L'entrevue de Saint-Cloud de Harold Cobert – Chronique n°1

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L’entrevue de Saint-Cloud de Harold Cobert, aux éditions Héloïse d’Ormesson

« La rencontre qui aurait pu changer le cours de l’histoire », telle est la phrase clé qui figure sur la 4é de couverture de ce court roman d’Harold Cobert paru aux éditions Héloïse d’Ormesson. De quelle rencontre, ou plutôt de quelle entrevue s’agit-il ?

Au fil de 144 pages H.Cobert dresse le tableau : 3 Juillet 1790, en pleine Révolution française, Marie Antoinette accorde une entrevue au comte de Mirabeau à Saint Cloud. A travers ces deux figures deux mondes se défient : la Révolution et la Monarchie, d’un coté l’avenir de la France, de l’autre son passé. Mirabeau veut changer la Monarchie en « Monarchie Constitutionnelle », ce qui n’est pas du tout du goût de la Reine qui voit les choses d’une toute autre façon, d’où l’idée de cette entrevue pour la convaincre.

Comme l’annonce l’éditeur, cette rencontre apparaît comme la dernière chance pour la royauté de sauver la mise, le dernier espoir pour le pays d’éviter la terreur. Le pouvoir et le prestige de la reine sont au plus bas, celles du tribun n’ont jamais été aussi hauts. Tout devrait les unir mais l’échange vire à l’affrontement et au règlement de compte personnel.

L’intrigue est là mais malheureusement on connaît déjà la fin, ô grand dommage !! on sait que la Reine sera guillotinée mais entrainera aussi Mirabeau dans sa chute. Premier à être enterré au Panthéon à sa mort, il sera le premier à en sortir aussi, une fois découverte sa correspondance mystérieuse avec le Roi durant toute cette période.

Le livre traite donc de cette entrevue censée changer le cours de l’Histoire de France. Sauf qu’elle n’a jamais réellement existé ; enfin si, on sait que les deux figures emblématiques se sont bel et bien rencontrées en ce tumultueux fin de XVIIIe siècle mais les historiens ne savent pas ce qui se serait précisément dit lors de cette entrevue, audience, visite, conversation, entretien, interview, rendez-vous privé, échange

Et c’est là que tout l’art de l’écrivain, romancier, dialoguiste de talent intervient. Comment peut-on imaginer avec élégance, sans flétrissures, de manière aussi fluide, mais romancée, de telles paroles, de telles insultes, de telles brimades ! En effet tout au long du livre on vit les échanges tendus et les innombrables scuds jetés par la Reine au tribun.

On ne peut le faire que si l’on est une « groupie » (je revendique le copyright) de Mirabeau. Harold Cobert le confirme lui-même dans une interview qu’il m’a accordée. Mirabeau, c’est lui ! D’ailleurs, ce n’est qu’en se mettant dans la peau de son héros que l’on peut si bien parler de lui.

Il faut également connaître ses personnages à la perfection, leur histoire, leurs faces cachées, leurs plus somptueuses qualités mais aussi leurs pires défauts dans les moindres détails, tel un petit orfèvre. C’est ce qu’a fait Harold Cobert avec justesse et délicatesse. J’ai aimé me replonger dans cette période de l’Histoire que je connais, mais sans la connaître. L’histoire reste haletante, car soulevée de manière intelligente, enrichissante et surtout accessible pour le lecteur.

En revanche, un bémol pour la couverture du livre qui n’attire pas l’œil. Certes les couleurs sont délicatement choisies itou pour les profils des deux protagonistes ; cela dit, une fois le livre aimé et terminé on pouvait s’attendre à une esthétique « royale ». Parfois il arrive que la forme du livre soit plus agréable que le fond, mais ici, on touche bien le fond !

L’auteur : Harold Cobert est né à Bordeaux en 1974. A la suite de sa thèse, Mirabeau, polygraphe : « du pornographe à l’orateur politique », il a publié un essai consacré à Mirabeau « le fantôme du Panthéon » et un premier roman « Le remaniement de Patrick Tréboc » (2007). « Un hiver avec Baudelaire » publié en 2009 chez EHO a aussi rencontré un vif succès. Il écrit également pour le théâtre, le cinéma, et la télévision.

Chronique réalisée par Shadi Biglarzadeh.

Présentation de l’éditeur

Ce bref roman prend place au coeur de la Révolution, lors de l’entrevue secrète entre Marie-Antoinette et Mirabeau, le 3 juillet 1790. À travers ces deux figures, deux mondes se font face : la révolution et la monarchie, l’avenir de la France et son passé. Cette rencontre apparaît comme la dernière chance pour la royauté de sauver la mise, le dernier espoir pour le pays d’éviter la terreur. Le prestige et le pouvoir de la reine sont au plus bas, ceux du terrible tribun n’ont jamais été aussi hauts. Tout devrait les unir et les rassembler, mais l’échange vire à l’affrontement et au règlement de compte personnel. L’Autrichienne ne se laisse pas convaincre par l’éloquence du comte renégat, élu du tiersétat, et refuse l’idée d’utiliser à son profit les bouleversements révolutionnaires.

Lisez la chronique n°2.



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