Une forme de vie d'Amélie Nothomb – chronique n°3

uneformedevieUne forme de vie d’Amélie Nothomb aux éditions Albin Michel

Voilà un moment que je n’avais pas succombé et lu Amélie Nothomb. Pourquoi le mot « succomber » ? Parce que dans les auteurs pour lesquels je ne comprends pas l’engouement, voici celle dont j’ai lu le plus d’ouvrages. Ne me demandez pas pourquoi, je serais bien en peine de parvenir à l’expliquer.

Un roman très particulier que nous offre l’auteur cette année. Le point de départ repose sur le postulat qu’Amélie reçoit une lettre d’un admirateur peu commun : un soldat américain envoyé en Irak, qui a eu la chance de lire toute son oeuvre en anglais et qui nourrit pour elle une grande admiration. Va alors s’engager un long échange épistolier entre cet homme et l’auteur. Echange des plus dérangeants au cours duquel l’homme va lui confier des choses de plus en plus personnelles vis-à-vis desquelles l’auteur va avoir de plus en plus de mal à se positionner. La correspondance est nourrie de réflexions de l’auteur sur cette relation qui se crée avec le soldat mais également sur son écriture, la réception que ses lecteurs ont d’elle.

Le soldat Melvin Mapple prétend souffrir d’un mal qui se développe chez les soldats envoyés en Irak : l’obésité. Dès lors, il veut confier son mal-être et ce besoin irrésistible qu’il a de manger et d’enfler pour compenser le mal-être qui le ronge. Amélie va alors lui servir de confidente, encourager sa confession et l’inciter à faire de cela un message à l’égard de l’humanité voire de faire de son corps quelque chose qui flirterait avec l’oeuvre d’art.

Maintenant que je vous ai décrit l’ouvrage avec le plus d’objectivité possible, je vais vous livrer mon ressenti sur ma lecture. J’ai détesté… et plus j’y pense et plus ce roman m’agace. Il est possible que je ne comprenne rien au style de l’auteur et peut-être est-ce que j’attaque la chose par le mauvais versant. Mais je trouve l’oeuvre bouffie d’auto-suffisance. Je n’y vois qu’un prétexte à se glorifier un peu plus, à tenter de se hisser plus haut sur un piédestal. Voire à régler des comptes avec une partie de son lectorat et des admirateurs qui lui écrivent…

On entre très vite dans ce livre car l’auteur sait attiser la curiosité. Elle démarre ainsi : « Ce matin-là, je reçus une lettre d’un genre nouveau. » Par contre, je ne peux pas dire que j’aurais eu l’impression de lire un roman d’un genre nouveau…

Ce que j’aime le moins dans l’écriture de l’auteur, c’est cette manière récurrente de se mettre en scène, de se faire personnage de sa propre vie. Si certains de ses romans sont moins marqués de ce trait, cette fois on ne peut aller plus loin dans le procédé. Parce qu’il ne faut pas oublier la mention « roman » sur la première couverture de l’ouvrage. Et bien évidemment, l’auteur va se triturer les méninges pour essayer de distinguer la part de vérité de la part de fiction. La fin laisse supposer une grande part de fiction dans cette oeuvre, cependant rien ne permet d’en être certain.

Je dois signaler que j’ai été très gênée par la manière dont l’obésité est traitée. Entre Melvin qui s’en glorifie d’une manière outrageuse et Amélie dont le ton fleure souvent le mépris, j’ai eu cette impression de nausée au bout des lèvres sur une bonne partie de ma lecture.

En attendant, je ne me fais pas de souci… pour une raison que j’ignore ce roman va se vendre avec une facilité déconcertante comme se vendent chaque année à la même période, les écrits d’Amélie Nothomb. Encore un roman que l’on soupçonne écrit aussi vite qu’il se lit…

Chronique réalisée par Mille et une pages

Lisez les chroniques n°1, n°2 et n°4.

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