Que tous veuille nous absoudre de Stéphanie Janicot

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Que tous veuille nous absoudre de Stéphanie Janicot, aux éditions Albin Michel

Cette chronique a été réalisée dans le cadre des chroniques de la rentrée Ulike, et grâce aux éditions Albin Michel, que je remercie tout particulièrement. Stéphanie Janicot est loin d’être une inconnue dans la sphère littéraire, il m’est d’ailleurs arrivé, par la passé, de lire un de ses romans, mais il ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable contrairement à ce nouveau roman, dont le titre, vous l’aurez certainement reconnu, fait écho à La Ballade des pendus de François Villon. Le choix de ce titre est loin d’être anodin et donne une couleur particulière aux personnages si touchants et dont les liens étroits voire inextricables, sont difficiles à comprendre au début. En effet, point de personnage cliché ou de stéréotype dans cette intrigue si prenante et surprenante : on croise le destin de Saar, ancienne journaliste de guerre, veuve de Solel, lui-même aussi reporter de guerre et ex mari de Catherine. L’intrigue tourne autour de ces deux femmes : Saar et Catherine, pharmacienne empathique et investie d’une mission quasi humanitaire pour ceux qui l’entourent : que ce soit son mari, prof de philo à le retraite dépressive, Julie, son étudiante de fille un peu délurée, Sam, qui épouse la vocation de son père en prenant des clichés d’un monde en guerre, ou encore Saar, handicapée par l’attentat qui a coûté la vie à Solel, mais aussi pour ses nombreux clients… Saar, quant à elle, sera hypnotisée par un enfant borgne, petit prophète qui vient chaque jour sur une place; déverser à la face du monde des vérités qu’elle préférerait ignorer. Très vite, Saar va donner à cet enfant une place considérable en tentant de l’apprivoiser comme on le ferait avec un petit animal sauvage; et ce petit garçon si étrange va bouleverser cette famille pour le moins surprenante, en lui révélant ses failles, ses doutes et en renversant cet équilibre apparent.

Ce roman absolument bouleversant tourne autour des thématiques de la famille, de la guerre, de la mort et du sens qu’on donne ou qu’on croit donner à sa vie. Il traite autant de la construction des individus que de la destruction ou de la réparation des corps, des êtres et des lieux, et pose, sans chercher toutefois à y répondre vraiment la question de l’humain : p 142 : « Qu’est-ce au juste qu’un être humain ? » Cette question prend un écho particulier dans la bouche de Saar, nullipare, journaliste de guerre, veuve, handicapée par un attentat… L’enfant, Immanouel apparaît comme un catalyseur dans cette tribu, p 145 : il « catalyse les espoirs et exorcise les angoisses ».

Chronique réalisée par lili.

Présentation de l’éditeur

« Ceux qui ont entendu des anges ou vu des vierges ont dû éprouver cette impression bizarre d’avoir été choisis comme cible d’un discours céleste. »

Place de la Contrescarpe, à Paris, un enfant borgne récite d’étranges prophéties que les passants écoutent troublés comme si elles répondaient à leurs pensées secrètes. Parmi eux, une ancienne journaliste de guerre, victime d’un attentat. Elle doit réapprendre à vivre, à accepter un monde fait de violence et d’injustice mais de confiance aussi. Chercher à percer le mystère qui auréole l’enfant-prophète en est sans doute une des voies.

Des Matriochkas à Dans la tête de Shéhérazade, Stéphanie Janicot décline de roman en roman l’incessante complexité des relations familiales, s’attachant au quotidien des personnages, à ce dur travail d’apprentissage qui, au-delà des drames, leur permet de s’accomplir.

Entretien vidéo :



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