A la folle jeunesse d'Ann Scott

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A la folle jeunesse d’Ann Scott, aux éditions Stock

Dès le départ, Ann Scott nous prévient, elle calquera le début de son livre sur celui de Bret Easton Ellis Lunar park, c’est à dire que son livre sera une autobiographie romancée et que ce sera au lecteur de clarifier ce qui est vrai de ce qui l’est moins (ou pas). Car comme Bret Easton Ellis, Ann scott a connu la gloire après son roman Superstars. Du statut de RMIste elle est passée à celui d’auteur culte. Dans ce roman elle nous raconte comment sa vie a basculé avec ce succès et comment peu à peu elle a perdu contact avec la réalité. Elle nous explique le malentendu sur l’héroïne de Superstars que les lecteurs et les critiques pensaient autobiographique alors qu’elle n’était qu’un personnage de roman. A la différence de son ami Beigbeider, cette biographie romancée nous parle d’elle mais c’est pour mieux parler des autres, elle nous offre de très beaux portraits des personnes qu’elle a connus sans aucun voyeurisme. Elle nous parle de ses amours, de ses parents avec une certaine pudeur. En gardant toujours en mémoire qu’il ne faut pas croire tout ce que l’on lit. Le style est d’une grande fluidité et d’une grande qualité littéraire.

Ma note 8/10.

Chronique réalisée par Biblio.

Présentation de l’éditeur

 
C’est le dernier jour, mais je ne le sais pas encore. Exactement comme au moment où a été pris ce Polaroïd. Je dois avoir dix ans, mes yeux sont plissés de fureur parce qu’on me force à me tenir face au soleil ou parce que je n’existe qu’en photo ; le tee-shirt bleu ciel des Dents de la mer ne me rappelle rien, le banc de sable qu’on devine flou derrière non plus, et du jour où cette photo a été prise, je ne sais que ce qu’on m’en a dit : qu’après l’avoir éventée pour la faire sécher, au lieu de l’empocher comme n’importe quel parent, ma mère me l’a tendue comme si elle ne voyait vraiment pas quoi en faire. Maintenant je la regarde sans me reconnaître tant je n’ai aucun souvenir d’avoir été aussi déterminée, aussi certaine, à cet âge, de ce que j’étais et de ce que je refuserais de devenir, et je finis par penser que si je dois quelque chose à quelqu’un, c’est à cette gamine énervée qui ne fixait pas sa mère mais un point déjà bien au-delà.

Au fil d’une journée où se croisent ceux qu’on a trop aimés ou pas assez, un passé resurgit et se déconstruit peu à peu. À la folle jeunesse exprime, avec le plus de sincérité possible, les plus gros mensonges. Et inversement.



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