La colère du rhinocéros de Christophe Ghislain

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La colère du rhinocéros de Christophe Ghislain, aux éditions Belfond

Curieux roman que La Colère du rhinocéros, où un jeune homme part à la quête de son père qu’il n’a pas vu depuis dix-sept ans. Il part alors au volant d’un corbillard avec un macchabée dans le coffre, traverse l’Europe et se retrouve à Trois-plaines, son village natal où il percute un rhinocéros.

Au cœur de ce village désertique et étouffant, Gibraltar va devoir faire face à son passé, à l’image prégnante de son père, dont on n’a aucune nouvelle. Il s’attèle alors à reconstruire le phare que son père un peu fou et obnubilé par la mer tentait de construire.

Roman à 3 voies, La colère du rhinocéros permet au lecteur de s’investir totalement dans l’histoire puisqu’il doit reconstruire le puzzle de l’intrigue. Et puis la rythmique assez soutenue grâce à des chapitres courts permet de tenir le lecteur attentif tout au long du récit. La proximité avec les personnages notamment avec Gibraltar, n’en est alors que renforcée. Autre élément important de ce roman: toutes les références au cinéma par certains noms de personnages, ou encore des plans visuels très cinématographiques tel ce village des Trois-plaines, digne d’un décor de western. C’est un roman très visuel où le décor importe autant qu’un personnage.
Les personnages quant à eux s’imposent dans ce récit, notamment pour les 3 narrateurs, Gibraltar, l’esquimau et Emma. Jeune héros en pleine quête initiatique pour le premier, colosse monstrueux à la fois terriblement violent et sensible pour le second et la femme en quête d’amour idéalisé pour la 3e, ces 3 personnages racontent tour à tour ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont vécu pour se rejoindre au point final de l’intrigue.
Et que dire du rhinocéros, personnage central de ce roman, qui représente bien sûr la mort et la colère sous la carapace que ressentent chacun des personnages.

A travers ce premier roman, Christophe Ghislain explore la quête du père et la question obsédante du sens de la vie. Dans un style parfois cru et vulgaire, parfois extrêmement poétique, ce roman montre combien le passé peut être douloureux mais nécessaire pour se construire.

En somme, c’est un roman fort et déroutant, intéressant par son écriture et son rythme ainsi que par son sujet.

Chronique réalisée par Elfe.

Présentation de l’éditeur

J’ai roulé doucement vers la sortie du garage, un peu trop ailleurs pour me concentrer sur ce que je faisais. Il y avait Hélène et la puce, mon père, mes espoirs de môme et mes souvenirs d’adulte, le manque de mille autres souvenirs que j’aurais aimé avoir, des cercueils et la peur de mourir, des glaces qui fondent trop vite, du sable dans les yeux, l’amour à la sauvette, le clapotis de l’eau qui cogne contre le matelas gonflable sur lequel on se laisse bercer, des maisons sous la pluie, des phares tragiques et des falaises étonnantes, des tonnes de poissons, des hydravions et des rhinocéros en veux-tu en voilà qui faisaient la bringue dans mon cerveau.

La Colère du rhinocéros est un roman polyphonique porté par une écriture savoureuse, un western poétique et drôle explorant les méandres de vies tombées en morceaux, un questionnement sur le sens de l’existence édifié autour du rêve en ruine d’un vieux fou absent : le père de Gibraltar.

Retrouvez son interview ici



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