Le cri de l'engoulevent de Kjell Eriksson – Chronique n°2

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Le cri de l’engoulevent de Kjell Eriksson, aux éditions Gaïa

Le Cri de l’engoulevent, polar du suédois Kjell Eriksson, est la quatrième enquête du commissaire Ann Lindell. Ann a une vie plutôt compliquée : à peine vient-elle de reprendre le travail après son congé de maternité, que déjà son collègue Ola, avec qui elle a failli avoir une aventure, ne peut cacher son attirance pour elle. Mais c’est son amour passé, Edvard, un homme solitaire, qui possède encore son cœur. Quand il lui propose sur un coup de tête de l’accompagner en Thaïlande, Ann est tentée…

Mais dans la ville d’Uppsala, la situation est grave, et Ann n’a pas le temps de songer à la bagatelle. Un groupe de jeunes vandales pas encore identifié a cassé des vitrines. Dans l’une des boutiques saccagées, un jeune suédois est retrouvé mort. Peu de temps après, le centre de réfugiés brûle, causant trois victimes. Serait-ce en représailles aux actes de vandalisme ? La police est sur le qui-vive, et plusieurs pistes s’offrent à elle. Lorsque le jeune homme est identifié, les soupçons se portent sur son rival amoureux, et les policiers espèrent qu’en effet, il a été tué par celui-ci et que le crime n’est pas le fait d’un étranger, les tensions raciales dans la ville ayant déjà atteint leur paroxysme. D’après des témoins, tout porte à croire que l’auteur de l’incendie criminel est un homme à queue de cheval circulant à vélo, et qui ferait partie d’un groupe néo-nazi…

En parallèle, nous suivons le personnage d’Ali, jeune homme sympathique mais qui nage en eaux troubles. Doit-il se considérer comme suédois, lui qui vit et étudie en Suède, ou comme iranien, comme son grand-père, l’homme qu’il admire le plus au monde, et qui lui raconte souvent leur passé chargé et les morts de la famille ? Ali ne sait pas ce qu’il fera de sa vie et n’est pas très assidu à l’école, mais il a un bon fond. Il ne veut pas se créer d’ennuis, comme son cousin Mehrdad qui les attire constamment. Pourtant, cette nuit-là, Ali, en compagnie de son cousin, a été le témoin d’un meurtre, et maintenant, il a peur…

Le Cri de l’engoulevent nous entraîne dans une histoire bien rythmée qui sait nous captiver dès la première page et nous tenir en haleine jusqu’au dénouement. Chaque chapitre se focalise sur un personnage et une partie différente de l’enquête, si bien que le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. Derrière l’enquête policière, Kjell Eriksson révèle les dérives de la société suédoise : les tensions qui montent entre les différents groupes ethniques, le racisme et l’intolérance en action… Le personnage d’Ali, oscillant entre désir d’intégration et nostalgie du pays, résume à lui seul le désarroi des populations immigrées. Kjell Eriksson, écrivain de polars sociaux engagés, est un digne héritier d’Henning Mankell. Son personnage principal, Ann Lindell, change des inspecteurs bougons et alcooliques dont on a l’habitude et met un peu de fraîcheur et de féminité dans un milieu où les préjugés machistes ont la vie dure…

Chronique réalisée par Marie Javet.

Présentation de l’éditeur

« Qui a vu l’engoulevent voit sa mort », dit un proverbe tant suédois qu’iranien à propos d’un oiseau connu aussi pour annoncer le printemps. La ville tranquille d’Uppsala est le théâtre d’une série d’actes de vandalisme. Les vitrines de la rue commerçante volent en éclat et un jeune homme est retrouvé assassiné. De retour de congé maternité, Ann Lindell enquête, peinant à calmer les ardeurs de son collègue Ola, alors qu’Edvard, son ancien amant, reprend contact.

Lisez la chronique n°1.



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