applaudit.

De la féerie à la violence, des scènes somptueuses à l’envers du décor, la vie des Gaspard est à l’image du Grand Siècle finissant, ruiné par les guerres et essoufflé par les privilèges de quelques-uns.

Avec l’oeil acéré du jeune Primo, l’aîné des enfants artistes, fou de livres et de liberté, Les Forains du Roi apportent un regard renouvelé sur les coulisses de la Cour, les travers de ses héros et sur une époque qui ne cesse de nous passionner.

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