Requiem pour Lola rouge de Pierre Ducrozet

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Requiem pour Lola rouge de Pierre Ducrozet, chez Grasset

C’est l’histoire d’un homme en quête de vérité et d’amour, qui cherche à s’éloigner de la solitude du quotidien.

Le style est fluide et très poétique. C’est moderne, onirique et presque même philosophique par moment. Ce livre nous fait réfléchir sur le pourquoi de notre existence triste et ravive nos rêves enfouis, nos rêves/envies/espoirs d’autres choses, d’ailleurs.

P. est Monsieur Tout-le-monde et Monsieur Personne. Paul, Patrick, Pierre, Pajino, … Il va et vient dans Paris. Tandis quand dans sa tête, c’est Lola qui va et vient. Réelle ? Rêvée ? Que sais-je d’autre encore ?… Qui est Lola ? Songe, Dieu/Déesse ou ange ? Plus qu’une femme en tous cas…

Le roman en lui-même (le récit de P.) est entrecoupé de passages en italique ; des nuits. Qu’elles soient blanches, indiennes ou à cordes, elles représentent chacune un pan précis de la vie de P. et de la vie du monde, des gens en général.

Une des questions que je me suis posée durant cette lecture est : « Rêve ou réalité, doit-on forcément choisir ? ». En fait, peut-on décider de vivre dans un rêve, de se couper de la réalité, juste pour rêver ? Vous me direz, la nuit évidemment que oui. Mais ce n’est pas de cela que je parle.

Le rêve au premier sens du terme, c’est les images que le subconscient nous envoie durant notre sommeil.

Mais ici, je parle du rêve de la vie. D’une espèce de transe/évasion dans lequel on peut se mettre (dans laquelle se met P.) pour vivre ses envies jusqu’au bout, avec Lola, avec son songe.

Qui sait ?

Cependant, point négatif, le récit se révèle parfois confus. On ne sait où donner de la tête. Quoi/qui croire ? Que faire ? Que penser ? Que lit-on ? Cela a-t-il un sens ou non ?

En bref : Si la vie n’est faite que de portes, ce livre est une fenêtre ouverte sur l’Esprit. Je le recommande aux poètes dans l’âme, aux troubadours à la vie morne et solitaire, aux tourtereaux pleins d’espoir et d’amour dégoulinant (les transis n’étant pas exclus).

Note : 3.5/5

Extrait : p.55 « De quoi sont faits nos jours ? De la même eau que vos rêves, d’espoir à peine déçus. »

Chronique réalisée par S. Ecriture.

Présentation de l’éditeur

« J’en étais alors à me regarder pousser les cheveux. Le soleil commençait à m’emmerder sérieusement, et la pluie aussi. Je m’étais spécialisé dans le cynisme bon marché et le chapeau négligé, j’en avais des dizaines, des gris, des mous, des recourbés. J’étais dans mon domaine, j’en aurais presque gagné ma vie. Je traînais sur les grands boulevards, dans les anciens faubourgs, je vivais de petites magouilles, de tourne-la-rue. Si on ne me voyait pas aux terrasses, c’est parce que mon café je le buvais moleskine, le bras sur la banquette, m’entortillant la barbe à la lecture inattentive des quotidiens. Paris commençait à me donner la nausée, ses faux airs, ses rues blanches. »

P. mène une vie terne, d’une paresse vaguement agitée par de petites magouilles. Sa rencontre avec la belle Lola brise le cercle hésitant de son quotidien et le précipite dans une série de voyages fantasmagoriques – sont-ils rêvés ? réels ? – qui peuvent aussi bien commencer au détour d’un couloir qu’en franchissant le seuil d’une porte. Le bonheur semble résider dans cette fuite perpétuelle d’une réalité étouffante, surtout qu’aux côtés de P. est apparue une jeune femme, Lola, la belle et insolente Lola, dont les théories paranoïaques ne contribuent pas à le rassurer… Le jour où elle disparaît en laissant P. seul à Saïgon, les ennuis commencent, et une odyssée psychédélique qui mènera P. du Vietnam à la Thaïlande. Roman de la fuite et de la contestation – de la réalité et des prisons que l’on appelle vies -, Requiem pour Lola rouge est un premier roman drôle et tendre, lyrique et sarcastique, inattendu et audacieux d’un jeune auteur de 28 ans, professeur intérimaire de français à Barcelone, qui prend parfois la route pour de longs mois vers l’Inde ou l’Amérique du Sud, sur les traces rêvées de ses maîtres les écrivains du lointain, Melville, Jack London, William Burroughs…



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